Le député de La France Insoumise (LFI) Aurélien Le Coq a critiqué, le 29 juillet 2026 sur Franceinfo - Politique, la gestion gouvernementale des incendies qui ravagent actuellement plusieurs régions françaises, notamment en Gironde. Selon lui, l’exécutif « ment » sur la disponibilité des moyens aériens et tarde à allouer les ressources nécessaires, appelant à une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour examiner un projet de loi de Finances rectificatif.
Ce qu'il faut retenir
- Le député LFI Aurélien Le Coq accuse le gouvernement de « mensonges » et de « cynisme » dans sa gestion des incendies, citant notamment la disponibilité des avions A400M.
- Quatre pompiers sont décédés et 110 autres blessés depuis le début de l’été 2026, avec 2 500 sapeurs-pompiers et 1 500 militaires mobilisés.
- Le budget de la sécurité civile, passé de 450 millions d’euros en 2017 à 800 millions en 2026, est jugé insuffisant face à une multiplication par 12 du nombre d’incendies et par 7 des surfaces brûlées.
- Le financement des services de secours repose à 90 % sur les collectivités territoriales, alors que ces dernières ont subi une suppression de 12 milliards d’euros sur trois ans et de 1,6 milliard dans le Fonds vert.
- L’élu dénonce également l’abandon de 130 centres d’incendie et de secours en dix ans et la promesse non tenue de 1 000 camions-citernes supplémentaires, dont seulement 500 à 600 sont disponibles.
Interrogé par le journaliste Alexandre Peyrout lors d’un entretien diffusé le 29 juillet 2026, Aurélien Le Coq a d’abord rendu hommage aux victimes des incendies. « Une pensée pour les deux soldats du feu, les deux pompiers qui sont décédés dans cet incendie en Gironde », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Ils sont quatre depuis le début de l’été. Une pensée pour les 110 sapeurs-pompiers blessés et pour les 2 500 engagés aux côtés de 1 500 militaires ». L’élu a également salué « les 220 000 déplacés, les agriculteurs et l’ensemble des habitants de la Gironde qui se mobilisent ».
Sur le plan budgétaire, Aurélien Le Coq a balayé l’argument gouvernemental évoquant un doublement du budget de la sécurité civile. « Le gouvernement fait preuve d’un cynisme absolu », a-t-il asséné. « Ils affirment avoir augmenté ce budget, mais le nombre d’incendies a été multiplié par 12 et les surfaces brûlées par 7. Les 800 millions d’euros alloués ne représentent qu’une goutte d’eau face à l’ampleur des besoins. » L’élu a rappelé que le financement des pompiers repose à plus de 90 % sur les collectivités territoriales, dont les budgets ont été amputés de 12 milliards d’euros en trois ans, tandis que le Fonds vert, dédié à la prévention des incendies, a subi une coupe de 1,6 milliard.
Parmi les exemples avancés par Aurélien Le Coq, la question des avions A400M illustre selon lui les dysfonctionnements gouvernementaux. « Les ministres ont expliqué que ces appareils n’étaient pas prêts, mais c’est un mensonge », a-t-il affirmé, citant une révélation du Canard enchaîné selon laquelle les A400M auraient pu être opérationnels plus tôt. L’élu a rappelé qu’un amendement, adopté le 5 novembre 2025 à l’Assemblée nationale pour équiper ces avions de kits adaptés, avait été rejeté par le gouvernement via le 49.3. « La ministre des Armées a freiné leur mise en service », a-t-il dénoncé, saluant les prises de position de Jean-Luc Mélenchon sur le sujet.
Le député LFI a également pointé du doigt la gestion des Canadair, ces avions bombardiers d’eau. Emmanuel Macron s’était engagé en octobre 2022, après sa réélection, à rénover l’ensemble de la flotte et à en augmenter le nombre de deux. Pourtant, en 2024, seulement sept Canadair étaient opérationnels, contre cinq cloués au sol pour réparations. « Le président a menti », a conclu Aurélien Le Coq. Autre promesse non tenue : celle d’ajouter 1 000 camions-citernes supplémentaires pour les pompiers de forêt. « Sur ces 1 000, seulement 500 à 600 sont aujourd’hui disponibles, alors qu’il en faudrait bien plus », a-t-il précisé.
Face aux critiques sur le ton de son intervention, Aurélien Le Coq a défendu la légitimité de ses propos. « Le plus important est la solidarité envers les Français et les pompiers touchés, mais il faut aussi se demander qui porte la responsabilité de cette situation et comment la résoudre », a-t-il rétorqué. « L’urgence est de régler le problème. Pour cela, le gouvernement doit convoquer une session extraordinaire à l’Assemblée nationale afin d’examiner un projet de loi de Finances rectificatif et mettre enfin les moyens nécessaires sur la table. Sinon, les mégafeux de cette année se reproduiront l’année prochaine, et nous serons tout aussi démunis. »
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte où les incendies battent des records en France. Selon les dernières données disponibles, plus de 220 000 personnes ont été évacuées depuis le début de la saison estivale, tandis que les surfaces brûlées atteignent des niveaux historiques. Les régions du sud-ouest, notamment la Gironde, sont particulièrement touchées, avec des foyers qui restent actifs malgré les moyens déployés.
Cette polémique intervient alors que le gouvernement défend sa politique de rigueur budgétaire, justifiée par un contexte économique tendu. Pourtant, les experts s’accordent à dire que les investissements dans la prévention et la lutte contre les incendies restent insuffisants au regard des risques climatiques accrus. La question des moyens alloués aux services de secours devrait donc rester au cœur des débats politiques dans les mois à venir.
Selon Aurélien Le Coq, le gouvernement a affirmé que les avions A400M n’étaient pas prêts à être utilisés pour lutter contre les incendies, mais le Canard enchaîné a révélé, le 29 juillet 2026, qu’ils auraient pu être opérationnels plus tôt. L’élu dénonce ainsi un manque de transparence et une gestion défaillante des moyens disponibles.
Le budget de la sécurité civile est passé de 450 millions d’euros en 2017 à 800 millions en 2026, selon les chiffres cités par Aurélien Le Coq. Cependant, l’élu souligne que cette hausse reste insuffisante face à l’augmentation exponentielle des incendies et des surfaces brûlées.