Le marché immobilier français affiche un net ralentissement au cours des six premiers mois de 2026. Selon Century 21 France, premier réseau d’agences immobilières en volume de transactions, l’activité est restée globalement stable, voire en légère baisse, par rapport à la même période de 2025. Cette stagnation intervient dans un contexte marqué par deux initiatives parlementaires visant à faciliter l’accès à la propriété pour les ménages les plus modestes.
Ce qu'il faut retenir
- L’activité immobilière en France a stagné au premier semestre 2026, selon Century 21 France
- Deux propositions de loi parlementaires cherchent à favoriser l’accession à la propriété
- Le réseau Century 21 domine le marché en nombre de transactions réalisées
- Le ralentissement touche particulièrement les primo-accédants malgré les dispositifs existants
Un marché immobilier en perte de vitesse
Les chiffres communiqués par Century 21 France, principal acteur du secteur avec un volume annuel de près de 180 000 transactions, confirment une année 2026 atone. Le réseau, qui réalise près de 20 % des ventes immobilières en France, indique que le nombre de compromis signés entre janvier et juin est resté quasi identique à celui de 2025, avec une progression de seulement 0,3 % en volume. « Cette stabilité cache en réalité une baisse des prix dans certaines régions et une raréfaction des biens disponibles », précise un porte-parole de l’enseigne.
Les régions les plus touchées par ce ralentissement sont celles où les prix de l’immobilier étaient déjà élevés avant la crise des taux d’intérêt, comme l’Île-de-France ou la Côte d’Azur. À l’inverse, des zones moins chères, comme les Hauts-de-France ou l’Occitanie, enregistrent une légère hausse des transactions, mais insuffisante pour compenser le repli global.
Deux propositions de loi pour relancer l’accession à la propriété
Face à cette situation, deux textes parlementaires ont été déposés à l’Assemblée nationale et au Sénat pour soutenir les primo-accédants. Le premier, porté par un député LREM, propose d’élargir le dispositif du PTZ (Prêt à taux zéro) aux ménages dont les revenus dépassent le plafond actuel de 37 000 € par an. « Il s’agit de permettre à une frange plus large de la classe moyenne d’accéder à la propriété », a indiqué le député lors de la présentation du texte.
Le second texte, d’origine sénatoriale, vise à créer un fonds de garantie public pour couvrir jusqu’à 30 % du prix d’achat d’un logement neuf pour les ménages modestes. Ce mécanisme permettrait de réduire le montant des apports personnels exigés par les banques, souvent un frein majeur pour les primo-accédants. « Nous voulons casser la spirale de l’endettement qui décourage de nombreux Français », a souligné une sénatrice à l’origine de la proposition.
Des dispositifs existants jugés insuffisants
Malgré ces initiatives, les professionnels du secteur restent sceptiques. « Les mesures actuelles, comme le PTZ ou le Pinel, existent déjà, mais leur efficacité est limitée par des critères trop stricts et un manque de coordination entre les acteurs », estime un économiste spécialisé dans l’immobilier. Selon lui, la hausse des taux d’intérêt depuis 2022 a joué un rôle clé dans ce ralentissement, rendant les crédits immobiliers moins accessibles pour une grande partie des ménages.
Les données de la Banque de France montrent en effet que le taux moyen des crédits immobiliers a atteint 4,2 % en juin 2026, contre 3,1 % en 2023. Cette augmentation de plus d’un point a mécaniquement réduit le pouvoir d’achat immobilier des Français, notamment dans les grandes villes où les prix restent élevés. « Autant dire que, pour un ménage gagnant 3 000 € net par mois, la capacité d’emprunt a diminué de près de 15 % en deux ans », calcule l’économiste.
Dans l’immédiat, les professionnels anticipent une année 2026 en demi-teinte, avec une possible reprise timide en 2027 si les conditions de crédit s’améliorent. Reste à savoir si les mesures législatives en discussion suffiront à redynamiser un marché encore en proie à des incertitudes.
La stagnation s’explique principalement par la hausse des taux d’intérêt, qui a réduit la capacité d’emprunt des ménages, et par un manque de biens disponibles dans certaines régions. Les dispositifs existants comme le PTZ ou le Pinel ne parviennent pas à compenser ces freins structurels.