Alors que la France fait face à une saison estivale marquée par des incendies d’ampleur, notamment celui de Saumos (Gironde) qui a débuté le 22 juillet 2026, le député Rassemblement national (RN) du Loiret, Thomas Ménagé, a proposé une mesure choc pour renforcer les moyens de lutte contre les feux de forêt. Selon Franceinfo – Politique, il suggère d’utiliser les fonds actuellement versés au budget de l’Union européenne pour financer directement l’achat de moyens aériens et terrestres en France.

Ce qu’il faut retenir

  • Un manque de moyens dénoncé par Thomas Ménagé pour protéger les forêts françaises, après l’incendie de Saumos (Gironde).
  • Une augmentation de 6 milliards d’euros de la contribution française au budget de l’UE en 2026, selon le député RN.
  • La proposition de réduire de moitié la contribution nette de la France à l’UE si le RN arrive au pouvoir en 2027.
  • 10 000 camions de lutte contre les incendies jugés nécessaires par Thomas Ménagé pour une protection efficace des forêts.
  • Une coopération européenne reconnue, mais des moyens jugés insuffisants par rapport aux contributions françaises.

Des moyens jugés insuffisants face à l’ampleur des incendies

Thomas Ménagé a vivement critiqué, jeudi 30 juillet 2026 sur les ondes de Franceinfo, le manque de préparation face à la multiplication des incendies en France. « Il y a un manque de moyens pour pouvoir être en capacité de défendre nos forêts », a-t-il déclaré, évoquant l’incendie de Saumos, qui a mobilisé d’importants moyens humains et matériels. Pour lui, « c’est le rôle des gouvernants de prévoir », et certains manquements ne peuvent plus être tolérés. Alors que les feux de forêt s’intensifient avec le changement climatique, le député du Loiret estime que l’État n’a pas anticipé suffisamment les besoins en matériel et en personnel.

Selon ses calculs, la France a vu sa contribution au budget européen augmenter de 6 milliards d’euros cette année. « Ces 6 milliards pourraient être directement utilisés en France », a-t-il affirmé. Une somme qu’il propose de réaffecter à l’achat de moyens de lutte contre les incendies, comme des avions bombardiers d’eau (Canadair) ou des camions de pompiers.

Une réduction de la contribution française à l’UE au cœur du débat

Le RN, dont Thomas Ménagé est le porte-parole à l’Assemblée nationale, milite pour une réduction « de moitié » de la contribution nette de la France à l’Union européenne si le parti arrive au pouvoir lors des élections de 2027. Une mesure présentée comme un moyen de « récupérer » des fonds pour financer des politiques nationales, notamment la protection des forêts. « Il y a de l’argent français qui part au sein de l’Union européenne et qui revient de manière moins importante », a-t-il souligné, tout en se disant « pour la coopération » européenne.

Le député a également insisté sur la nécessité de renforcer les moyens terrestres, estimant qu’il faudrait « atteindre 10 000 camions de lutte contre les feux de forêt » pour couvrir efficacement le territoire. À ses yeux, certaines compétences, comme la protection des forêts, doivent rester du ressort national. « Il y a des compétences qui pour nous doivent être et rester nationales », a-t-il rappelé.

Un contexte marqué par des incendies dévastateurs

Depuis le début de la saison estivale 2026, plus de 117 000 hectares ont déjà brûlé en France, selon les chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur. Cette année s’inscrit dans la continuité des saisons précédentes, où les incendies ont pris une ampleur inédite, alimentés par des températures record et des périodes de sécheresse prolongées. Face à cette situation, l’État a mobilisé des moyens exceptionnels, avec l’envoi de renforts européens, notamment des avions bombardiers d’eau, pour soutenir les équipes locales en Gironde.

Pour autant, les critiques sur l’insuffisance des moyens persistent. Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annulé ses vacances pour rester à Matignon et incarner un « État mobilisé », des voix s’élèvent pour demander des mesures supplémentaires. La députée LFI Aurélien Le Coq, par exemple, a réclamé un « projet de loi de Finances rectificatif » pour « mettre les moyens sur la table ». Une position partagée par Monique Barbut, ancienne secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, à qui le Premier ministre a demandé de nouvelles mesures « concrètes » d’adaptation au changement climatique.

« C’est le rôle des gouvernants de prévoir et un certain nombre de choses n’ont pas été prévues. »
— Thomas Ménagé, député RN du Loiret, le 30 juillet 2026 sur Franceinfo

Et maintenant ?

La proposition de Thomas Ménagé s’inscrit dans un débat plus large sur la gestion des feux de forêt en France, où la question des moyens financiers et humains reste centrale. Si le RN venait à remporter les élections de 2027, une réduction de la contribution française à l’UE pourrait être envisagée, mais son application concrète dépendrait des négociations avec les autres États membres. D’ici là, l’État devrait trancher sur l’urgence à donner aux renforts matériels et humains, alors que la saison des incendies n’est pas encore terminée. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’efficacité des mesures prises et ajuster, si nécessaire, les politiques de prévention et de lutte.

Alors que les températures restent élevées et que les risques de nouveaux départs de feu persistent, la question des moyens alloués à la lutte contre les incendies reste plus que jamais d’actualité. Entre coopération européenne et souveraineté nationale, le débat est loin d’être tranché.

Le Rassemblement national estime que la contribution nette de la France au budget européen, soit 6 milliards d’euros supplémentaires en 2026, pourrait être réaffectée à des dépenses nationales prioritaires, comme l’achat de moyens de lutte contre les incendies. Selon Thomas Ménagé, ces fonds permettraient d’acheter des Canadair et des camions sans alourdir le budget de l’État.