D’après Le Figaro, Hadi Matar, l’homme de 28 ans qui a tenté de tuer l’écrivain Salman Rushdie, a été reconnu coupable de terrorisme. Il risque la prison à vie pour avoir soutenu le Hezbollah, une organisation terroriste étrangère, et pour avoir commis un acte de terrorisme transcendant les frontières nationales.
Le procès s’est déroulé à Buffalo, dans l’État de New York, et le jury a rendu son verdict après seulement deux heures de délibérations. L’accusation a argué que l’agresseur avait été guidé par la fatwa lancée en 1989 par l’ayatollah Khomeini contre Salman Rushdie, auteur des Versets sataniques, un texte jugé blasphématoire.
Ce qu'il faut retenir
- Hadi Matar a été reconnu coupable de terrorisme et risque la prison à vie.
- Il a été condamné pour avoir soutenu le Hezbollah, une organisation terroriste étrangère.
- Le procès s’est déroulé à Buffalo, dans l’État de New York.
Le contexte de l’attaque
Salman Rushdie, auteur de 79 ans, avait été attaqué le 12 août 2022 alors qu’il s’apprêtait à prendre la parole au cours d’une conférence sur la liberté d’expression à Chautauqua, dans l’État de New York. L’écrivain, qui a failli y laisser la vie et a perdu l’usage d’un œil, avait été contraint de vivre dans la clandestinité sous la protection de la police britannique pendant une longue période en raison de la fatwa lancée contre lui.
La fatwa, qui n’a jamais été officiellement abrogée, avait été lancée en 1989 par l’ayatollah Khomeini, à l’époque dirigeant de la République islamique d’Iran, contre Salman Rushdie pour son texte des Versets sataniques, jugé blasphématoire. Cependant, l’Iran avait indiqué en 1998 qu’il ne chercherait plus à la mettre en œuvre, et la menace s’était atténuée, permettant à Salman Rushdie de sortir de la clandestinité et de s’installer à New York.
Les déclarations de l’accusation
D’après l’accusation, Hadi Matar avait effectué des recherches et réalisé des vidéos sur la fatwa. Des photos et du matériel émanant du Hezbollah avaient également été retrouvés au domicile de l’assaillant, qui utilisait un faux permis de conduire au nom d’une figure du mouvement. L’assistant du procureur général des États-Unis, John Eisenberg, a accusé Hadi Matar d’avoir «choisi d’aligner ses valeurs avec les valeurs terroristes des dirigeants de l’Iran».
Le procureur fédéral Michael DiGiacomo a également souligné que Hadi Matar avait «passé plus d’un an à s’immerger dans l’idéologie violente du Hezbollah et à se préparer à agir pour cette fatwa édictée par les ayatollahs iraniens appelant au meurtre de M. Rushdie».
Salman Rushdie, quant à lui, continue de se remettre de ses blessures et de son expérience traumatisante. Il a récemment publié un livre intitulé «Le Couteau», dans lequel il imagine des conversations avec Hadi Matar pour tenter de comprendre son acte. L’écrivain reste un symbole de la lutte pour la liberté d’expression et contre la censure, et son histoire continuera de faire l’objet de débats et de réflexions dans les semaines à venir.