Le déficit des hôpitaux publics français s’élève à 2,3 milliards d’euros pour l’année 2025, selon une étude publiée le 28 juillet 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Ce montant représente 2,1 % des recettes globales des établissements, un niveau inférieur à celui enregistré en 2024, où le déficit avait atteint 2,9 milliards d’euros, soit 2,7 % des recettes – un record depuis 2005. Les données, basées sur les comptes non définitifs arrêtés à la fin juin 2026, confirment une légère amélioration, bien que la situation financière des hôpitaux reste sous tension.

Ce qu'il faut retenir

  • Déficit des hôpitaux publics à 2,3 milliards d’euros en 2025, soit 2,1 % des recettes – en baisse par rapport à 2024.
  • En 2024, le déficit avait atteint 2,9 milliards d’euros, un niveau inédit depuis 2005.
  • Les charges d’exploitation ont continué d’augmenter en 2025, mais à un rythme moins soutenu qu’en 2024.
  • Les investissements des hôpitaux se sont repliés à 4,8 % des recettes en 2025, contre 5,1 % en 2024.
  • 21,5 millions de passages aux urgences en 2025, en hausse de 0,8 %, malgré la mise en place du service d’accès aux soins.

Un déficit en légère amélioration, mais toujours préoccupant

Le déficit des hôpitaux publics pour 2025, estimé à 2,3 milliards d’euros, s’inscrit comme le troisième plus élevé depuis 2005, année de référence pour les statistiques de la Drees. Ce chiffre marque un recul par rapport à 2024, où le déficit avait atteint un niveau historique de 2,9 milliards d’euros, soit 2,7 % des recettes. « L’amélioration est réelle, mais la situation reste fragile », précise la Drees dans son étude. Les comptes 2025 intègrent les aides liées au Ségur de la santé, un plan lancé en 2020 pour moderniser et désendetter le système hospitalier.

Les charges d’exploitation ont continué de peser sur les finances des établissements, avec une hausse des coûts salariaux et des intérêts d’emprunt. La progression des dépenses de personnel, principale source de tension, s’est toutefois ralentie : +3 % en 2025 (soit 1,9 milliard d’euros), contre +4,1 % en 2024 (2,5 milliards d’euros). Cette modération s’explique en partie par l’absence de revalorisations salariales massives cette année-là.

Des investissements en baisse malgré les promesses du Ségur de la santé

Malgré les 19 milliards d’euros promis par le gouvernement dans le cadre du Ségur de la santé – dont 9 milliards pour de nouveaux investissements et 6,5 milliards pour le désendettement –, les établissements hospitaliers ont réduit leur effort d’investissement en 2025. Celui-ci s’élève à 4,8 % de leurs recettes (5,4 milliards d’euros), contre 5,1 % en 2024 (5,5 milliards d’euros). « L’effort d’investissement s’est replié, ce qui pourrait peser sur la qualité des soins à moyen terme », souligne la Drees.

En mai 2026, le ministère de la Santé a annoncé un complément de financement de 6 milliards d’euros pour la période 2026-2036, destiné à soutenir des projets d’investissement. Une enveloppe qui, si elle est déployée, pourrait atténuer partiellement ce repli. Pour autant, les gestionnaires hospitaliers estiment que ces mesures restent insuffisantes au regard des besoins.

Une fréquentation des urgences toujours en hausse, malgré les dispositifs de réorientation

En 2025, les services d’urgences, qu’ils soient généraux ou pédiatriques, ont enregistré 21,5 millions de passages, soit une augmentation de 0,8 % par rapport à l’année précédente. Cette hausse survient malgré la généralisation progressive du service d’accès aux soins (SAS), qui vise à réorienter une partie des patients vers les médecins de ville ou les centres de soins non hospitaliers. « La hausse des passages concerne une majorité de régions, notamment le Grand Est et les Hauts-de-France, ainsi que plusieurs territoires ultramarins comme la Guyane », précise l’étude.

À l’inverse, certaines régions enregistrent une baisse de leur fréquentation, comme la Bourgogne-Franche-Comté, la Corse ou la Guadeloupe. Ces disparités géographiques reflètent à la fois des dynamiques démographiques locales et des différences dans l’accès aux soins ambulatoires. « Le SAS commence à produire des effets, mais son impact reste limité », estime un responsable hospitalier interrogé par la Drees.

Des charges financières qui pèsent sur l’équilibre budgétaire

Au-delà des dépenses de personnel et d’investissement, les hôpitaux publics subissent le poids des intérêts liés à leur dette. Ces derniers continuent de grever leur budget, limitant leur capacité à absorber d’autres hausses de coûts. « Le paiement des intérêts des emprunts représente une part croissante des dépenses, ce qui réduit la marge de manœuvre des établissements », explique la Drees. Cette situation s’explique en partie par des années de sous-financement chronique et des investissements reportés faute de moyens.

La Drees rappelle que 19 milliards d’euros ont été engagés dans le cadre du Ségur de la santé pour désendetter le secteur. Sur ce montant, 6,5 milliards sont spécifiquement dédiés au remboursement de la dette. Un effort qui, selon les experts, pourrait permettre d’alléger la charge financière à moyen terme, mais qui ne suffira probablement pas à résoudre la crise structurelle.

Et maintenant ?

Le gouvernement a annoncé un nouveau plan de soutien de 6 milliards d’euros pour la période 2026-2036, mais son impact réel dépendra de la rapidité de son déploiement. Les gestionnaires hospitaliers appellent à des mesures complémentaires, notamment pour réduire la dette et financer durablement les investissements. Une réforme structurelle du financement de l’hôpital public pourrait être évoquée dans le cadre des prochains budgets, mais aucun calendrier précis n’a été fixé à ce stade. Par ailleurs, l’évolution de la fréquentation des urgences et l’efficacité du SAS feront l’objet d’un suivi attentif dans les mois à venir.

Reste à savoir si ces ajustements suffiront à inverser une tendance qui, depuis 2005, voit les déficits hospitaliers osciller entre 1,5 % et 2,7 % des recettes. L’équilibre financier de l’hôpital public dépendra en grande partie de la capacité de l’État à concilier désendettement, revalorisation des moyens humains et modernisation des infrastructures.

Les principales causes sont la hausse des charges d’exploitation – notamment les dépenses de personnel (+3 % en 2025) et les intérêts de la dette –, combinée à un effort d’investissement en repli (4,8 % des recettes contre 5,1 % en 2024). Le sous-financement historique et les besoins reportés depuis des années aggravent également la situation.

Oui, en partie. Les 19 milliards d’euros promis, dont 9 milliards pour des investissements et 6,5 milliards pour le désendettement, ont contribué à limiter la dégradation. Cependant, l’effort d’investissement des hôpitaux s’est replié en 2025, et le paiement des intérêts de la dette reste un frein majeur.