Face à la pression fiscale sur les transmissions d’entreprises agricoles, des propriétaires fonciers tirent la sonnette d’alarme. Comme le rapporte BFM Business, une agricultrice de la région Nouvelle-Aquitaine, Natacha, dénonce une situation où ses enfants, pour reprendre la ferme familiale, devront vendre une partie des terres pour simplement en vivre. Un scénario qui illustre les tensions autour de la fiscalité successorale, à l’approche du budget 2027.

Ce qu'il faut retenir

  • Une agricultrice, Natacha, alerte sur les conséquences fiscales pour ses enfants qui souhaiteraient reprendre la ferme familiale
  • Pour pouvoir vivre de l’exploitation, ils devront vendre une partie des terres, faute de trésorerie suffisante
  • Ce témoignage intervient dans un contexte de débats sur la fiscalité des héritages, alors que le gouvernement prépare le budget 2027
  • D’autres professionnels, comme un agent immobilier du Gard, évoquent aussi une « injustice » face à ces règles
  • Les chefs d’entreprise craignent de nouvelles hausses d’impôts, selon un sondage cité par BFM Business

Une transmission devenue financièrement inaccessible

Natacha, agricultrice en Nouvelle-Aquitaine, a partagé son expérience lors d’un forum organisé par BFM Business. Selon ses propos, « Si mes enfants veulent récupérer la ferme, ils devront en vendre une partie pour pouvoir vivre ». Une déclaration qui résume l’impasse dans laquelle se trouvent de nombreux exploitants agricoles. Le poids des droits de succession, combiné à la baisse des revenus agricoles, rend la transmission de ces exploitations particulièrement difficile.

Dans son cas, la transmission ne serait possible qu’en cédant une partie des terres à des tiers, ce qui réduit mécaniquement la taille de l’exploitation et menace sa viabilité économique. Ce scénario n’est pas isolé : il reflète une tendance plus large dans le secteur, où les jeunes agriculteurs peinent à s’installer faute de repreneurs solvables.

Des professionnels d’autres secteurs alertent aussi

Le forum de BFM Business a donné la parole à d’autres acteurs économiques confrontés à des enjeux similaires. Aurélie, agent immobilier dans le Gard, a qualifié la fiscalité sur les héritages de « injustice ». Elle a souligné que, dans certains cas, les héritiers doivent vendre un bien familial pour régler les droits de succession, privant ainsi la famille d’un patrimoine immobilier parfois historique.

Un autre intervenant, Martial You, éditorialiste économique à RTL, a ajouté que « personne ne sait ce qu'est un riche », critiquant la perception des ménages aisés par l’administration fiscale. Ces témoignages s’inscrivent dans un débat plus large sur la progressivité et l’efficacité des droits de succession en France, un sujet souvent évoqué lors des discussions budgétaires.

Des craintes pour le budget 2027

À quelques mois de l’examen du budget 2027, les chefs d’entreprise expriment leurs inquiétudes. Selon BFM Business, ils redoutent de nouvelles hausses d’impôts, qui pourraient aggraver la situation des transmissions familiales. Les secteurs agricole, immobilier et artisanal sont particulièrement exposés, leurs marges étant déjà sous pression en raison de la hausse des coûts de production et de l’inflation.

Un artisan boulanger, Amandio, a tenu à rappeler que « cet argent ne dort pas, il sert et rapporte de la TVA ». Une référence aux droits de succession, dont le produit est réinvesti dans l’économie via la consommation et l’investissement. Pour lui, une réforme de ces droits pourrait permettre de préserver davantage de patrimoines productifs, comme les exploitations agricoles ou les PME.

Un contexte économique déjà tendu

Les craintes des entrepreneurs interviennent dans un contexte où le pouvoir d’achat et la compétitivité des entreprises françaises sont régulièrement questionnés. Les récentes mesures fiscales, comme la suppression de la taxe d’habitation ou les allègements de cotisations, n’ont pas suffi à apaiser les craintes d’une nouvelle pression fiscale. Les syndicats professionnels, comme la FNSEA pour l’agriculture, appellent à une simplification des dispositifs successoraux pour faciliter la transmission des exploitations.

Les discussions autour de la fiscalité successorale s’inscrivent aussi dans le cadre plus large de la réforme des retraites et des débats sur l’équité intergénérationnelle. Certains économistes plaident pour un alignement des droits de succession sur les réalités économiques, en évitant que la transmission d’une exploitation ne devienne un luxe inaccessible.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour les agriculteurs et les petits entrepreneurs. Le projet de budget 2027, attendu à l’automne, pourrait intégrer des mesures ciblées pour alléger la fiscalité sur les transmissions familiales. Des discussions sont en cours au sein du gouvernement, mais aucune annonce concrète n’a encore été formulée. En attendant, les professionnels appellent à une concertation pour éviter que des pans entiers du patrimoine économique ne soient sacrifiés sur l’autel de la fiscalité.

Reste à voir si les pouvoirs publics prendront en compte ces alertes, alors que la France doit concilier équité fiscale et soutien à ses secteurs productifs. Une question qui dépasse le cadre des héritages pour toucher à la pérennité même de nombreux territoires ruraux.

Les droits de succession peuvent représenter une charge financière insurmontable pour les héritiers, surtout si l’exploitation n’a pas de trésorerie suffisante. Dans certains cas, cela oblige les repreneurs à vendre une partie des terres pour payer les droits, réduisant ainsi la taille et la viabilité de l’exploitation. Ce mécanisme menace la transmission des exploitations familiales, surtout dans un secteur déjà en difficulté économique.

Plusieurs pistes sont évoquées : un abattement plus important sur les droits de succession pour les exploitations agricoles, un étalement des paiements sur plusieurs années, ou encore une exonération partielle sous conditions. Certains proposent aussi de réformer la fiscalité locale pour alléger la pression sur les petits propriétaires. Aucune décision n’a encore été prise, mais le débat est lancé à l’approche du budget 2027.