Le cornettiste Médéric Collignon, reconnu pour ses interprétations des œuvres de Miles Davis, rendra hommage au légendaire trompettiste américain lors d’un concert exceptionnel programmé samedi 6 juin 2026 à la Maison de la radio à Paris. Selon Franceinfo - Culture, cette soirée, organisée à l’occasion du centenaire de la naissance de Davis, permettra à Collignon de revisiter la période fusion du musicien, entre 1968 et 1975, aux côtés de musiciens invités.
Ce qu'il faut retenir
- Un concert hommage à Miles Davis aura lieu samedi 6 juin 2026 à la Maison de la radio (Paris), à l’occasion du centenaire de sa naissance.
- Médéric Collignon interprétera des morceaux issus de la période fusion de Davis (1968-1975), dont un extrait de Big Fun et le titre Code M.D..
- L’événement sera diffusé sur France Musique le 20 juin 2026 dans l’émission Jazz Club.
- Collignon a consacré deux albums à l’œuvre de Davis : Porgy and Bess (2006) et Shangri-Tunkashi-La (2010), explorant notamment ses expérimentations électriques.
- Le concert s’inscrit dans une programmation plus large célébrant le jazz en France, avec une forte présence de Davis comme figure centrale.
Un hommage musical centré sur la période fusion de Miles Davis
Médéric Collignon, 55 ans, cornettiste et trompettiste français, proposera une interprétation des œuvres majeures de la période fusion de Miles Davis, une époque où le musicien américain a profondément renouvelé son approche du jazz. Le concert, presque complet, s’articulera autour de titres comme On the Corner (1972) ou des extraits de l’album Big Fun (1974), selon les précisions rapportées par Franceinfo - Culture. La soirée se conclura par Code M.D., un morceau emblématique des années 1980 composé par Robert Irving III, souvent associé à l’album Decoy.
Pour Collignon, cette performance est bien plus qu’un simple concert : il s’agit d’une immersion dans l’univers sonore de Davis, dont il s’est imprégné au fil de décennies d’écoute et de pratique. « Miles Davis, c’est une liberté inouïe », a-t-il déclaré, soulignant l’influence majeure du trompettiste sur son propre jeu. Le musicien ardennais, formé classiquement avant de se tourner vers le jazz, a découvert l’œuvre de Davis à la fin des années 1980, après avoir exploré d’autres courants comme le free jazz ou le New Orleans.
Médéric Collignon : un héritier passionné de l’ADN de Miles Davis
Né en 1971, Médéric Collignon a débuté la trompette à l’âge de 7 ans au conservatoire de Charleville-Mézières, avant de se tourner vers le cornet, instrument qu’il affectionne particulièrement. Son parcours musical, marqué par une formation classique puis une exploration autodidacte du jazz, l’a conduit à une fascination durable pour Davis. « J’ai analysé les solos de Miles comme un graal, une entité diabolique dont je ne pouvais plus me dépêtrer », a-t-il expliqué à Franceinfo - Culture.
Pour Collignon, le génie de Davis réside dans sa capacité à jouer avec l’espace et le silence, transformant chaque note en une respiration. « Il joue des choses, puis il se tait, et vous entendez d’autres choses », a-t-il décrit, insistant sur la dimension presque méditative de son approche. Cette philosophie musicale, à la croisée du blues, du rock et de l’avant-garde, a profondément marqué le cornettiste, qui en a fait un pilier de sa propre esthétique. « C’est comme un ADN, j’étais obligé d’analyser ses solos, de les imiter », a-t-il ajouté.
Deux albums dédiés à Miles Davis : une exploration audacieuse
Médéric Collignon a consacré deux albums à l’œuvre de Miles Davis, chacun explorant une facette différente de son répertoire. Le premier, Porgy and Bess (2006), revisite la collaboration entre Davis, Gil Evans et Gershwin, en s’appuyant sur des techniques de re-recording et d’électronisation. Collignon y a superposé des couches de cornet, de bugle et de voix pour créer une « compression d’opéra », comme il le décrit, mêlant références classiques et innovations sonores.
Son deuxième album, Shangri-Tunkashi-La (2010), s’attache quant à lui à la période électrique de Davis, une époque où le trompettiste intégrait des synthétiseurs et des distorsions dans son jeu. « Personne n’utilisait ces outils comme ça à l’époque », a souligné Collignon, précisant avoir utilisé des pédales adaptées pour reproduire l’esprit des performances de Davis. L’album, enregistré avec quatre cors d’harmonie, a été salué pour sa puissance sauvage et son improvisation, avec des morceaux comme Nem um Talvez, inspiré d’Hermeto Pascoal, un musicien brésilien invité par Davis dans les années 1970.
Les morceaux et albums préférés de Collignon : une sélection subjective
Interrogé par Franceinfo - Culture sur ses morceaux et albums préférés de Miles Davis, Médéric Collignon a cité Code M.D. comme son morceau de prédilection de la période électrique, pour son groove et sa complexité harmonique. « C’est un résumé du système harmonique de Robert Irving III, que Miles a immédiatement adopté », a-t-il expliqué. Il a également évoqué des titres comme Someday My Prince Will Come (1961), On the Corner (1972) ou We Want Miles (1982) comme des références absolues.
Pour un néophyte souhaitant découvrir Davis, Collignon recommande sans hésiter Kind of Blue (1959), l’album le plus célèbre du trompettiste. « C’est une mine de trouvailles minimalistes, pédagogique et accessible », a-t-il assuré, ajoutant que Blue in Green ou All Blues peuvent également séduire les nouveaux auditeurs. « Miles disait lui-même : ‘Je ne fais pas de jazz’. Sa musique est complexe : soit on y entre tout de suite, soit on la déteste », a-t-il conclu.
Pour Médéric Collignon, cette soirée est aussi l’occasion de rappeler l’héritage de Davis comme figure incontournable de la musique moderne. « Il a ouvert mille voies, du rap au rock, en passant par l’électronique », a-t-il souligné. Un héritage que le cornettiste s’attache à transmettre, avec l’espoir que le public, qu’il soit novice ou initié, en reparte avec une nouvelle passion pour le jazz.
Collignon a découvert Davis à la fin des années 1980 et a été immédiatement fasciné par son approche révolutionnaire du jazz, notamment sa capacité à fusionner blues, rock et avant-garde. « Miles m’a montré une liberté inouïe, une façon de jouer où l’espace et le silence comptent autant que les notes », a-t-il expliqué. Deux albums lui ont même été consacrés, preuve de son attachement à l’œuvre du trompettiste.