Le président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de l'Oise, Régis Desrumaux, a présenté vendredi 31 juillet ses excuses publiques à Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts (EELV), après l'avoir qualifiée d'« grosse salope » sur Facebook en réaction à un message critiquant la loi d'urgence agricole.
Ce qu'il faut retenir
- Régis Desrumaux, président de la FDSEA de l'Oise, a reconnu avoir utilisé des propos « inappropriés » envers Marine Tondelier et a présenté des excuses publiques.
- L'incident survient dans le cadre du vote de la loi d'urgence agricole, qui autorise temporairement l'utilisation de deux pesticides interdits en France.
- Marine Tondelier avait exigé des excuses publiques sous peine de poursuites judiciaires, avant d'obtenir gain de cause.
- Plusieurs personnalités politiques de gauche, dont Manuel Bompard (LFI) et Olivier Faure (PS), ont apporté leur soutien à la députée écologiste.
- La loi controversée prévoit notamment la réintroduction dérogatoire de l'acétamipride et du flupyradifurone pour certaines cultures.
Un échange public marqué par des insultes et une exigence de réparation
Selon BFM - Politique, Régis Desrumaux, exploitant agricole et responsable syndical, a reconnu vendredi avoir utilisé des propos « inappropriés » à l'encontre de Marine Tondelier. Dans une publication Facebook, il a écrit : « Les mots que j'ai employés à l'encontre de Marine Tondelier étaient inappropriés. Je les regrette sincèrement et je lui présente mes excuses. » Ces excuses interviennent après une vive polémique déclenchée par des insultes proférées en ligne.
L'incident trouve son origine dans un message publié par Marine Tondelier, dénonçant sur X (ex-Twitter) le vote de la loi d'urgence agricole. Celle-ci autorise la réintroduction temporaire de deux pesticides, l'acétamipride — utilisé pour la filière noisette — et le flupyradifurone, destiné notamment aux betteraves sucrières, pommes et cerises. Dans un commentaire associé à un partage de ce message, Régis Desrumaux avait répondu : « Je n'ai qu'un seul mot qui me vient immédiatement en tête... Grosse salope. Ah mince, ça fait deux. »
Marine Tondelier exige des excuses et dénonce la violence des propos
Face à ces insultes, Marine Tondelier avait réagi avec fermeté. Sur X, elle avait exigé des « excuses publiques » et menacé Régis Desrumaux de « poursuites judiciaires » en cas de non-satisfaction de sa demande. Dans un second message, elle avait rappelé la portée sexiste de l'insulte utilisée, soulignant qu'elle servait à « dégrader sexuellement et moralement » les femmes dans l'espace public. « Quoi qu'il en soit, cette manière de s'exprimer en dit beaucoup plus sur l'auteur de ces propos que sur moi », avait-elle déclaré, avant de conclure : « Alors force à toutes les "grosses salopes" et à toutes les "sales connes". On est ensemble. Et on ne se taira pas. »
Desrumaux, de son côté, a justifié son emportement en évoquant « la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ». Il a regretté sa « maladresse » tout en réitérant son « écœurement » et son « dégoût face à ce mépris et ces propos haineux vis-à-vis d'une loi qui a été demandée par les agriculteurs ».
Soutiens politiques et mobilisation des écologistes
L'affaire a rapidement pris une dimension politique, avec le soutien de plusieurs personnalités de gauche. Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise (LFI), a estimé sur X : « Il est toujours plus facile de salir une femme avec un mot que de lui répondre avec une idée. L'un demande du mépris ; l'autre exige de l'esprit. Chacun choisit selon ses moyens. »
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a également réagi en partageant ce message, tandis que Sandrine Rousseau, députée écologiste, a dénoncé sur BlueSky « le masculinisme agricole » et « sa violence ». La polémique s'inscrit dans un contexte de tensions autour de la loi d'urgence agricole, adoptée pour répondre aux revendications du secteur agricole mais critiquée pour ses assouplissements environnementaux.
La loi d'urgence agricole au cœur des débats
Le texte controversé, qui a fait l'objet d'un recours devant le Conseil constitutionnel par des députés insoumis et écologistes, prévoit plusieurs mesures dérogatoires. Parmi elles, la possibilité pour l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) d'autoriser temporairement l'usage de pesticides interdits, sous conditions strictes. Outre les deux substances concernées, le texte modifie également les règles de gestion de l'eau et des zones humides, accordant une place prépondérante à l'agriculture dans un contexte de raréfaction des ressources hydriques.
Les Écologistes, opposés à ce texte, dénoncent notamment les risques sanitaires liés aux pesticides et le recul des protections environnementales. Marine Tondelier avait déjà critiqué, lors d'une prise de parole à l'hôtel de Matignon en juin 2026, le « faible poids de l'écologie sous Macron », selon les propos rapportés par le Figaro.
Pour rappel, la loi d'urgence agricole avait été adoptée dans un contexte de mobilisation des agriculteurs, exigeant des mesures rapides pour soutenir leur activité. Cependant, les critiques soulignent un déséquilibre entre les impératifs économiques et les enjeux environnementaux, un point qui devrait continuer à alimenter les discussions parlementaires dans les mois à venir.
Les écologistes s'opposent à cette loi en raison de la réintroduction temporaire de deux pesticides interdits en France — l'acétamipride et le flupyradifurone — jugés dangereux pour la santé et l'environnement. Ils dénoncent également des assouplissements concernant la gestion de l'eau et des zones humides, qui selon eux favorisent excessivement l'agriculture au détriment de la préservation des ressources naturelles.
Régis Desrumaux a présenté des excuses publiques à Marine Tondelier, ce qui pourrait mettre fin à l'incident. Cependant, des recours juridiques restent possibles si de nouveaux propos similaires sont tenus. Par ailleurs, le Conseil constitutionnel doit encore statuer sur la conformité de la loi d'urgence agricole, un jugement qui pourrait modifier certaines de ses dispositions d'ici quelques semaines.