Selon BFM Business, l’Inde et les États-Unis sont sur le point de finaliser la première phase d’un accord commercial bilatéral, après des négociations tendues qui s’éternisent depuis près d’un an. Le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, a confirmé ce lundi 1er juin 2026 que 99 % des points litigieux avaient été résolus, ne laissant que « quelques détails de ponctuation » à ajuster avant la signature du texte.

Ce qu'il faut retenir

  • Le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, estime que 99 % des questions ont été réglées dans le cadre des négociations commerciales entre l’Inde et les États-Unis.
  • Seuls « quelques détails de l’ordre des virgules et des points » restent à finaliser avant la signature de la première tranche de l’accord.
  • Un accord bilatéral est attendu dans les « prochaines semaines », selon l’ambassadeur américain en Inde, Sergio Gor, interrogé la semaine dernière.
  • L’objectif des deux pays est d’atteindre 500 milliards de dollars d’échanges annuels d’ici 2030.
  • Les tensions commerciales récentes, marquées par des surtaxes douanières, ont ralenti les discussions, notamment après l’invalidation par la Cour suprême américaine d’une hausse des droits de douane décidée par Donald Trump.
  • Les sanctions américaines contre l’Inde, comme la surtaxe de 50 % sur les importations indiennes en 2025, ont été suspendues en mars 2026 pour limiter l’impact sur les prix des hydrocarbures.

Un accord imminent après des mois de négociations

Les pourparlers entre New Delhi et Washington, entamés il y a plus d’un an, ont connu des hauts et des bas, notamment en raison des tensions commerciales persistantes. Pourtant, ce lundi 1er juin, le ministre indien du Commerce, Piyush Goyal, a affiché un optimisme mesuré devant la presse : « Je suis persuadé que nous allons pouvoir conclure et signer la première tranche de cet accord bilatéral », a-t-il déclaré. Selon lui, la quasi-totalité des sujets a été tranchée, ne laissant plus que des ajustements techniques sur la formulation du texte.

Cette annonce survient alors qu’une délégation américaine est arrivée à New Delhi pour trois jours de discussions supplémentaires, censées permettre de boucler définitivement l’accord. Dans un entretien accordé à la presse locale la semaine dernière, l’ambassadeur des États-Unis en Inde, Sergio Gor, avait déjà évoqué une signature « dans les prochaines semaines ». Autant dire que les observateurs s’attendent à un dénouement rapide.

Un contexte marqué par les tensions commerciales et géopolitiques

Les relations commerciales entre les deux pays ont été mises à mal ces dernières années, en raison notamment de mesures protectionnistes. En février 2025, lors d’une rencontre entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre indien Narendra Modi à la Maison Blanche, les deux dirigeants s’étaient fixé un objectif ambitieux : porter la valeur annuelle de leurs échanges à 500 milliards de dollars d’ici 2030. Un chiffre qui dépasse largement le volume actuel, estimé à environ 200 milliards de dollars en 2026.

Cependant, les discussions ont été régulièrement perturbées par des décisions unilatérales. En 2025, la Cour suprême américaine avait invalidé une hausse des droits de douane décidée par l’administration Trump, ce qui avait poussé Washington à imposer une nouvelle augmentation unilatérale de 10 % sur les produits indiens. Cette mesure avait été perçue comme une provocation par New Delhi, déjà sous le coup de sanctions américaines pour ses achats de pétrole russe.

En représailles à l’achat par l’Inde de brut russe, accusé de financer l’effort de guerre de Moscou en Ukraine, les États-Unis avaient instauré en 2025 une surtaxe de 50 % sur les importations indiennes. Cette décision avait été suspendue en mars 2026 pour atténuer la flambée des prix des hydrocarbures, consécutive à la guerre au Moyen-Orient. Une décision qui a permis de relancer partiellement le dialogue commercial entre les deux nations.

Les enjeux économiques et géopolitiques derrière cet accord

Pour l’Inde, la signature de cet accord commercial représente une opportunité de renforcer ses exportations vers le marché américain, tout en diversifiant ses partenariats économiques. Le pays, qui cherche à s’imposer comme une puissance manufacturière alternative à la Chine, pourrait ainsi bénéficier d’un accès privilégié au premier marché mondial. Pour les États-Unis, il s’agit de consolider leur influence en Asie du Sud, face à la montée en puissance de Pékin dans la région.

Bref, cet accord s’inscrit dans une logique de rééquilibrage des échanges mondiaux, alors que les tensions entre les grandes puissances économiques persistent. Il pourrait également servir de levier pour New Delhi dans ses négociations avec d’autres partenaires, comme l’Union européenne ou le Japon.

Quelles suites après la signature de la première tranche ?

Si la première phase de l’accord est finalisée dans les prochaines semaines, les deux pays devraient ensuite engager des discussions pour étendre la coopération commerciale à d’autres secteurs. Plusieurs observateurs s’interrogent déjà sur les prochaines étapes : l’accord portera-t-il uniquement sur des réductions tarifaires, ou inclura-t-il des dispositions sur les services, les investissements ou les technologies ?

D’après les informations disponibles, les négociations devraient se concentrer dans un premier temps sur des secteurs clés comme l’agriculture, les produits pharmaceutiques et les services financiers. Une fois ces questions réglées, les deux pays pourraient aborder des sujets plus sensibles, comme les subventions aux industries locales ou les normes environnementales.

Et maintenant ?

La signature de la première tranche de l’accord commercial entre l’Inde et les États-Unis devrait intervenir d’ici la fin du mois de juin 2026, selon les dernières déclarations officielles. Une fois le texte adopté, les deux pays devraient rapidement mettre en place des mécanismes de suivi pour évaluer l’impact de cette coopération sur leurs économies respectives. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si cet accord ouvre la voie à une relation commerciale plus stable, ou s’il reste limité à une première étape symbolique.

Côté indien, le gouvernement de Narendra Modi mise sur cet accord pour relancer une croissance économique en ralentissement, tandis que Washington cherche à renforcer son ancrage en Asie face à la Chine. Reste à voir si les promesses commerciales se traduiront par des actes concrets, ou si les tensions géopolitiques ne viendront pas, une fois de plus, freiner les ambitions des deux parties.

Selon les informations disponibles, les discussions initiales devraient porter sur l’agriculture, les produits pharmaceutiques, les services financiers et certains biens manufacturés. Les détails précis n’ont pas encore été rendus publics, mais ces secteurs sont traditionnellement au cœur des négociations entre les deux pays.

Les sanctions américaines contre l’Inde, notamment la surtaxe de 50 % sur les importations indiennes en 2025, ont été suspendues en mars 2026 pour limiter l’impact sur les prix des hydrocarbures. Cette décision a permis de relancer le dialogue commercial, mais le sujet reste sensible. Si l’Inde continue d’acheter du pétrole russe, les États-Unis pourraient réactiver certaines mesures, ce qui compliquerait les négociations.