Les analyses génétiques du virus ayant contaminé plusieurs passagers du paquebot « MV Hondius » lors d’une croisière dans l’Atlantique Sud ont permis de tracer un lien avec des souches présentes dans une région restreinte du Chili et de l’Argentine. Selon Libération, ce séquençage suggère que le patient zéro aurait pu contracter le virus bien avant l’embarquement, ce qui impliquerait une période d’incubation particulièrement longue.

Ce qu'il faut retenir

  • Un lien génétique entre le virus identifié sur le « MV Hondius » et des souches circulant dans une zone précise du Chili et de l’Argentine, selon les analyses publiées par Libération.
  • Une incubation prolongée : la date présumée du passage du patient zéro dans cette région impliquerait une période d’incubation anormalement étendue.
  • Les investigations se poursuivent pour identifier précisément l’origine de la contamination et les conditions de propagation à bord du navire.

Un génome viral proche de souches sud-américaines

Les résultats des analyses génomiques du virus responsable de l’épidémie à bord du « MV Hondius » révèlent une parenté étroite avec des hantavirus circulant dans une zone géographique limitée, couvrant une partie du sud du Chili et de l’Argentine. Libération souligne que cette proximité génétique, bien que significative, ne suffit pas à elle seule à déterminer l’origine exacte de la contamination. Les scientifiques estiment cependant que le patient zéro aurait pu contracter le virus dans cette région avant même d’embarquer sur le navire.

Cette hypothèse repose sur une période d’incubation inhabituellement longue, bien supérieure à celle généralement observée pour les hantavirus. Les autorités sanitaires internationales et les équipes de recherche tentent désormais de retracer les déplacements du patient zéro pour confirmer cette théorie. « Les données génomiques nous donnent une piste solide, mais il reste des zones d’ombre », a expliqué un virologue cité par Libération.

Une croisière sous haute surveillance sanitaire

Le « MV Hondius », un navire de croisière spécialisé dans les expéditions polaires, a été placé sous surveillance médicale après la détection de cas groupés d’hantavirus parmi ses passagers. Selon les autorités sanitaires, 12 personnes ont été contaminées lors de cette croisière, dont certaines ont présenté des symptômes graves nécessitant une évacuation sanitaire. Les autorités maritimes et sanitaires ont mis en place un protocole strict pour éviter une propagation supplémentaire, notamment en isolant les zones à risque et en renforçant les contrôles sanitaires.

Les passagers et l’équipage ont été soumis à des tests systématiques, et les autorités ont indiqué que aucune nouvelle contamination n’a été signalée depuis le retour du navire. Cependant, les recherches se poursuivent pour comprendre les mécanismes de transmission à bord. Les spécialistes évoquent notamment la possibilité d’une contamination par des rongeurs porteurs du virus, présents dans certaines zones du navire.

Les hantavirus, une menace méconnue en milieu maritime

Les hantavirus sont des virus à ARN transmis principalement par des rongeurs, provoquant chez l’homme une maladie appelée fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) ou syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH). Bien que ces virus soient généralement associés à des zones rurales ou forestières, leur présence à bord d’un navire de croisière pose question. Libération rappelle que les hantavirus ne se transmettent pas d’homme à homme, mais qu’ils peuvent être contractés par inhalation de particules contaminées présentes dans les déjections de rongeurs.

Les cas d’hantavirus en milieu maritime restent rares, mais cette épidémie rappelle l’importance de la vigilance sanitaire dans tous les environnements, y compris les espaces confinés comme les navires. Les autorités sanitaires recommandent désormais un renforcement des contrôles vétérinaires et sanitaires dans les ports d’escale, notamment dans les régions où le virus est endémique.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à finaliser le séquençage complet du virus pour affiner les analyses épidémiologiques. Une conférence internationale est prévue d’ici la fin du mois de mai 2026 pour échanger sur les mesures de prévention et de surveillance à adopter. Par ailleurs, les autorités maritimes devraient publier un rapport détaillé sur les conditions ayant permis la contamination à bord du « MV Hondius ».

Cette épidémie soulève également des questions plus larges sur la gestion des risques sanitaires dans le secteur maritime, où les environnements confinés et les déplacements internationaux facilitent la propagation de pathogènes. Les experts appellent à une meilleure coordination entre les acteurs du transport maritime et les autorités sanitaires pour anticiper ce type de situation à l’avenir.

Les symptômes de l’hantavirus varient selon le type de virus en cause. Pour le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), les premiers signes incluent fièvre, frissons, douleurs musculaires et fatigue intense. Dans les cas graves, la maladie peut évoluer vers une détresse respiratoire aiguë. Pour la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), les symptômes incluent fièvre, douleurs abdominales, saignements et insuffisance rénale. Une prise en charge médicale rapide est essentielle pour améliorer le pronostic.