Un septuagénaire de 78 ans, mis en cause pour avoir tenté d’incendier dans la nuit du 15 au 16 mai 2026 la résidence secondaire du couple Vedovini — grands-parents d’Emile Soleil — située au Haut-Vernet, a tenu des propos pour le moins déconcertants lors de son interrogatoire, comme le rapporte BFM - Faits Divers. Ces déclarations, révélées par la chaîne d’information, révèlent une fascination troublante pour l’affaire Emile, ainsi qu’un discours empreint de confusion.
Le suspect, identifié sous le nom de Roland W., a été placé en garde à vue dès le matin du 16 mai. Dès les premiers échanges avec les enquêteurs, il a évoqué sa curiosité pour la famille Vedovini, allant jusqu’à envisager de prendre rendez-vous avec Philippe Vedovini, avocat de profession. « J’ai lu l’historique sur sa famille et lui. Et aussi sur la famille du petit Emile. Je me suis dit peut-être un jour je pourrai prendre rendez-vous au cabinet de Mr Vedovini. C’était surtout par curiosité pour voir le bonhomme », a-t-il indiqué. Face aux enquêteurs, il a nié tout lien avec le petit Emile, avant d’ajouter : « Malheureusement non. Si j’avais eu un lien, peut-être aurait-je pu intervenir, je ne sais pas. Et éviter ce qu’il s’est passé. »
Ce qu'il faut retenir
- Roland W., 78 ans, est le principal suspect dans l’incendie de la résidence secondaire des Vedovini, grands-parents d’Emile Soleil, survenu dans la nuit du 15 au 16 mai 2026 au Haut-Vernet.
- Lors de son interrogatoire, il a déclaré avoir envisagé de rencontrer Philippe Vedovini « par curiosité », après s’être renseigné sur la famille dans la presse.
- Il a affirmé ne pas avoir de lien avec l’affaire Emile, tout en exprimant une intuition selon laquelle « le ou les coupables se trouvent dans la famille ».
- Un jerrican d’essence a été retrouvé dans son véhicule. Il a justifié sa présence en évoquant une « panne d’essence à prévenir », malgré le prix élevé du carburant.
- Interpellé sur sa présence nocturne au Haut-Vernet, il a évoqué l’hypothèse d’un frère jumeau — qui n’existe pas — ou celle d’une autre personne.
- Le suspect sera jugé le 7 juillet 2026 pour cette infraction, passible d’une peine maximale de 10 ans de prison.
Des déclarations marquées par une fascination pour l’affaire Emile
Les propos tenus par Roland W. lors de son interrogatoire laissent entrevoir une obsession pour l’affaire du petit Emile, disparus dans des circonstances non élucidées. Interrogé sur ses sentiments concernant la disparition du garçon, il a tenu des déclarations pour le moins ambiguës. « Je souhaite que vous trouviez le coupable et qu’il soit puni. Ou les coupables. Ma conviction, c’est que le ou les coupables se trouvent dans la famille. C’est une intuition. Peut-être que je fais un genre de transfert par rapport à l’histoire du petit Grégory », a-t-il expliqué, selon les éléments recueillis par BFM - Faits Divers.
Ces remarques, teintées d’une référence à l’affaire Grégory Villemin, ont de quoi interroger sur l’état d’esprit du suspect. Les enquêteurs ont par ailleurs noté la cohérence de ses propos, malgré leur caractère déroutant. Une expertise psychiatrique a d’ailleurs été réalisée, concluant à l’absence d’altération de ses facultés mentales. « Le rapport affirme qu’il est en possession de ses facultés, sans abolition ni altération de son discernement ou du contrôle de ses actes », précisent les sources judiciaires.
Un projet d’article sur l’ambiance au Haut-Vernet, selon ses dires
Autre élément surprenant : Roland W. a expliqué aux gendarmes s’être rendu au Haut-Vernet la veille de l’incendie, le 15 mai en début d’après-midi, dans l’intention d’écrire un article. « Je voulais écrire un article sur l’ambiance au Vernet aujourd’hui car je passe un certain temps dans l’année aux Pays-Bas et j’ai appris que ce coin du Vernet était très visité par les vacanciers néerlandais dans l’année. Mais depuis cette histoire d’Emile, les gens avaient peur de venir. Je voulais écrire cet article pour moi et après peut-être le proposer à des journaux aux Pays-Bas. Car c’est là que je suis la plupart du temps », a-t-il confié aux enquêteurs.
Cette version des faits, si elle était avérée, pourrait éclairer partiellement les motivations du suspect. Toutefois, elle reste à vérifier au regard des éléments matériels recueillis sur place. Les enquêteurs ont notamment retrouvé un jerrican d’essence dans son véhicule, ce qu’il a tenté d’expliquer en évoquant une prévention de panne. « Le truc d’essence, c’était pour prévenir d’une panne d’essence, en plus vu le prix de l’essence, c’est mieux », a-t-il déclaré, sans convaincre totalement les autorités.
Une présence nocturne au Haut-Vernet et l’hypothèse farfelue d’un frère jumeau
Les gendarmes ont confronté Roland W. aux témoignages selon lesquels sa voiture aurait été aperçue la nuit des faits à proximité de la résidence des Vedovini. Face à ces éléments, le suspect a contesté sa présence sur place, évoquant une hypothèse pour le moins originale : « Mon frère jumeau, c’est une hypothèse. Ou quelqu’un d’autre bien sûr. » Une piste rapidement écartée, le frère jumeau en question n’existant pas.
Cette stratégie de défense, jugée peu crédible, n’a pas permis d’écarter la responsabilité de Roland W. dans l’incendie criminel. Les enquêteurs s’appuient sur les traces matérielles retrouvées, ainsi que sur les déclarations de témoins, pour étayer leur accusation. Le suspect, dont les propos oscillent entre incohérence et justification, devra répondre de ses actes devant la justice le 7 juillet 2026.
Philippe Vedovini évoque un climat de stigmatisation dangereux
Interrogé en tant que victime dans cette affaire, Philippe Vedovini, père d’Emile et avocat de profession, a partagé avec les enquêteurs son inquiétude face à la médiatisation de l’affaire. « Quand on stigmatise les gens comme on a eu droit dans tous les médias de France, il ne faut pas s’étonner qu’un déséquilibré passe aux actes. Je tiens à dire que nous ne sommes pas en sécurité, nous avons peur de ce qui peut arriver », a-t-il déclaré.
Ces propos soulignent l’impact psychologique de l’affaire Emile sur les proches, alors que l’enquête sur la disparition du garçon reste en suspens. La famille Vedovini, déjà éprouvée par les circonstances tragiques entourant la disparition d’Emile, doit désormais faire face à cette nouvelle tentative d’intimidation.
La procédure judiciaire à venir s’annonce complexe, entre l’évaluation de la responsabilité pénale de Roland W. et la poursuite des investigations sur l’affaire Emile. Les proches de la famille Vedovini, quant à eux, restent sous protection policière, dans l’attente de réponses qui tardent à venir.