« J’ai parfois cinq ou six amants en parallèle, mais je ne me considère pas comme infidèle », déclare Eliane, 70 ans, qui assume sans complexe sa vie sentimentale non monogame auprès de son mari. Une position radicale, rapportée par Libération, qui illustre une réalité souvent passée sous silence dans les couples seniors.
Selon Libération, cette femme, qui a demandé à conserver son anonymat, n’a jamais envisagé la fidélité exclusive avec son conjoint depuis leur union il y a plus de quarante ans. Son discours tranche avec les normes sociales traditionnelles, même si les pratiques de polyamour ou de relations ouvertes gagnent en visibilité chez les générations plus jeunes.
Ce qu'il faut retenir
- Eliane, 70 ans, assume ouvertement entre cinq et six relations amoureuses simultanées avec son mari.
- Elle ne se considère pas comme infidèle, une position radicale dans un couple de plus de quarante ans d’union.
- Son témoignage, recueilli par Libération, s’inscrit dans un contexte où les relations non exclusives se démocratisent, notamment chez les seniors.
- Cette série, dont son récit est le premier épisode, explore les différentes facettes de l’infidélité assumée.
Une vie sentimentale non conventionnelle après 70 ans
Eliane n’est pas une exception. Selon Libération, de plus en plus de seniors revisitent les codes du couple traditionnel, que ce soit par choix ou par nécessité. « Je n’ai jamais aimé l’idée d’être enfermée dans un cadre », explique-t-elle. Son mari, bien que conscient de ses relations parallèles, ne s’y oppose pas, précise-t-elle. Une tolérance mutuelle qui semble centrale dans leur dynamique.
Son parcours rejoint celui d’autres femmes et hommes de sa génération qui, après des décennies de vie commune, décident de repenser leur relation. « On a élevé nos enfants, on a construit une vie matérielle, maintenant on a le droit de vivre comme on l’entend », confie-t-elle. Une liberté qu’elle assume pleinement, malgré les regards parfois désapprobateurs de son entourage.
L’infidélité assumée : un phénomène en hausse chez les seniors ?
Les données disponibles sur l’infidélité chez les plus de 60 ans restent rares, mais les témoignages comme celui d’Eliane suggèrent une tendance émergente. Selon Libération, les plateformes de rencontres destinées aux seniors, comme OurTime ou Les Séniors Connectés, enregistrent une hausse des profils cherchant des relations non exclusives. « Les gens de notre âge ont envie de vivre pleinement, sans les contraintes d’autrefois », observe un responsable de l’une de ces plateformes.
Pour autant, cette pratique ne fait pas l’unanimité. Certains sociologues y voient une forme d’émancipation tardive, tandis que d’autres s’interrogent sur l’impact émotionnel pour les conjoints. « Le vieillissement de la population et l’allongement de l’espérance de vie poussent à repenser les modèles familiaux », note un expert en sociologie des relations, cité par Libération. Une évolution sociétale qui questionne les fondements mêmes du couple.
Cette série s’inscrit dans un débat plus large sur la réinvention du couple à l’ère du vieillissement démographique. Si les relations non monogames restent minoritaires, elles reflètent une quête de liberté qui s’étend bien au-delà des générations habituellement associées à l’innovation sociale.
Eliane explique organiser ses emplois du temps avec rigueur pour concilier ses cinq à six relations, sans que ses partenaires ne se connaissent. Elle évoque une forme de « compartimentation » de sa vie sentimentale, où chaque relation occupe un espace et un temps dédiés, sans empiéter sur les autres.