Alors que le marché immobilier français continue de montrer des signes de reprise, albeit fragile, les professionnels du secteur dressent un état des lieux des ventes de maisons en ce début du mois de juin 2026. BFM Business a réuni ses experts et sa journaliste spécialisée, Marie Coeurderoy, pour analyser les grandes tendances du moment. Une émission qui s’inscrit dans une série de débats hebdomadaires consacrés à l’immobilier et à ses multiples facettes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le marché de la maison affiche une reprise confirmée mais fragile, selon les experts interrogés par BFM Business le 1er juin 2026.
  • Les offres de crédit immobilier deviennent plus agressives, avec des taux qui restent attractifs pour les emprunteurs.
  • Les dispositifs d’aide à l’achat, comme le PTZ familial, pourraient évoluer vers des prêts allant jusqu’à 100 000 euros.
  • Les passoires thermiques et la rénovation énergétique restent des enjeux majeurs, avec de nouvelles mesures législatives en discussion.
  • L’impact des conflits familiaux et des tensions géopolitiques sur l’immobilier est également au cœur des discussions.

Une reprise immobilière sous haute surveillance

Les dernières analyses du marché immobilier, présentées lors de l’émission « Les Experts de l’immo » diffusée le 1er juin 2026 sur BFM Business, confirment une reprise des ventes de maisons en France. Cependant, cette embellie reste fragile et inégale selon les régions. « Les prix se stabilisent dans certaines zones, notamment en Île-de-France, tandis que d’autres territoires, comme le Grand Est ou la Nouvelle-Aquitaine, enregistrent des hausses plus marquées », a expliqué Marie Coeurderoy lors du débat. Les experts soulignent que cette reprise est étroitement liée à l’évolution des taux d’intérêt et à la capacité des ménages à accéder au crédit.

Les données compilées par les professionnels du secteur indiquent une légère augmentation du nombre de transactions par rapport à l’année précédente, mais les volumes restent en deçà des niveaux d’avant-crise sanitaire. « On observe une reprise des ventes, mais elle est lente et ne compense pas encore le déficit accumulé depuis 2020 », a précisé l’un des intervenants, sans citer de chiffres précis. Les régions rurales et périurbaines tirent leur épingle du jeu, portées par la recherche de logements plus spacieux et la généralisation du télétravail.

Des crédits immobiliers plus attractifs, mais des freins persistent

Côté financement, les conditions d’emprunt se sont légèrement assouplies en mai 2026. « Les banques proposent désormais des offres plus agressives, avec des taux fixes qui peuvent descendre sous la barre des 3,5 % pour les meilleurs profils », a indiqué un expert bancaire invité dans l’émission. Cette tendance s’inscrit dans un contexte de concurrence accrue entre établissements financiers, soucieux de relancer l’activité immobilière. Cependant, les critères d’octroi restent stricts : un apport personnel d’au moins 20 % est souvent exigé, et les durées d’emprunt se raccourcissent pour limiter les risques.

Par ailleurs, les dispositifs d’aide à l’achat continuent de jouer un rôle clé. Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) familial, qui pourrait être étendu à des montants allant jusqu’à 100 000 euros dans sa version révisée, suscite un vif intérêt. « Ce prêt reste un levier important pour les ménages modestes, à condition que les plafonds de ressources soient ajustés à la réalité économique actuelle », a souligné un intervenant. Les discussions portent également sur une possible réforme de la garantie Visale, qui pourrait faciliter l’accès à la location pour les jeunes actifs et les travailleurs précaires.

Passoires thermiques et rénovation : un défi toujours d’actualité

Le marché immobilier français reste marqué par la question des passoires thermiques, ces logements mal isolés qui consomment trop d’énergie. « Entre 4 et 5 millions de logements sont concernés en France, soit près de 15 % du parc total », a rappelé un expert en rénovation énergétique lors de l’émission. Les nouvelles réglementations, comme l’interdiction progressive de la location des passoires thermiques prévue par le gouvernement, poussent les propriétaires à engager des travaux. Cependant, des freins persistent : coût élevé des rénovations, complexité administrative, et parfois réticence des copropriétés à se lancer dans des projets d’envergure.

Les aides financières, comme MaPrimeRénov’, jouent un rôle crucial, mais leur efficacité est parfois limitée par des délais d’instruction trop longs et des montants insuffisants pour les ménages les plus modestes. « Il faut simplifier les démarches et augmenter les subventions pour accélérer la transition énergétique du parc immobilier », a plaidé un intervenant. Les discussions sur ce sujet devraient s’intensifier dans les prochains mois, avec l’adoption attendue d’un nouveau projet de loi sur les passoires thermiques.

Conflits familiaux et tensions géopolitiques : quels impacts sur l’immobilier ?

L’émission a également abordé l’influence des conflits familiaux sur le marché immobilier. « Les successions et les divorces génèrent chaque année des milliers de transactions, souvent à des prix bradés pour solder rapidement les biens », a expliqué un notaire invité dans le débat. Ces situations, parfois conflictuelles, peuvent aussi bloquer des ventes pendant des années, en particulier lorsque des indivisions persistent. Les experts recommandent aux familles de privilégier des solutions amiables, comme la donation ou la vente en viager, pour éviter les blocages.

Enfin, les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, sont venues s’ajouter aux incertitudes économiques. « La volatilité des marchés financiers et la hausse des coûts des matériaux de construction ont un impact direct sur les projets immobiliers, notamment pour les promoteurs », a analysé un économiste présent lors de l’émission. Les experts s’interrogent sur la capacité du secteur à absorber ces chocs tout en maintenant une dynamique de reprise.

Et maintenant ?

Plusieurs échéances pourraient influencer le marché immobilier dans les prochains mois. D’abord, l’évolution des taux d’intérêt, dont la baisse progressive dépendra des décisions de la Banque centrale européenne. Ensuite, les annonces gouvernementales sur les aides à la rénovation énergétique et l’extension du PTZ familial, attendues d’ici l’été 2026. Enfin, les élections locales de septembre pourraient redessiner les politiques du logement dans les territoires. Les experts s’attendent à une stabilisation des prix, mais sans exclure des corrections locales en fonction de l’offre et de la demande.

Une chose est sûre : le marché immobilier français reste un secteur en mutation, où chaque décision – qu’elle soit individuelle ou collective – peut faire basculer l’équilibre entre offre et demande. Les prochaines semaines seront déterminantes pour confirmer, ou non, la fragile reprise observée en ce début d’été 2026.

À ce stade, il s’agit d’une proposition en discussion au sein du gouvernement. Aucune décision officielle n’a encore été prise, mais plusieurs sources au sein du ministère du Logement évoquent un élargissement possible des plafonds de ressources et des montants empruntables. Une annonce pourrait intervenir d’ici la rentrée 2026, si le projet est retenu dans le cadre du budget annuel.