BFM Business révèle que les voyageurs en train subissent de plus en plus des nuisances liées au bruit et aux odeurs, reléguant au second plan leur quête initiale de tranquillité. Selon une étude OpinionWay pour Trenitalia France, publiée le 10 mai 2026, 42 % des sondés placent le calme en priorité absolue lors de leurs trajets. Pourtant, dans les faits, ce sont les comportements d’autres passagers qui génèrent les plus vives critiques.
Ce qu'il faut retenir
- 51 % des voyageurs sont agacés par les voisins parlant fort au téléphone dans les trains.
- 42 % jugent insupportable le volume trop élevé des vidéos ou de la musique sur téléphone.
- 37 % dénoncent les conversations à voix haute dans les wagons.
- 35 % des sondés évoquent les odeurs corporelles comme source de gêne majeure.
- Le confort des sièges (35 %), des toilettes propres (34 %) et la possibilité de choisir sa place (28 %) figurent aussi parmi les attentes prioritaires.
Menée du 29 octobre au 10 novembre 2025 auprès de 1 502 Français âgés de 18 ans et plus, cette enquête dresse un état des lieux des habitudes et des frustrations liées aux voyages en train. La recherche du silence s’impose comme un enjeu central, tant la promiscuité et le manque de civisme transforment l’expérience en parcours du combattant.
Le bruit, ennemi numéro un des voyageurs
L’étude confirme que le bruit est le principal irritant dans les trains. 51 % des répondants pointent du doigt les passagers utilisant leur téléphone à haute voix, une tendance qui s’est largement généralisée avec l’usage intensif des smartphones. 42 % des sondés sont exaspérés par le volume excessif des vidéos ou de la musique diffusée sans écouteurs, tandis que 37 % dénoncent les conversations soutenues entre voyageurs.
Autres comportements perçus comme insupportables : 34 % des interviewés sont gênés par les enfants courant entre les sièges sans surveillance parentale, et 13 % par les ronflements bruyants ou les voyageurs dormant à cheval sur plusieurs places. Ces nuisances sonores, souvent évitables, illustrent un relâchement des normes de civilité dans les transports en commun.
Les odeurs, un sujet tabou qui monte en puissance
Si le bruit domine les plaintes, les odeurs n’en restent pas moins un sujet sensible. 35 % des voyageurs citent explicitement les effluves corporelles comme une source majeure de gêne. Un chiffre qui reflète peut-être une sensibilité accrue à l’hygiène post-pandémie, ou simplement le reflet d’un manque d’attention de certains passagers envers leur entourage.
Les odeurs liées à la nourriture occupent aussi une place non négligeable : 17 % des sondés évoquent les relents des sandwichs ou des plats emportés, tandis que 15 % pointent les odeurs des pieds nus ou des chaussettes portés sans chaussures. Ces détails, bien que subjectifs, participent à la dégradation globale du confort dans les trains.
Un problème d’organisation et de rangement
Outre le calme et l’hygiène, les espaces dédiés aux bagages posent également problème. 17 % des voyageurs déclarent être gênés par des valises ou sacs mal placés, obstruant les allées et compliquant les déplacements. « Ce chiffre révèle l’importance de la fluidité du voyage, qui dépend aussi de détails concrets comme l’installation, la circulation dans l’allée ou la localisation rapide de ses affaires », explique Trenitalia France.
Ces dysfonctionnements, bien que mineurs en apparence, contribuent à une expérience globale moins satisfaisante. Ils soulignent aussi une attente forte : celle d’un voyage où chaque passager pourrait disposer d’un espace personnel respecté par les autres.
D’autres attentes qui vont au-delà du silence
Si le calme reste la priorité absolue, les voyageurs attendent aussi des conditions de voyage optimales sous d’autres aspects. Pour 35 % d’entre eux, le confort des sièges et l’espace disponible à bord sont essentiels, tout comme des toilettes propres et fonctionnelles, citées par 34 % des sondés. La possibilité de choisir sa place figure également dans les critères importants pour 28 % des voyageurs.
Côté professionnels, les attentes sont légèrement différentes. La tranquillité (35 %), un Wi-Fi de qualité (34 %) et la présence de prises électriques (30 %) arrivent en tête des priorités. Ces exigences reflètent une adaptation des trains à des usages multiples : temps de travail, repos ou loisirs.
« Ces résultats démontrent que le train est désormais attendu comme un espace capable de s’adapter à plusieurs rythmes de vie : temps de concentration, parenthèse de repos, moment de lecture ou de divertissement », précise Trenitalia France dans son analyse.
Une tendance qui interroge l’avenir des transports collectifs
Cette étude soulève une question de fond : comment concilier liberté individuelle et respect collectif dans un espace aussi restreint qu’un train ? Le manque de civisme observé reflète-t-il une évolution des comportements, ou simplement l’absence de rappels à l’ordre efficaces ? Trenitalia France mise sur la sensibilisation, mais aussi sur des aménagements permettant de mieux compartimenter les espaces.
Pour les opérateurs ferroviaires, l’enjeu est double : améliorer l’expérience client tout en maintenant des tarifs accessibles. L’étude suggère que des mesures simples, comme des campagnes de sensibilisation ou des zones dédiées au calme, pourraient atténuer les tensions actuelles.
Une chose est sûre : dans un contexte où le train reste un mode de transport privilégié pour son bilan carbone, son efficacité énergétique et sa capacité à désengorger les axes routiers, sa qualité perçue doit impérativement évoluer. Autant dire que la bataille pour le silence et le confort dans les transports en commun ne fait que commencer.
Plusieurs compagnies ferroviaires en Europe ont testé des wagons silencieux, réservés aux voyageurs souhaitant éviter les perturbations sonores. D’autres misent sur des campagnes de sensibilisation ou des applications mobiles permettant de signaler les comportements inappropriés. Trenitalia France n’a pas encore annoncé de mesure spécifique, mais des discussions sont en cours pour améliorer l’expérience à bord.
À ce jour, aucune sanction n’a été évoquée par les compagnies, qui privilégient pour l’instant l’information et la sensibilisation. Cependant, certaines lignes régionales en France appliquent déjà des amendes pour non-respect des règles de tranquillité, notamment dans les TER. L’efficacité de ces mesures reste à évaluer.