Alors que l'été 2026 s'annonce particulièrement difficile pour plusieurs pays européens, les feux de forêt prennent une ampleur sans précédent sur le continent. Plus de 250 000 hectares ont déjà brûlé dans l'Union européenne depuis le début de l'année, une superficie équivalente à celle du Luxembourg, selon les dernières données de la Commission européenne. L'Espagne et le Portugal, deux pays voisins durement touchés, concentrent à eux seuls une part majeure de ces destructions, tandis que les autorités multiplient les mesures d'urgence. Ces chiffres proviennent d'une analyse d'Euronews FR.
Ce qu'il faut retenir
- L'Espagne a enregistré plus de 200 000 hectares brûlés en 2026, soit 0,4 % de son territoire national, selon Copernicus.
- Le Portugal a placé tous ses districts du nord, du centre et de l'Algarve en alerte maximale pour incendies.
- Plus de 90 000 personnes ont été évacuées autour de Madrid et d'Ávila en Espagne.
- L'Union européenne a déjà subi 1 200 feux en 2026, soit plus du double de la moyenne annuelle.
- Les émissions de CO₂ liées aux incendies ont déjà dépassé 8 millions de tonnes dans l'UE, soit l'équivalent d'un an d'émissions d'un citoyen moyen.
- La France a évacué 260 000 personnes, avec des dégâts majeurs en Gironde.
L'Espagne en première ligne des feux de forêt
Avec plus de 200 000 hectares ravagés par les flammes, l'Espagne détient le triste record européen en 2026 de la part de territoire national incendié. Selon les données du programme Copernicus, cela représente environ 0,4 % de la superficie totale du pays. La situation est particulièrement critique dans les régions autour de Madrid et d'Ávila, où les autorités ont dû évacuer plus de 90 000 personnes en quelques jours. Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, a prévenu dès dimanche que « les heures à venir seraient difficiles », alors que les pompiers luttent contre des incendies qui s'étendent sur des zones déjà très sèches.
Les conditions météorologiques, marquées par une sécheresse persistante et des températures élevées, aggravent la propagation des feux. Les autorités espagnoles ont renforcé les dispositifs de surveillance et mobilisé des renforts nationaux et internationaux pour tenter de contenir la crise. Autant dire que la situation reste sous haute tension dans plusieurs régions du pays, où les habitants sont appelés à la plus grande vigilance.
Le Portugal en alerte maximale face à la menace des incendies
De l'autre côté de la frontière, le Portugal fait face à une situation tout aussi critique. Avec 0,3 % de son territoire brûlé, le pays enregistre la deuxième plus forte proportion de terres incendiées au sein de l'Union européenne. Face à l'ampleur de la menace, le gouvernement portugais a placé tous les districts du nord et du centre du pays, ainsi que celui de Faro en Algarve, en alerte maximale. Une mesure exceptionnelle qui illustre l'urgence de la situation.
Les autorités locales ont multiplié les évacuations préventives et interdit toute activité à risque dans les zones les plus exposées. Les pompiers portugais, déjà mobilisés à plein régime, reçoivent le soutien d'équipes européennes venues prêter main-forte. La région de l'Algarve, prisée des touristes, est particulièrement surveillée, alors que la saison estivale bat son plein. Bref, le Portugal se prépare à une bataille difficile contre les flammes, dans un contexte climatique de plus en plus hostile.
La France touchée de plein fouet, l'UE en passe de battre un record
La France n'est pas épargnée par cette vague d'incendies. Le département de la Gironde, dans le Sud-Ouest, a subi les dégâts les plus importants, avec des milliers d'hectares réduits en cendres et des dégâts matériels considérables. Au total, 260 000 personnes ont été évacuées dans plusieurs régions du pays, une mobilisation sans précédent. Les autorités françaises ont activé des plans d'urgence et sollicité l'aide de moyens aériens internationaux pour tenter d'endiguer les feux.
À l'échelle de l'Union européenne, la situation est alarmante. Avec plus de 1 200 feux enregistrés depuis janvier, soit plus du double de la moyenne annuelle de 569, l'UE pourrait connaître sa pire saison d'incendies jamais enregistrée. Les chiffres de la Commission européenne indiquent que plus de 250 000 hectares ont déjà brûlé, et la tendance laisse présager un dépassement du record de 2025, qui s'élevait à 270 000 hectares. Des pays non membres de l'UE, comme l'Ukraine ou le Monténégro, affichent des taux encore plus élevés, soulignant l'ampleur continentale de la crise.
Un impact environnemental majeur : des émissions de CO₂ records
Au-delà des dégâts humains et matériels, les incendies de 2026 ont un impact environnemental dramatique. Selon les estimations de Copernicus, les feux ont déjà rejeté plus de 8 millions de tonnes de CO₂ dans l'atmosphère au sein de l'UE. Pour donner une échelle de comparaison, cela équivaut aux émissions annuelles d'environ 1,4 million de citoyens européens, si l'on se base sur une moyenne individuelle de 5,55 tonnes par an. Ces rejets massifs de gaz à effet de serre risquent d'aggraver encore la crise climatique, dans un cercle vicieux déjà bien engagé.
Les conditions météorologiques prévues pour les prochains jours ne devraient pas améliorer la situation. Copernicus annonce des « précipitations inférieures à la normale » sur une grande partie de l'Europe, de la France aux Alpes jusqu'aux Balkans. Un « déficit maximal » qui pourrait prolonger la sécheresse et favoriser la propagation des feux. Seule la Scandinavie et le nord de l'Europe devraient bénéficier de pluies plus abondantes, limitant temporairement les risques dans ces régions.
Face à l'ampleur des dégâts et aux prévisions météorologiques défavorables, la question n'est plus seulement de savoir comment éteindre les feux actuels, mais comment éviter que des catastrophes similaires ne se reproduisent à l'avenir. Les gouvernements européens devront rapidement trouver des réponses à cette crise qui s'annonce historique.
L'Espagne et le Portugal sont les pays de l'UE les plus touchés, avec respectivement plus de 200 000 et une part significative de leurs territoires incendiés. La France, la Grèce et l'Italie enregistrent également des feux importants, tandis que des pays non membres comme l'Ukraine ou le Monténégro affichent des taux encore plus élevés.
Les incendies sont principalement liés à des conditions climatiques extrêmes : sécheresse prolongée, températures élevées et vents forts. L'absence de précipitations significatives aggrave la situation, tout comme la gestion parfois difficile des forêts et des zones rurales. Le changement climatique joue également un rôle en intensifiant ces phénomènes.