Les époux Moretti, gérants du bar Le Constellation à Crans-Montana où 41 personnes ont péri dans l’incendie du 1er janvier 2026, seront confrontés ce vendredi 5 juin lors d’une audience judiciaire exceptionnelle à Sion, en Suisse. Selon Franceinfo – Faits divers, cette confrontation inédite vise à confronter leurs versions respectives sur les circonstances de la tragédie, notamment l’éventuelle fermeture de certaines issues de secours.

Ce qu'il faut retenir

  • Une confrontation directe entre Jacques et Jessica Moretti est prévue ce vendredi 5 juin 2026 à Sion, en Suisse.
  • Les deux gérants du bar Le Constellation, où 41 victimes ont péri, seront entendus sous ce nouveau format pour la première fois.
  • Les questions portent notamment sur la fermeture des issues de secours et leurs justifications, qu’ils nient catégoriquement.
  • Jacques Moretti a été brièvement incarcéré avant d’être libéré sous caution, tandis que les deux époux restent sous contrôle judiciaire.
  • Les victimes et leurs familles attendent des réponses claires sur les responsabilités dans cet incendie.

Une confrontation judiciaire inédite pour faire émerger la vérité

Pour la première fois depuis le drame du Nouvel An, les époux Moretti vont être confrontés l’un à l’autre devant la justice suisse. Selon les informations recueillies par Franceinfo – Faits divers, cette audience s’annonce comme un tournant dans l’enquête. L’objectif ? Mettre en lumière d’éventuelles incohérences ou contradictions dans leurs déclarations précédentes. « Cette confrontation est la dernière occasion offerte aux époux Moretti pour dire la vérité, toute la vérité », a déclaré Maître Romain Jordan, avocat de plusieurs victimes, à la radio publique.

Les zones d’ombre qui persistent après deux auditions

Jacques et Jessica Moretti, tous deux Français, ont déjà été entendus à deux reprises par la justice suisse dans le cadre de l’enquête pénale ouverte après l’incendie. Le bar qu’ils dirigeaient, situé dans la station valaisanne de Crans-Montana, était bondé ce soir-là, avec 41 victimes parmi les clients et les employés. Jusqu’à présent, leurs versions des faits n’ont pas varié : ils assurent n’avoir jamais ordonné le verrouillage des issues de secours, une pratique qui aurait pu, selon les enquêteurs, limiter les possibilités d’évacuation.

Leur audition initiale avait soulevé des questions sur les consignes de sécurité appliquées dans l’établissement. Pourtant, ni les époux Moretti ni leurs avocats n’ont, à ce stade, reconnu de responsabilité dans la tragédie. « Notre attente reste la même : obtenir des réponses, connaître la vérité et toutes les responsabilités, afin que cela ne puisse jamais se reproduire », a souligné Maître Jordan auprès de Franceinfo.

Un parcours judiciaire marqué par des rebondissements

Jacques Moretti, qui devait initialement être entendu en avril, avait été exempté pour raisons médicales. Son placement en détention provisoire le 9 janvier 2026, puis sa libération trois semaines plus tard contre une caution de 200 000 francs suisses, avaient marqué les esprits. Son épouse, Jessica Moretti, a quant à elle été placée sous « mesures de contrainte », l’équivalent suisse du contrôle judiciaire en France. Ces deux dispositifs visent à garantir leur présence lors des procédures judiciaires, sans pour autant les priver de liberté.

L’enquête, toujours en cours, tente de déterminer si des manquements aux normes de sécurité ont contribué à l’ampleur du drame. Les autorités suisses ont notamment examiné les rapports des services de secours, les témoignages des rescapés et les vidéos de surveillance de l’établissement. Aucune conclusion définitive n’a encore été rendue publique, mais cette confrontation pourrait accélérer le processus.

Et maintenant ?

Cette audience du 5 juin pourrait permettre aux juges d’évaluer la cohérence des déclarations du couple Moretti. Si des contradictions majeures apparaissent, les enquêteurs pourraient décider de réorienter leurs investigations ou de renforcer les charges contre les gérants. Par ailleurs, les familles des victimes attendent toujours des réponses définitives, alors que les commémorations du premier anniversaire de l’incendie approchent. Une décision judiciaire sur d’éventuelles poursuites supplémentaires pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026.

Les victimes et leurs proches en quête de justice

Pour les familles des 41 victimes, cette confrontation judiciaire représente une étape cruciale. « Les victimes ont besoin de la vérité, pour le deuil comme pour leur reconstruction », a rappelé Maître Jordan. Les proches réclament non seulement une clarification sur les causes techniques de l’incendie, mais aussi sur les éventuelles négligences humaines. Certains témoignages évoquent des portes de secours verrouillées, une pratique illégale en Suisse, qui aurait pu aggraver la catastrophe.

Les associations de victimes, soutenues par des avocats comme Maître Jordan, multiplient les pressions pour que l’enquête aboutisse rapidement. Si cette confrontation ne permet pas d’apporter toutes les réponses, d’autres auditions ou expertises pourraient être ordonnées dans les semaines à venir. La pression médiatique et judiciaire reste forte, alors que la mémoire des victimes doit être honorée dans les meilleurs délais.

Reste à savoir si cette audience du 5 juin apportera les éclairages nécessaires. Une chose est sûre : la quête de vérité pour les familles des victimes ne s’arrêtera pas là.

La confrontation vise à confronter leurs versions respectives sur les circonstances de l’incendie, notamment la fermeture des issues de secours. Les enquêteurs cherchent à vérifier si leurs déclarations sont cohérentes ou si des contradictions apparaissent, ce qui pourrait indiquer une dissimulation ou une négligence.