Alors que la canicule s’est invitée sur la 19e édition du Hellfest, qui se déroule jusqu’à ce dimanche 21 juin à Clisson en Loire-Atlantique, les festivaliers cherchent des moyens originaux pour se préserver des températures élevées. Selon Franceinfo – Culture, l’un des remèdes adoptés cette année réside dans des séances de yoga organisées chaque matin dans l’enceinte du camping. Ces cours, animés au son du métal, permettent aux participants de se détendre tout en restant actifs, une initiative qui séduit une partie du public malgré la chaleur étouffante.
Ce qu'il faut retenir
- Une 19e édition du Hellfest marquée par la canicule, avec des températures élevées sur le site de Clisson jusqu’à ce dimanche.
- Des séances de yoga matinales proposées dans le camping, animées par des professeurs et accompagnées de musique métal, pour aider les festivaliers à se relaxer.
- Une initiative lancée il y a quatre ans par Stéphane Lefèvre, fondateur de Metal Workout, en collaboration avec Sylvie et Yann Heurtaux de Mass Hysteria.
- Un public varié et des motivations multiples : détente, gestion de la fatigue ou recherche d’un moment de calme entre deux concerts.
- Une « formule maléfique » évoquée par les organisateurs pour rafraîchir les festivaliers grâce à une technique de respiration adaptée.
Un festival sous haute température
La chaleur n’a pas épargné les quelque 150 000 festivaliers attendus pour cette 19e édition du Hellfest, l’un des plus grands festivals de metal en Europe. Selon les prévisions météorologiques, les températures devaient dépasser les 30°C tout au long du week-end, rendant les nuits en camping particulièrement éprouvantes. Face à cette situation, les organisateurs ont multiplié les initiatives pour faciliter la vie des participants, comme l’ouverture de points de rafraîchissement ou la distribution de bouteilles d’eau. C’est dans ce contexte que les séances de yoga ont été intégrées au programme, offrant une pause salutaire aux festivaliers avant le début des concerts.
Dès neuf heures du matin, devant le Metal Corner, une tente dédiée à cette discipline, une dizaine de participants s’installent sous l’œil bienveillant de Sylvie, professeure de yoga. Autour d’eux, l’ambiance reste calme, presque en décalage avec l’énergie habituelle du festival. « Bougez à votre rythme ! Je vous donne un rythme, mais vous pouvez aller plus vite », lance-t-elle à son auditoire, invitant chacun à adapter les exercices à ses capacités physiques. Autant dire que l’atmosphère tranche avec l’agitation des scènes principales, où les groupes de death metal ou de thrash déchaînent déjà les foules.
Le métal yoga, une formule inattendue mais efficace
L’idée de combiner yoga et musique métal n’est pas nouvelle au Hellfest. Elle a été lancée il y a quatre ans par Stéphane Lefèvre, fondateur de Metal Workout, une entreprise spécialisée dans l’organisation d’événements sportifs et bien-être autour de la culture metal. « C’est une organisation que j’ai créée avec Sylvie, qui anime les cours, et avec Yann Heurtaux de Mass Hysteria », explique-t-il. Ce dernier, également investi dans l’initiative, confie avoir eu cette intuition depuis longtemps, même s’il reconnaît ne pas être « quelqu’un de très administratif ». Pour lui, le yoga est avant tout une nécessité : « Dans la vie de tous les jours, c’est indispensable. En festival, ça permet de lutter contre la fatigue, mais aussi contre les excès de nourriture et d’alcool », précise-t-il avec un sourire.
Les exercices proposés s’enchaînent sous un soleil déjà ardent. Certains participants, comme Florent, avouent ne pas tenir la séance d’une heure jusqu’au bout. « C’est bien pour se détendre après deux ou trois jours de concerts, surtout pour éliminer les tensions dans le bas du dos », confie-t-il, ajoutant : « On dort au camping, alors les matelas gonflables, au bout d’un moment… » Une remarque qui en dit long sur les conditions d’hébergement des festivaliers. Malgré la chaleur, la musique reste présente, bien que le volume soit volontairement réduit pour permettre aux participants de se concentrer sur leur respiration et leurs mouvements.
Un public en quête de répit
Parmi les festivaliers présents ce matin-là, Doriane, venue pour la première fois au Hellfest, témoigne de son expérience. « C’est l’inattendu qui est intéressant, souligne-t-elle. Ça détend les muscles et ça permet d’avoir un moment de calme pour apaiser l’esprit ». Pour beaucoup, ces séances représentent une parenthèse bienvenue dans un programme souvent chargé. « Après une journée où on se saute dessus, ça fait du bien d’avoir une heure de calme », confie-t-elle à Franceinfo.
Stéphane Lefèvre en profite pour glisser un conseil pratique aux participants : « On leur apprend une respiration un peu rafraîchissante qu’ils pourront reproduire pendant le festival, en dehors des cours. Une formule maléfique, pour ne plus avoir chaud en respirant. » Une technique qui, selon lui, peut faire la différence lorsque les températures deviennent étouffantes. Autant dire que l’initiative répond à un besoin réel, alors que le mercure continue de grimper dans le Loire-Atlantique.
La 19e édition du Hellfest s’achèvera donc dans un équilibre entre l’énergie brute du metal et les pauses bien-être, une combinaison qui pourrait bien séduire au-delà de Clisson. Pour les organisateurs, l’enjeu est désormais de pérenniser cette initiative, tout en continuant à proposer des solutions adaptées aux aléas climatiques, qui risquent de se multiplier à l’avenir.
Non, les séances sont ouvertes à tous les niveaux. Les professeurs adaptent les exercices en fonction des participants, et la musique métal est diffusée à un volume modéré pour ne pas perturber la concentration. L’idée est de rendre cette discipline accessible, même à ceux qui découvrent le yoga ou le metal.