Près de 5,2 millions d'habitants des îles de Bornéo et de Sumatra sont actuellement exposés aux fumées des incendies ravageant l'Indonésie, a annoncé le gouvernement local ce 28 août 2026, selon Franceinfo – Faits divers avec l'AFP. Depuis le début de l'année, plus de 200 000 hectares ont été détruits par les flammes, aggravant une situation déjà critique en raison d'un épisode El Niño particulièrement intense.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 5,2 millions d'habitants exposés aux fumées des incendies en Indonésie, principalement à Bornéo et Sumatra
  • 13 500 personnes soignées pour infections respiratoires en juillet et août 2026
  • 200 000 hectares brûlés depuis janvier 2026, soit trois fois la superficie de Jakarta
  • Plus de 4 millions de litres d'eau largués par les autorités, et 8 000 kg de sels répandus pour favoriser les pluies
  • Distribution de 5 millions de masques, prioritairement aux populations vulnérables (enfants, personnes âgées, femmes enceintes)
  • Des fumées ont atteint la Malaisie et Singapour, entraînant des problèmes de santé locaux

Une crise sanitaire et écologique majeure

Les incendies, qui ravagent l'archipel depuis plusieurs semaines, ont déjà des conséquences dramatiques sur la santé publique. Entre juillet et août 2026, près de 13 500 Indonésiens ont été pris en charge pour des infections respiratoires aiguës, selon les données officielles. Plusieurs écoles ont dû suspendre les cours, tandis que la visibilité sur les routes est devenue quasi nulle dans certaines zones, comme en témoignent les images prises à Palangkaraya, capitale du Kalimantan central.

Sur le plan environnemental, la situation est tout aussi alarmante. Depuis le début de l'année, les feux ont détruit plus de 200 000 hectares de forêt et de terres agricoles, une superficie équivalente à trois fois la taille de la capitale Jakarta. Cette année, l'Indonésie fait face à un épisode El Niño particulièrement sévère, favorisant une sécheresse prolongée et une propagation rapide des incendies.

Des moyens exceptionnels déployés pour endiguer les flammes

Face à l'ampleur de la catastrophe, les autorités indonésiennes ont mis en place une stratégie de lutte renforcée. Plus de 4 millions de litres d'eau ont été largués par avion et hélicoptère sur les zones les plus touchées ces dernières semaines. Parallèlement, l'État a recours à l'ensemencement des nuages : mercredi dernier, 8 000 kg de sels ont été répandus dans l'atmosphère afin de stimuler des précipitations artificielles. Ces opérations ont permis d'obtenir des pluies légères à modérées dans plusieurs régions de Sumatra et de Bornéo cette semaine.

Malgré ces efforts, les fumées continuent de s'étendre au-delà des frontières indonésiennes. La Malaisie et Singapour ont également signalé une hausse des cas de troubles respiratoires, poussant les autorités locales à renforcer les mesures de protection sanitaire. À Singapour, les niveaux de pollution atmosphérique ont frôlé des seuils critiques, incitant les habitants à limiter leurs déplacements en extérieur.

Une réponse sanitaire ciblée sur les populations vulnérables

Pour limiter l'impact des fumées sur la population, le gouvernement indonésien a distribué plus de 5 millions de masques depuis le début de la crise. Une attention particulière a été portée sur les groupes les plus à risque, notamment les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les asthmatiques et les travailleurs évoluant en extérieur. Les écoles des zones les plus exposées ont été fermées temporairement, et les activités sportives en plein air ont été suspendues dans plusieurs villes.

Malgré ces mesures, les hôpitaux locaux font face à une saturation des services. Les centres de santé rapportent une augmentation de 30 à 40 % des consultations pour des problèmes liés à la pollution de l'air, un phénomène qui pourrait s'aggraver si la saison sèche se prolonge. Les experts craignent également un impact durable sur la biodiversité, notamment dans les zones de Kalimantan, où les orangs-outans et d'autres espèces protégées voient leur habitat naturel réduit en cendres.

Et maintenant ?

La situation reste très incertaine, car les prévisions météorologiques pour les prochaines semaines indiquent un risque persistant de sécheresse. Les autorités indonésiennes ont prévu d'intensifier leurs opérations de lutte contre les incendies, avec un accent mis sur la prévention pour les prochains mois. Une réunion d'urgence des pays de l'ASEAN est également programmée pour le 10 septembre 2026, afin de coordonner une réponse régionale face à cette crise environnementale.

Cette catastrophe met en lumière les défis liés à la gestion des feux de forêt en Asie du Sud-Est, où les pratiques agricoles sur brûlis et les conditions climatiques extrêmes s'entremêlent pour aggraver les risques. Pour les habitants des régions touchées, la priorité reste la protection de leur santé, tandis que les autorités tentent de préserver ce qui peut encore l'être de leurs écosystèmes.

Les incendies sont principalement dus à la combinaison de conditions climatiques extrêmes liées à l'épisode El Niño, qui aggrave la sécheresse, et aux pratiques agricoles traditionnelles consistant à défricher les terres par le feu. Ces méthodes, bien que courantes, échappent souvent au contrôle et peuvent dégénérer en feux incontrôlables, surtout en période de chaleur intense et de vents forts.