Deux ans après leur sortie d'études, les lycéens professionnels et les apprentis de niveau CAP à BTS connaissent une légère baisse de leur insertion professionnelle en juillet 2025. C'est ce que révèlent les dernières données des ministères de l'Éducation nationale et du Travail, analysées par BFM Business. Cette tendance s'inscrit dans un contexte de ralentissement général de l'emploi des jeunes en France.

Ce qu'il faut retenir

  • En juillet 2025, 59 % des diplômés de CAP à BTS occupent un emploi salarié deux ans après leur sortie, soit une baisse de 2,3 points par rapport à la génération précédente.
  • Le taux d'emploi à durée indéterminée recule à 27 % (-1,7 point), reflétant l'impact du ralentissement économique sur la qualité des contrats.
  • L'apprentissage résiste mieux avec un taux d'emploi salarié de 73 %, dont 68 % dans le secteur privé, tandis que les diplômés de BTS affichent une progression légère (+1,1 point).
  • Les spécialités « services à la collectivité » (67 %) et « transport, manutention, magasinage » (65 %) offrent les meilleurs débouchés.
  • Le taux d'emploi varie selon le diplôme : 70 % pour les BTS, 57 % pour les bacheliers professionnels et 41 % pour les titulaires de CAP.

Un contexte économique moins favorable pour les jeunes diplômés

L'insertion professionnelle des jeunes issus de formations professionnelles (CAP, BP, bac pro) et d'apprentissage affiche un léger recul en 2025, selon les études conjointes de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) et de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), publiées jeudi. Les auteures de ces notes soulignent que cette évolution « s'inscrit dans un contexte de ralentissement de l'emploi des jeunes », marqué par une conjoncture économique moins dynamique que par le passé.

Deux ans après leur sortie, 59 % des anciens lycéens professionnels et étudiants de niveau CAP à BTS (bac+2) occupent un emploi salarié, contre 61,3 % pour la promotion 2022. Parmi eux, 51 % travaillent dans le secteur privé. Si ce taux reste supérieur de 13,6 points à celui mesuré six mois après l'obtention du diplôme, il confirme une tendance à la baisse pour les cohortes récentes.

Le CDI en recul, signe d'un marché du travail moins stable

La part des emplois à durée indéterminée (CDI ou statut de fonctionnaire) recule également en 2025, s'établissant à 27 %, soit une diminution de 1,7 point par rapport à 2022. Cette baisse illustre les difficultés rencontrées par les jeunes diplômés pour accéder à des contrats stables, dans un marché du travail où les employeurs privilégient davantage les contrats courts ou l'intérim.

Les spécialités les plus porteuses se concentrent dans les secteurs des services à la collectivité — notamment la sécurité et le nettoyage, avec un taux d'emploi de 67 % — ainsi que dans le domaine du transport, de la manutention et du magasinage, où 65 % des diplômés trouvent un emploi. À l'inverse, certaines filières peinent encore à offrir des débouchés immédiats, reflétant des déséquilibres persistants entre l'offre de formation et les besoins des entreprises.

L'apprentissage et le BTS, des filières qui résistent mieux

Parmi les différents parcours, l'apprentissage reste le plus efficace en termes d'insertion. En juillet 2025, 73 % des apprentis occupent un emploi salarié deux ans après leur diplôme, un taux quasi stable par rapport à 2022 (-0,4 point). 68 % d'entre eux travaillent dans le secteur privé, et près de la moitié (48 %) bénéficient d'un contrat à durée indéterminée, soit presque deux fois plus que les anciens lycéens professionnels. Cependant, même cette voie n'est pas épargnée par le ralentissement, avec une légère baisse de 1,3 point pour les CDI.

Côté diplômes, les écarts sont marqués. Les titulaires d'un BTS affichent le meilleur taux d'emploi à deux ans, avec 70 % d'entre eux en poste, en progression de 1,1 point par rapport à la génération précédente. Les bacheliers professionnels suivent avec 57 %, tandis que les titulaires d'un CAP ou d'un brevet professionnel enregistrent un taux de 41 %. Pour ces derniers, l'insertion recule légèrement (-1,1 point), confirmant une tendance déjà observée les années précédentes.

Des disparités selon les secteurs et les niveaux de diplôme

Les données révèlent aussi des différences sensibles entre les domaines de formation. Les sortants de formations relevant de la production (industrie, artisanat) s'en sortent mieux que ceux issus du domaine des services, avec des taux d'emploi respectifs de 77 % et 70 %. Cette hiérarchie reflète en partie la demande des entreprises, plus dynamique dans les secteurs industriels que dans certains segments du tertiaire.

À l'inverse, les filières les moins porteuses restent celles où l'offre de main-d'œuvre dépasse largement la demande, comme certains métiers du commerce ou de l'hôtellerie-restauration. Ces écarts soulignent l'importance, pour les jeunes, de bien choisir leur orientation en fonction des débouchés réels du marché, un enjeu que le gouvernement semble vouloir mieux prendre en compte avec des outils comme l'InserScore, un indicateur destiné à valoriser les filières professionnelles qui recrutent.

Et maintenant ?

Si le ralentissement de l'emploi des jeunes s'inscrit dans un contexte économique plus large, les prochains mois pourraient voir une stabilisation, voire une reprise, selon les prévisions de la Banque de France. Les indicateurs conjoncturels laissent entrevoir une légère amélioration d'ici la fin de l'année 2026, mais les incertitudes restent nombreuses, notamment en raison des tensions sur le pouvoir d'achat et des politiques budgétaires en cours. Les ministères de l'Éducation et du Travail devraient publier de nouvelles données en janvier 2026, qui permettront d'affiner l'analyse de cette tendance.

La question de l'adéquation entre les formations professionnelles et les besoins des entreprises reste centrale. Face à des taux d'emploi qui varient du simple au double selon les spécialités, les pouvoirs publics pourraient renforcer les dispositifs d'orientation et d'accompagnement vers les métiers en tension. L'apprentissage, déjà plébiscité pour son efficacité, devrait continuer à jouer un rôle clé dans l'insertion des jeunes, à condition que les entreprises maintiennent leurs engagements en matière de recrutement.

Reste à savoir si cette légère baisse de l'insertion en 2025 n'est qu'un contrecoup temporaire ou le signe d'un changement plus structurel du marché du travail pour les jeunes diplômés de niveau CAP à BTS.

D'après les données, les filières les moins porteuses en termes de taux d'emploi à deux ans sont celles où l'offre de main-d'œuvre dépasse la demande, notamment certains métiers du commerce ou de l'hôtellerie-restauration. Les titulaires de CAP dans ces secteurs enregistrent les taux d'emploi les plus faibles, autour de 41 %, en baisse par rapport aux générations précédentes.