Depuis plusieurs semaines, l'accès à Internet en Guinée reste fortement perturbé, avec une liste de plateformes sociales toujours bloquées pour la majorité des utilisateurs. Selon France 24, Facebook, YouTube et TikTok demeurent inaccessibles sans recourir à un réseau privé virtuel (VPN). Une situation que dénonce publiquement l'Association des blogueurs de Guinée, qui y voit une restriction déguisée de la liberté d'expression.

Ce qu'il faut retenir

  • Les plateformes Facebook, YouTube et TikTok sont bloquées en Guinée sans VPN.
  • L'Association des blogueurs de Guinée accuse les autorités de restreindre la liberté d'expression.
  • Les perturbations persistent depuis plusieurs semaines, selon les observateurs.

Un blocage persistant des réseaux sociaux

Côté utilisateurs, la situation reste inchangée depuis le début des restrictions. Pour accéder aux plateformes les plus populaires, il faut désormais utiliser un VPN, ce qui complique considérablement la navigation quotidienne. Les raisons officielles de ces blocages n'ont pas été communiquées par les autorités guinéennes, qui n'ont pas réagi publiquement à ces accusations. Pourtant, les conséquences sont tangibles : professionnels, étudiants et citoyens lambda peinent à accéder à des services essentiels en ligne.

L'Association des blogueurs de Guinée, qui représente les intérêts des créateurs de contenu locaux, a multiplié les alertes. Dans un communiqué diffusé ce week-end, elle a souligné que ces restrictions « portent atteinte aux droits fondamentaux des Guinéens à s'informer et à s'exprimer librement ». Elle a appelé les autorités à lever immédiatement ces blocages, qualifiés de « mesure disproportionnée ».

Une liberté d'expression déjà sous tension

Cette restriction s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la liberté de la presse en Guinée. Depuis plusieurs mois, les observateurs locaux et internationaux alertent sur un durcissement du contrôle des médias et des réseaux sociaux. En juin dernier, le gouvernement avait déjà restreint l'accès à certains sites d'information avant de faire marche arrière sous la pression internationale. Autant dire que la situation actuelle ravive les craintes d'un retour en arrière sur les libertés numériques.

Pour les défenseurs des droits humains, ces blocages ne sont qu'un symptôme d'une politique plus globale de restriction de l'espace civique. « Chaque fois que des voix s'élèvent pour critiquer le pouvoir, les outils de communication sont ciblés », a rappelé un membre de l'Association, qui préfère rester anonyme par crainte de représailles. Ces restrictions, selon lui, viseraient à étouffer toute contestation avant les prochaines échéances électorales.

« Ces blocages sont une violation flagrante des droits humains et une atteinte à la liberté d'expression. Nous exigeons leur levée immédiate et sans condition. »
Mamadou Diallo, porte-parole de l'Association des blogueurs de Guinée

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une escalade des tensions entre les autorités et les défenseurs des libertés numériques. Une réunion est prévue la semaine prochaine entre l'Association des blogueurs et le ministère de la Communication, afin d'obtenir des clarifications sur la durée de ces restrictions. Parallèlement, plusieurs ONG internationales ont annoncé qu'elles pourraient saisir les instances régionales, comme la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), pour faire pression sur Conakry. Reste à voir si ces initiatives aboutiront à un assouplissement des mesures en place.

Dans l'immédiat, les Guinéens continuent de contourner les blocages avec des solutions techniques, mais à quel prix ? Entre méfiance envers les autorités et frustration face à l'opacité des décisions, le débat sur l'avenir d'Internet en Guinée est loin d'être clos.