Cinq ressortissants français ayant séjourné sur un navire où une transmission d’hantavirus a été signalée ont été placés en isolement dans un hôpital parisien, a annoncé dimanche 10 mai la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lors d’un entretien avec Laurent Delahousse sur France 2. Selon Franceinfo - Santé, un premier patient présente des symptômes compatibles avec ce virus, dont les résultats des tests sont attendus sous 24 heures. Face à cette situation, le gouvernement a pris un décret pour imposer un isolement strict de six semaines pour les personnes exposées.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq Français rentrés d’un voyage sur le MV Hondius ont été placés en isolement à Paris après une exposition à un cas d’hantavirus.
- Un patient présente des symptômes ; les résultats des tests PCR sont attendus dans les 24 heures pour confirmer ou infirmer l’infection.
- L’incubation du virus peut atteindre six semaines, justifiant un isolement préventif de 42 jours.
- Le gouvernement a instauré des mesures parmi les plus strictes d’Europe, avec un suivi médical rapproché en milieu hospitalier les premiers jours.
- Huit autres Français, voyageant dans le même avion qu’une victime confirmée, ont été identifiés, testés négatifs et placés en isolement.
- Aucun vaccin n’existe à ce jour, mais des recherches sont en cours.
Un virus connu mais sous haute surveillance
Stéphanie Rist a rappelé que l’hantavirus en cause, une souche des Andes, est un virus déjà documenté depuis les années 1970. « C’est un virus que nous connaissons, que les scientifiques connaissent », a-t-elle souligné, ajoutant que des épidémies avaient déjà été recensées, notamment en Argentine. Selon les experts, la transmission se fait par aérosol, nécessitant des contacts rapprochés. « Dans l’étude de 2018 publiée dans le New England Journal of Medicine, il est montré qu’il faut des contacts rapprochés, probablement par les voies aériennes », a précisé la ministre.
Côté autorités, l’objectif est clair : briser la chaîne de transmission dès les premiers signes. Pour cela, les cinq patients à risque ont été hospitalisés pour subir une batterie d’examens, dont des tests PCR et génétiques. « Nous prenons des mesures très strictes, les plus strictes de la zone européenne », a insisté Stéphanie Rist. Les autorités sanitaires tablent sur un isolement total de 42 jours pour éviter toute propagation.
Une gestion stricte des contacts identifiés
Outre les cinq passagers du MV Hondius, huit autres Français ayant voyagé dans le même avion qu’une victime confirmée d’hantavirus ont été identifiés et placés en isolement après avoir été testés. « Ces personnes ont été identifiées, elles ont été testées. Actuellement, elles sont négatives à leurs tests et elles sont surtout en isolement », a confirmé la ministre. Ce suivi strict s’inscrit dans une logique préventive, alors que l’incubation peut être longue — jusqu’à six semaines, même si elle se situe généralement dans les 15 premiers jours.
Stéphanie Rist a également rassuré sur la disponibilité des moyens de lutte : « Nous avons vérifié. Nous avons les stocks nécessaires de masques et de tests. Les tests PCR, réalisés à l’Institut Pasteur, sont disponibles. » Une précision importante, alors que certains craignent une résurgence de crise sanitaire comme celle du Covid-19. « On n’en est pas là, mais la France est prête si nécessaire », a-t-elle ajouté.
Un virus sans vaccin, mais avec des pistes de recherche
Interrogée sur l’absence de vaccin, Stéphanie Rist a indiqué que « des recherches sont en cours », évoquant des études en phase 1 ou 2, sans préciser si elles étaient menées en France. « Ce virus est connu, mais il n’existe pas encore de vaccin approuvé », a-t-elle rappelé. Pour l’heure, la priorité reste la prévention par l’isolement et la surveillance des cas contacts.
La ministre a également écarté tout parallèle avec le Covid-19 : « Ce n’est pas comparable. On n’est pas dans une pandémie. » Elle a insisté sur la nécessité d’adapter les mesures en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques. « Il faut pouvoir donner l’exemple et casser cette chaîne de transmission dès le début », a-t-elle conclu.
Enfin, si aucun vaccin n’existe aujourd’hui, les recherches en cours pourraient, à terme, aboutir à une solution préventive. Pour l’instant, la priorité reste la vigilance et l’application rigoureuse des mesures d’isolement pour éviter une propagation du virus.
Selon les données disponibles, cette souche des Andes se transmet par aérosol, nécessitant des contacts rapprochés entre personnes. Les études citées par la ministre font état d’une transmission probable par voie aérienne, mais uniquement en cas de proximité.