La loi de finances 2026 vient de mettre fin à un avantage apprécié des seniors sur leur PER : la déductibilité fiscale des versements après 70 ans. Selon Capital, jusque-là, un retraité pouvait continuer à alimenter son PER et déduire les sommes versées de son revenu imposable, même après avoir liquidé ses droits à la retraite.
Ce qu'il faut retenir
- Le report des plafonds non utilisés pour les plus de 70 ans passe à cinq ans.
- Le plafond maximum de déduction est de 10 % de vos revenus professionnels de l'année précédente.
- Si vous n'utilisez qu'une partie de ce plafond, le reste sera utilisable pendant encore cinq ans.
- Ces deux années de report supplémentaires peuvent changer beaucoup de choses pour quelqu'un dont les revenus varient d'une année sur l'autre.
- Le passage à cinq ans n'est pas rétroactif, cela signifie que cette règle ne s'applique qu'aux plafonds générés à partir de 2026.
- Un exemple de calcul montre que cela peut faire gagner plus de 4 300 euros d'impôt supplémentaires sur un versement.
Concrètement, un médecin libéral encore en activité à 72 ans, ou un senior percevant d'importants revenus fonciers, pouvait verser sur son PER uniquement pour réduire son impôt sur le revenu… parfois sans jamais avoir l'intention de le débloquer. Le PER devenait alors un outil de défiscalisation, voire de transmission patrimoniale – bien loin de son intérêt originel qui est la préparation à la retraite.
Cependant, la loi de finances 2026 a ajouté un nouvel avantage au PER : le report des plafonds qui est désormais de cinq ans. Selon Capital, cela signifie que les versements effectués après le 70e anniversaire du titulaire ne génèrent plus aucune déduction fiscale à l'entrée, mais les plafonds non utilisés peuvent être reportés pendant cinq ans.
Un exemple étant plus parlant, prenons un cadre dont le salaire brut annuel s'élève à 80 000 euros. Son revenu imposable, après déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels, est de 72 000 euros. Son plafond de déduction PER est donc de 7 200 euros par an (imaginons pour simplifier que ce soit le même les cinq années à venir).
Si le titulaire passe cinq années à ne pas alimenter son PER, mais en 2032, ses moyens augmentent et il décide de verser massivement, avec la nouvelle règle des cinq ans, il peut mobiliser ses plafonds non utilisés de 2027 à 2031, soit 36 000 euros de reports, auxquels s'ajoute son plafond 2032 : sa capacité de déduction totale atteint 43 200 euros. À 30 % de tranche marginale d'imposition, l'économie d'impôt dépasse 12 960 euros en un seul versement.
Attention cependant, le passage à cinq ans n'est pas rétroactif. Cela signifie que cette règle ne s'applique qu'aux plafonds générés à partir de 2026. Les plafonds antérieurs restent soumis à l'ancienne règle. Ainsi, en remplissant votre déclaration ce mois-ci, la partie que vous ne déduisez pas de votre PER cette année pourra être mobilisée seulement jusqu'en 2028. C'est à la prochaine déclaration que le report se fera sur cinq ans.
Cette réforme est une bonne nouvelle pour les retraités qui peuvent ainsi bénéficier d'un report des plafonds PER pendant cinq ans, permettant ainsi une gestion plus flexible de leurs finances.
La réforme permet aux retraités de bénéficier d'un report des plafonds PER pendant cinq ans, leur donnant ainsi plus de flexibilité pour gérer leurs finances.
