Face à l’intensité inédite de la saison des incendies en France, le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel (LFI), a demandé au gouvernement de présenter dès la fin août un projet de loi de finances rectificative. L’objectif : mobiliser des crédits supplémentaires pour renforcer les moyens de lutte contre les feux et soutenir les territoires sinistrés. Selon Le Figaro, cette initiative s’appuie sur le constat d’une urgence financière que le député de Seine-Saint-Denis juge impossible à reporter jusqu’à l’examen du budget 2027.
Dans un courrier adressé vendredi au Premier ministre Sébastien Lecornu, Éric Coquerel a souligné l’impérieuse nécessité d’agir sans délai pour « engager les investissements nécessaires au renforcement des capacités opérationnelles de nos services de secours ». Cela concerne aussi bien les moyens aériens que les équipements, les infrastructures ou les effectifs. « Il serait inconcevable d’attendre l’examen du projet de loi de finances pour 2027, dont les crédits ne seraient disponibles qu’au début de l’année prochaine, alors que les besoins sont immédiats », a-t-il écrit.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 117 000 hectares de forêt brûlés en France depuis le début de l’année 2026, selon les derniers chiffres disponibles au 30 juillet.
- En Gironde, l’incendie le plus dévastateur depuis 1949 a ravagé 42 000 hectares, entraînant l’évacuation de plus de 13 000 entreprises.
- Éric Coquerel exige un budget rectificatif pour financer la lutte contre les feux et soutenir les acteurs économiques sinistrés.
- Le député propose des prêts garantis par l’État et des mesures d’accompagnement pour relancer l’activité.
- Le feu en Gironde est désormais « fixé » et ne progresse plus, selon le ministre de l’Intérieur.
Une saison des incendies sans précédent en France
Les chiffres sont alarmants. Depuis le début de l’année 2026, la France a connu la saison des feux la plus intense de son histoire, avec plus de 117 000 hectares de forêt brûlés au 30 juillet. Aucun département n’est épargné, mais la Gironde concentre l’essentiel des dégâts, notamment avec un incendie historique dont l’ampleur n’avait pas été observée depuis 1949. Selon les données officielles, 42 000 hectares ont été ravagés dans ce seul département, où plus de 13 000 entreprises ont dû être évacuées à la fin juillet.
Cette situation a conduit les autorités à déclarer l’état d’urgence dans plusieurs zones, tandis que les moyens de secours, déjà sollicités, peinent à suivre le rythme des départs de feu. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a d’ailleurs confirmé samedi que le mégafeu girondin était désormais « fixé » et ne progressait plus. Un soulagement relatif, alors que les risques de reprise des flammes restent élevés en raison des conditions météorologiques.
Éric Coquerel alerte sur l’urgence des financements
Dans ce contexte, Éric Coquerel a saisi le Premier ministre d’une demande exceptionnelle : la présentation d’un projet de loi de finances rectificative dès la fin août. L’objectif ? Disposer de crédits disponibles sans attendre le budget 2027, dont l’examen ne permettrait de mobiliser des fonds qu’au début de l’année prochaine. « Il serait inconcevable de différer une réponse à une crise qui, elle, ne peut attendre », a-t-il insisté dans son courrier, publié samedi sur son compte X.
Le député insiste sur deux axes prioritaires : d’abord, le renforcement des moyens des services de secours, avec un accent particulier sur les moyens aériens, les équipements et les effectifs. Ensuite, le soutien aux acteurs économiques touchés par les incendies, qu’il s’agisse des collectivités territoriales, des entreprises ou des commerçants. « Les dispositifs d’accompagnement doivent être déployés dans les meilleurs délais », a-t-il souligné, évoquant notamment des prêts garantis par l’État et des mesures ciblées pour faciliter la reprise d’activité.
Un mégafeu en Gironde sous contrôle, mais la vigilance reste de mise
Côté Gironde, la situation s’améliore progressivement. Le mégafeu qui frappe le département depuis plusieurs semaines est désormais « fixé » et ne menace plus de s’étendre, a annoncé Laurent Nuñez samedi. Une nouvelle rassurante, mais qui ne suffit pas à apaiser toutes les craintes. Les autorités maintiennent en effet un niveau de vigilance maximal, notamment dans le Var, où le risque d’incendie est jugé « très haut » pour la journée de samedi entre 16 heures et 22 heures.
Les mesures de prévention restent donc strictes, avec des restrictions d’accès dans les zones sensibles et une surveillance accrue des massifs forestiers. Parallèlement, les dispositifs d’aide aux entreprises sinistrées se mettent en place, bien que leur déploiement complet prenne du temps. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, avait déjà indiqué fin juillet que plus de 13 000 entreprises avaient dû être évacuées, soulignant l’ampleur des dégâts économiques dans la région.
Quelles aides pour les entreprises sinistrées ?
Face à l’ampleur des dégâts, les entreprises évacuées ou détruites par les incendies en Gironde pourraient bénéficier de plusieurs dispositifs d’aide. Selon les annonces du gouvernement, des prêts garantis par l’État seraient proposés pour faciliter la relance de l’activité, tandis que des mesures fiscales et sociales pourraient être mises en place pour soulager les commerçants et artisans. Les modalités exactes de ces dispositifs restent cependant à préciser, les autorités devant finaliser leur mise en œuvre dans les prochaines semaines.
Par ailleurs, les collectivités locales pourraient bénéficier de fonds exceptionnels pour reconstruire les infrastructures endommagées, notamment dans les zones résidentielles et touristiques. La question des assurances et des indemnisations, souvent complexes à obtenir en cas de catastrophe naturelle, sera également au cœur des discussions dans les mois à venir.
Un appel à la solidarité nationale
Au-delà des mesures financières, Éric Coquerel a également insisté sur la nécessité d’une « solidarité nationale » pour faire face à cette crise. Les collectivités territoriales, souvent en première ligne, appellent à un soutien renforcé de l’État, tant sur le plan logistique que financier. Les acteurs économiques, quant à eux, réclament des réponses rapides pour éviter une fermeture définitive de leurs établissements, alors que la saison touristique, cruciale pour certaines régions, est déjà fortement impactée.
Les prochaines semaines seront donc déterminantes. Le gouvernement devra arbitrer entre l’urgence des besoins immédiats et la nécessité de préparer un plan de reconstruction à moyen terme. Une chose est sûre : la saison 2026 restera dans les mémoires comme celle d’une crise majeure, exigeant des réponses à la hauteur des défis posés.
Face à l’ampleur de la crise, la question se pose désormais : comment éviter que ces incendies, de plus en plus fréquents et intenses, ne deviennent une norme en France ? La réponse dépendra en grande partie des choix budgétaires et des investissements réalisés dans les mois à venir.
Les entreprises touchées par les incendies pourraient bénéficier de prêts garantis par l’État pour relancer leur activité, ainsi que de mesures fiscales et sociales ciblées. Des fonds exceptionnels pourraient également être débloqués pour reconstruire les infrastructures endommagées, notamment dans les zones résidentielles et touristiques. Les modalités exactes de ces dispositifs sont en cours de finalisation par les autorités.