Selon Le Figaro, les entreprises françaises préparent un scénario de modération pour les hausses de salaires en 2027, après une année 2026 déjà marquée par des augmentations limitées. Une étude menée au printemps par WTW (ex-Willis Towers Watson) révèle que les budgets de rémunération devraient progresser en moyenne de 3 % l’an prochain, un niveau identique à celui observé cette année. Cette tendance s’inscrit dans un contexte économique moins inflationniste et un marché du travail moins tendu, qui poussent les employeurs à adopter une approche plus mesurée.
Ce qu'il faut retenir
- Les entreprises françaises prévoient une hausse moyenne des salaires de 3 % en 2027, comme en 2026, selon l’étude WTW.
- Cette modération s’explique par un ralentissement de l’inflation et un marché du travail moins dynamique qu’entre 2022 et 2025.
- Les secteurs de la finance et de l’industrie, notamment, devraient respecter cette moyenne nationale.
- En Europe, la tendance est similaire : 3 % en France et en Italie, 3,1 % en Allemagne et en Belgique, et 3,5 % au Royaume-Uni.
Un infléchissement des augmentations après des années d’inflation élevée
Les entreprises justifient cette prudence par l’évolution récente de l’économie. Après plusieurs années marquées par une inflation record entre 2022 et 2025, les employeurs n’ont plus la même obligation de compenser la perte de pouvoir d’achat de leurs salariés. « Les contraintes se sont relâchées », explique un expert en rémunération interrogé par Le Figaro. En 2026, les augmentations annuelles avaient déjà été revues à la baisse, avec une moyenne de 3 %, un chiffre confirmé par les premières annonces faites en début d’année.
Cette stabilité relative s’accompagne d’une baisse de la tension sur le marché du travail. Alors qu’entre 2022 et 2025, les entreprises rivalisaient pour attirer et retenir leurs talents, la situation s’est normalisée. Les recrutements sont moins nombreux, et les départs moins fréquents, ce qui réduit la pression sur les salaires.
Une tendance européenne homogène, mais des nuances par pays
Si la modération domine en Europe, les prévisions varient légèrement selon les pays. L’Allemagne et la Belgique affichent une hausse légèrement supérieure, à 3,1 %, tandis que le Royaume-Uni se distingue avec un taux de 3,5 %. En revanche, la France et l’Italie restent alignées sur la moyenne continentale, avec 3 %. Ces écarts s’expliquent par des dynamiques économiques et des politiques salariales propres à chaque État.
Côté secteurs, la finance, souvent en première ligne pour les augmentations, devrait respecter cette moyenne de 3 %. Les entreprises du secteur technologique et de l’industrie suivent la même trajectoire. « Tous les domaines sont touchés par cette logique de modération », précise l’étude de WTW. Les entreprises privilégient désormais les augmentations ciblées, liées à la performance individuelle, plutôt que des hausses générales automatiques.
Le télétravail et les politiques de mérite prennent le relais
Cette évolution des pratiques salariales s’inscrit dans un contexte plus large de transformation des relations professionnelles. Avec la baisse des prix de l’énergie et des matières premières, les entreprises n’ont plus à justifier systématiquement des augmentations pour compenser le coût de la vie. Certaines, comme dans le secteur bancaire, misent désormais sur des primes au mérite ou des avantages non financiers (télétravail, flexibilité horaire) pour fidéliser leurs équipes.
Un récent débat a émergé autour du télétravail, envisagé comme une solution pour absorber la hausse du prix du carburant. « L’envie est présente, mais la réalisation reste périlleuse », souligne un responsable RH cité par Le Figaro. Si cette option séduit une partie des salariés, les entreprises peinent à l’organiser à grande échelle sans impacter la productivité.
Plus largement, cette modération des salaires reflète un rééquilibrage des rapports de force entre employeurs et salariés. Après des années de tension, le rapport de force semble désormais pencher en faveur des premiers, grâce à un contexte économique moins inflationniste et à une demande d’emploi moins forte. Reste à voir si cette tendance se prolongera au-delà de 2027, ou si elle ne constitue qu’un ajustement temporaire dans un cycle économique plus long.
Non. Les 3 % annoncés par WTW correspondent à une moyenne nationale. Les entreprises pourront moduler ces hausses en fonction des performances individuelles, des métiers ou des régions. Certains secteurs, comme la finance, pourraient afficher des taux légèrement supérieurs, tandis que d’autres, comme l’industrie, resteront dans la fourchette nationale.