Avec plus de 500 000 abonnés sur sa plateforme en ligne Vakita, une chaîne YouTube étoffée et deux émissions diffusées sur France 5, Hugo Clément s’impose comme une figure incontournable du débat écologique en France. Selon Le Figaro, l’animateur-producteur, connu pour ses documentaires engagés comme « Sur le front », a su transformer sa puissance médiatique en outil de légitimation de sa ligne éditoriale, souvent en marge des positions traditionnelles portées par les partis politiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Hugo Clément, âgé de 36 ans, est à la tête de trois projets médiatiques : le magazine « Sur le front » (France 5), la chaîne YouTube Vakita et le média en ligne du même nom.
  • Il revendique plus de 500 000 abonnés sur ses réseaux sociaux, un levier qui lui permet d’imposer ses thématiques et de contrer ses détracteurs.
  • En 2023, des critiques acerbes, notamment de la part des « Khmers verts » et de La France insoumise, l’ont qualifié d’« écofasciste » après son débat sur le changement climatique avec Jordan Bardella, invité par Valeurs actuelles.
  • Il se présente comme un acteur neutre, affirmant : « Je ne suis ni sectaire, ni décroissant. Pour moi, le combat pour le climat et la biodiversité est aussi un combat pour l’économie. »
  • Ancien chroniqueur sur France Inter jusqu’en juin 2025, il est aussi entrepreneur, cofondateur de la société Winter Productions depuis 2019.

Cette capacité à mobiliser des audiences massives en dehors des canaux traditionnels lui confère une influence croissante, souvent perçue comme une remise en cause du monopole politique sur l’information environnementale. Selon Le Figaro, Clément mise sur une approche pragmatique, mêlant écologie, économie et débat contradictoire, ce qui lui permet de se distinguer des discours militants les plus radicaux.

Un parcours marqué par l’entrepreneuriat et l’engagement médiatique

Hugo Clément a bâti son empire médiatique en combinant plusieurs formats. Son émission « Sur le front », diffusée sur France 5, explore des sujets de société sous l’angle de l’écologie et de la biodiversité. Parallèlement, il a lancé Vakita, une plateforme numérique axée sur l’actualité environnementale, qui a dépassé les 500 000 abonnés en moins de trois ans. Sa chaîne YouTube, également nommée Vakita, complète cet écosystème en proposant des contenus courts et percutants, souvent partagés massivement sur les réseaux sociaux.

Avant de se consacrer pleinement à l’écologie, Clément a officié comme journaliste et animateur sur Konbini, où il a été confronté à des questions sur la frontière entre contenu éditorial et partenariats commerciaux. Interrogé à ce sujet, il a toujours défendu la séparation entre son travail journalistique et les contenus sponsorisés, affirmant ne pas confondre les deux. Dans une interview accordée au Figaro Magazine, il a d’ailleurs souligné : « Je ne suis ni sectaire, ni décroissant. Le combat pour le climat et la biodiversité est aussi un combat pour l’économie. » Une déclaration qui résume sa ligne éditoriale : concilier préservation de l’environnement et développement économique.

La polémique de 2023 : un tournant dans sa stratégie de communication

En 2023, Hugo Clément a accepté de participer à un débat sur le changement climatique avec Jordan Bardella, alors tête de liste du Rassemblement National, invité par le magazine Valeurs actuelles. Cette décision a provoqué une vague de critiques virulentes, notamment de la part de certains militants écologistes et de responsables politiques de gauche. Accusé d’« écofascisme » par les « Khmers verts » et La France insoumise, Clément a retourné cette attaque à son avantage, en y voyant la preuve de sa neutralité idéologique.

Cette polémique a joué un rôle clé dans sa stratégie de communication. En revendiquant cette étiquette infamante, il a positionné son approche comme une alternative aux discours clivants portés par les partis politiques. Pour lui, le débat sur l’écologie doit dépasser les clivages partisans et intégrer des solutions concrètes, y compris économiques. Cette posture lui a valu une audience élargie, mais aussi des tensions persistantes avec une partie de la sphère militante écologiste.

Une influence qui dépasse les médias traditionnels

L’ascension d’Hugo Clément illustre une tendance de fond : le déclin du monopole des partis politiques sur la définition des enjeux sociétaux. Grâce à ses réseaux sociaux, il parvient à capter l’attention d’un public jeune et urbain, souvent en désaffection avec les canaux traditionnels d’information. Ses vidéos, ses posts et ses interventions dans « Quelle époque ! » — l’émission qu’il coproduit sur France 5 — en font une voix écoutée, voire redoutée, par les décideurs politiques.

Cette influence ne se limite pas à l’écologie. Clément aborde régulièrement des sujets transversaux, comme la justice sociale ou la souveraineté alimentaire, en les reliant systématiquement à des enjeux environnementaux. Son approche, à la fois accessible et militante sans être dogmatique, séduit une partie de l’opinion publique, qui y voit une réponse aux discours politiques perçus comme trop éloignés des réalités du terrain.

Et maintenant ?

Dans les mois à venir, Hugo Clément devrait poursuivre le développement de Vakita, avec l’objectif affiché d’atteindre le million d’abonnés d’ici fin 2026. Une expansion qui pourrait s’accompagner de nouvelles collaborations avec des médias traditionnels ou des plateformes numériques. Côté politique, son positionnement reste un sujet de débat : certains y voient une opportunité de dépolitiser le discours écologique, tandis que d’autres craignent une récupération par des forces contraires à ses valeurs. Reste à voir si cette influence médiatique parviendra à se traduire par des changements concrets dans les politiques publiques.

Quoi qu’il en soit, Hugo Clément incarne une nouvelle forme d’engagement, où la puissance des réseaux sociaux se mêle à une volonté de transformer les débats sociétaux. Son parcours montre que l’écologie, autrefois réservée aux cercles militants ou politiques, peut désormais s’imposer comme un sujet central grâce à des acteurs médiatiques audacieux.

Vakita est un média en ligne fondé par Hugo Clément, qui revendique plus de 500 000 abonnés. Lancé en tant que complément à ses émissions télévisées, Vakita propose des contenus courts et percutants sur l’écologie, la biodiversité et les enjeux sociétaux, principalement via YouTube et les réseaux sociaux. Clément en est à la fois l’animateur et le producteur, s’appuyant sur une équipe dédiée pour produire des formats adaptés aux plateformes numériques.