Trois immeubles historiques menacent de s’effondrer à Honfleur (Calvados), entraînant la fermeture d’une partie du centre-ville et l’évacuation de ses occupants depuis ce jeudi 2 avril 2026. Selon Franceinfo – Culture, cette situation a conduit les autorités à interdire l’accès à un vaste périmètre autour des bâtiments, forçant 19 commerçants à baisser définitivement leurs rideaux pour une durée encore indéterminée.

La ville, connue pour son port pittoresque et son tourisme estival, se retrouve ainsi privée d’une partie de son activité commerciale en pleine période de reprise saisonnière. Les quais, habituellement animés par les touristes et les plaisanciers, sont aujourd’hui déserts. Les agents municipaux assistent les derniers commerçants dans la récupération de leurs marchandises avant la fermeture définitive de leurs enseignes, comme en témoigne une gérante de boutique de souvenirs.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois immeubles du XVIIIe siècle, classés monuments historiques, présentent des risques d’effondrement en raison de la vétusté de leurs structures porteuses.
  • Une partie du centre-ville de Honfleur est désormais fermée à la circulation depuis le 2 avril 2026.
  • 19 commerçants ont dû fermer leurs portes en urgence, privant la ville d’une activité économique clé pour la saison touristique.
  • Les marchés et les bateaux du port devront être déplacés en attendant les travaux de sécurisation.
  • Les expertises techniques sont en cours, mais les délais de réouverture restent incertains, pouvant s’étendre sur plusieurs mois, voire années.

Des bâtiments historiques en péril depuis des années

Les trois immeubles concernés, datant du XVIIIe siècle et inscrits au patrimoine historique, montrent des signes de dégradation avancée. Selon la mairie, ce sont les planchers et les structures porteuses qui posent problème, risquant de provoquer un effondrement total. « Les planchers qui sont, sur ces immeubles-là, des structures porteuses et qui permettent la cohésion de l’ensemble, eh bien, sont en train de tomber. Donc avec tous les risques que ça peut engendrer », a précisé Nicolas Pubreuil, maire de Honfleur.

Cette situation n’est pas nouvelle : certains occupants avaient déjà quitté les lieux par crainte des risques. Cependant, les propriétaires actuels, comme Dominique Marcon, dénoncent un manque d’entretien prolongé. « Ça fait déjà dix ans que l’immeuble est moisi, pourri. Mais nous, on a acheté il y a seulement trois ans. Vous voyez, ce n’est pas à cause de nous que l’immeuble tombe. C’était déjà avant », a-t-il expliqué. Les anciens propriétaires, selon lui, auraient dû engager des travaux bien plus tôt.

Un impact immédiat sur l’économie locale

Pour les commerçants, cette fermeture brutale survient à un moment critique : le début de la saison touristique. « C’était l’ouverture de la saison, c’était le premier gros week-end, c’était les terrasses qui devaient être installées. Ça donnait du bon à tout le monde et là, les nouvelles ne sont pas bonnes », a témoigné Vincent Leclerc, un commerçant local. La perte de revenus est d’autant plus préjudiciable qu’elle intervient après des années de difficultés économiques pour certains.

Les autorités ont mis en place des mesures d’urgence pour sécuriser les abords des immeubles, mais les conséquences sur l’attractivité touristique de Honfleur pourraient être durables. Le port, habituellement animé, est désormais en partie bouclé. Les bateaux et les marchés devront trouver un nouveau lieu d’accueil, le temps que les expertises et les éventuels travaux soient réalisés.

Et maintenant ?

Les expertises techniques en cours devraient permettre de déterminer l’ampleur des travaux nécessaires. Si les immeubles doivent être démolis ou consolidés, les délais pourraient s’étendre sur plusieurs mois. La mairie a indiqué qu’une décision serait prise « dans les prochaines semaines » concernant les prochaines étapes, sans préciser de calendrier exact. En attendant, les riverains et les commerçants devront s’adapter à cette situation inédite pour une ville aussi emblématique que Honfleur.

La question des responsabilités reste également en suspens : qui assumera le coût des travaux ? Les anciens propriétaires, les propriétaires actuels ou la collectivité ? Les débats risquent de s’intensifier dans les semaines à venir.

Il s’agit de trois immeubles situés en bordure de bassin, datant du XVIIIe siècle et classés monuments historiques. Leurs structures porteuses, notamment les planchers, sont jugées trop vétustes par la mairie.

Dix-neuf commerçants ont dû fermer leurs portes en urgence, ce qui prive la ville d’une partie de son activité économique en pleine saison touristique.