Les incendies qui ravagent la province de Colombie-Britannique, au Canada, font craindre de lourdes pertes aux viticulteurs locaux, selon BFM Business. La plupart ont dû évacuer et craignent de retrouver des terres calcinées.

Le 7 août, à Bald Range, pas moins de 20.000 personnes ont ainsi dû laisser leurs habitations et leurs biens pour se réfugier dans des zones sécurisées. Parmi eux, les viticulteurs ont encore plus de raisons de s'inquiéter. John Glavina, propriétaire du domaine Giant Head Estate Winery à Summerland, a pris la route quelques heures seulement après le déclenchement de l'incendie avec sa femme, son chien, son passeport et son ordinateur.

Ce qu'il faut retenir

  • Les incendies de forêt en Colombie-Britannique menacent l'industrie viticole locale.
  • Les viticulteurs ont dû évacuer et craignent de retrouver des terres calcinées.
  • La région de l'Okanagan est l'une des principales régions viticoles du Canada.

Les conséquences pour les viticulteurs

John Glavina a laissé derrière lui son exploitation viticole, où 14 tonnes de raisins sont en attente de récolte. « Nous avons pour 45.000 dollars canadiens (28.000 euros) de récolte », a rapporté cet ancien salarié de l'informatique. La vallée de l'Okanagan, où l'incendie fait rage, est l'une des principales régions viticoles du Canada, dotée de différents types de sols qui permettent une production variée de cépages, du merlot au chardonnay.

Même pour les viticulteurs qui ont pu rester dans leurs exploitations, le contrecoup des incendies est difficile à avaler. Dans les heures qui ont suivi le déclenchement de l'incendie, plusieurs domaines viticoles de Summerland ont en effet annoncé leur fermeture immédiate sur les réseaux sociaux. « Il n'y a pratiquement plus de visiteurs, regrette Emma Roberts, propriétaire du domaine Howling Bluff Winery. C'est un énorme coup dur pour nous, surtout à la période la plus occupée de l'année. »

Les défis climatiques

John Glavina, qui a acheté cette ancienne exploitation de pommiers en 2002, voit son secteur agricole de plus en plus exposé aux changements climatiques, dans ce pays qui se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète. S'il connaît cet été sa première évacuation, le viticulteur avait déjà précédemment pâti des fumées des incendies qui avaient imprégné les baies et les fleurs de ses vignes d'une odeur de « cendrier ». En 2021, déjà, une intense vague de chaleur avait menacé de nombreuses cultures dans la région, se rappelle-t-il, rassuré néanmoins d'avoir appris par l'un de ses voisins que son exploitation n'a pas subi cette semaine de dégâts majeurs.

Et maintenant ?

Alors que les secours sont toujours mobilisés pour combattre ces flammes, il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences sur le secteur viticole, comme l'avait indiqué la semaine dernière l'organisation professionnelle Wine Growers British Columbia. Les viticulteurs et les autorités attendent avec anxiété les prochaines échéances, espérant que les incendies seront bientôt maîtrisés pour permettre aux exploitations de reprendre leurs activités.

Les incendies de forêt au Canada soulèvent des questions sur les impacts à long terme des changements climatiques sur l'industrie viticole et sur la nécessité de développer des stratégies d'adaptation pour faire face à ces défis. Les conséquences de ces incendies pourront avoir des répercussions sur l'économie locale et sur la production viticole canadienne, mettant en lumière l'importance de la gestion durable des ressources naturelles et de la prévention des risques climatiques.