Avec plus de 42 000 hectares ravagés par les incendies cet été en Gironde, une pétition intitulée « Pas de fusils sur les cendres » a recueilli 303 805 signatures au 30 juillet, selon Le Figaro. Lancé sur la plateforme Change.org, le texte exige un moratoire immédiat sur la chasse dans les massifs forestiers touchés, afin de protéger les animaux survivants.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 42 000 hectares de forêt ont brûlé en Gironde durant l’été 2026.
  • La pétition « Pas de fusils sur les cendres » a dépassé les 300 000 signatures fin juillet.
  • Elle demande un moratoire immédiat de trois ans sur la chasse dans les zones incendiées.
  • Trois mesures sont proposées : interdiction totale de la chasse, périmètre de protection et moratoire de trois ans.
  • Les noms d’Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu sont cités comme décisionnaires.

Des animaux affaiblis dans un écosystème fragilisé

Les feux qui ont ravagé les forêts de Fontainebleau, des Landes puis de Gironde ont laissé derrière eux des paysages calcinés. Parmi les victimes collatérales figurent les animaux sauvages, dont certains ont survécu aux flammes mais se retrouvent sans abri, sans point d’eau et sans ressources alimentaires. Des vidéos, parfois relayées à tort comme authentiques alors qu’elles étaient générées par intelligence artificielle, ont mis en lumière ces drames. Malgré les interventions de bénévoles et de vétérinaires, certains animaux luttent encore pour leur survie dans ces zones dévastées.

Les revendications de la pétition : silence et protection

Portée par Bruno Valentin, un citoyen se présentant comme « ni expert en écologie, ni politique de carrière », la pétition formule trois demandes précises. La première exige l’interdiction totale de toute forme de chasse – tir, chasse à courre, vénerie sous terre – dans les massifs ayant subi des incendies durant l’été 2026. La seconde propose la mise en place d’un périmètre de protection autour des zones brûlées, afin d’offrir aux animaux un refuge dans les parcelles épargnées. Enfin, le texte plaide pour un moratoire de trois ans minimum, le temps que la végétation se régénère et que les cycles naturels de reproduction reprennent.

Un appel solennel aux plus hautes autorités

Dans son texte, la pétition interpelle directement le président de la République, Emmanuel Macron, et le Premier ministre, Sébastien Lecornu, en les désignant comme « décisionnaires » pour l’adoption de ces mesures. « La nature a besoin de notre silence, mais notre mobilisation doit faire du bruit », peut-on y lire. Le texte exhorte ainsi le gouvernement à ne pas « être le complice d’un second désastre » et à signer un décret instaurant une trêve cynégétique. « Monsieur le Premier ministre, ne soyez pas le complice d’un second désastre. Signez le décret de trêve », insiste la pétition.

« Derrière les arbres calcinés, il y a des survivants. [Il y a] des animaux qui ont échappé aux flammes par miracle, épuisés, affamés, privés de leurs abris et de leurs points d’eau. Pour eux, chaque jour est une lutte pour la survie. Les fusils pourraient résonner à nouveau sur ces terres blessées dès l’ouverture de la saison de chasse. »
— Extrait de la pétition « Pas de fusils sur les cendres »

Un contexte de mobilisation citoyenne et écologique

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de solidarité envers la faune sauvage affectée par les incendies. Des bénévoles et des vétérinaires se sont déployés sur le terrain pour secourir les animaux blessés ou affaiblis. Parallèlement, des plateformes comme Alabri ont permis d’organiser l’hébergement des animaux domestiques évacués et de centraliser les signalements. Les agriculteurs de Gironde se sont également mobilisés aux côtés des pompiers pour lutter contre les feux, illustrant une forme de résilience collective face à la crise.

Les prochaines étapes : entre pression politique et attente des pouvoirs publics

Pour l’heure, aucune réponse officielle n’a été apportée aux revendications portées par la pétition. Les signataires appellent à une mobilisation continue, espérant que les pouvoirs publics prendront en compte l’urgence écologique et sanitaire que représente la situation des forêts incendiées. La saison de chasse, qui s’ouvre traditionnellement en septembre dans plusieurs régions, pourrait devenir un point de friction si le gouvernement ne donne pas suite aux demandes exprimées.

Reste à voir si les autorités répondront favorablement à cet appel, alors que les associations de protection animale et les écologistes multiplient les interventions médiatiques pour alerter sur le risque d’un « second désastre » – celui d’une reprise de la chasse dans des écosystèmes encore fragiles.

Et maintenant ?

La pétition, qui a déjà dépassé les 300 000 signatures, pourrait servir de levier pour interpeller directement les décideurs lors de l’ouverture de la session parlementaire à l’automne. Les associations environnementales, de leur côté, pourraient organiser des actions symboliques ou des recours juridiques si aucune mesure n’est prise d’ici la fin du mois d’août, date limite pour l’adoption de décrets avant la reprise de la chasse. Le gouvernement, sous pression médiatique, devrait rendre publique sa position d’ici la fin du mois de septembre.

Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour savoir si le moratoire demandé sera instauré, ou si la reprise de la chasse s’imposera comme une réalité dans les forêts encore marquées par les flammes.

La pétition exige l’interdiction totale de toutes les formes de chasse : tir, chasse à courre et vénerie sous terre. Ces pratiques sont pointées du doigt pour leur impact potentiel sur les animaux survivants, déjà fragilisés par les incendies.

Le moratoire de trois ans vise à laisser le temps à la végétation de se régénérer et aux cycles naturels de reproduction de reprendre. Les signataires estiment que cette période est nécessaire pour permettre aux écosystèmes de retrouver un équilibre après les incendies.