Un arrêté préfectoral interdit dès ce vendredi 3 avril le Rassemblement annuel des musulmans de France, organisé au Parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis). La décision, prise à la demande du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, s’appuie sur un « contexte international et national particulièrement tendu » ainsi que sur un « important risque terroriste » envers la communauté musulmane. Selon BFM - Faits Divers, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a justifié cette mesure par l’existence d’un « risque que des groupuscules d’ultra-droite se mobilisent pour perturber l’événement ».
Ce qu'il faut retenir
- 7 000 visiteurs étaient attendus samedi, selon les organisateurs, lors de cette 36e édition du rassemblement créé en 1986.
- L’arrêté d’interdiction a été publié mercredi 1er avril par la préfecture de police de Paris.
- Les organisateurs, représentés par l’avocat Me Sefen Guez Guez, ont immédiatement déposé un recours en référé devant le tribunal administratif de Paris.
- Le rassemblement devait se tenir jusqu’à lundi au Parc des expositions du Bourget, avec 350 stands et des tables rondes organisés par des associations musulmanes et des sociétés commerciales.
- Le préfet cite deux risques principaux : un risque terroriste non attribué et la mobilisation de groupuscules d’ultra-droite.
Une décision motivée par la « tension ambiante »
Dans l’arrêté publié sur le site de la préfecture de police, Patrice Faure évoque un « contexte international et national particulièrement tendu » pour justifier l’interdiction. Sans préciser l’origine des menaces, il met en avant un « important risque terroriste à l’égard de la communauté musulmane ». Cette formulation fait écho aux tensions géopolitiques actuelles, notamment en lien avec les menaces proférées par l’Iran contre les États-Unis et Israël, comme l’a rapporté BFM - Faits Divers. Le préfet souligne également un « risque que des groupuscules d’ultra-droite se mobilisent en vue de perturber le déroulement de cet événement », un argument qui n’avait pas été évoqué lors des déclarations préalables.
Un événement organisé depuis des mois, déjà sécurisé
L’organisation de ce rassemblement, prévu depuis plusieurs semaines, avait été déclarée en préfecture dès le 3 février 2026. Les autorités avaient alors émis des préconisations pour renforcer la sécurité, acceptées par les organisateurs. Ce salon, qui se tient traditionnellement chaque année depuis 1986, devait rassembler associations musulmanes et entreprises lors de tables rondes et de stands commerciaux. Les organisateurs avaient prévu une affluence maximale de 7 000 visiteurs samedi, jour fort de l’événement, selon les prévisions transmises à BFM - Faits Divers.
Les organisateurs dénoncent une « interdiction esthétique »
Contacté par BFM - Faits Divers, Me Sefen Guez Guez, avocat des organisateurs, a immédiatement réagi en déposant un recours en référé devant le tribunal administratif de Paris. Ce recours sera examiné ce vendredi 3 avril à 9h30. Pour les organisateurs, l’argument de la sécurité avancé par le ministère de l’Intérieur relève de la « mascarade ». « Ce rassemblement s’est tenu à 36 reprises depuis 1986, y compris dans des moments de grande tension géopolitique. L’argument de la sécurité n’est qu’esthétique et ne trompera personne », a-t-il déclaré. « C’est un salon festif avec 350 stands que le ministère de l’Intérieur interdit. Quel est le message envoyé ? » a-t-il ajouté, soulignant l’absence de justification concrète de la menace.
Un précédent controversé dans un contexte géopolitique tendu
Cette interdiction intervient dans un contexte international marqué par les tensions entre l’Iran et les États-Unis, après les menaces proférées par Téhéran d’attaques « écrasantes » en représailles aux déclarations de Donald Trump. En France, les autorités maintiennent une vigilance accrue après des alertes similaires, comme celle ayant conduit à la mise sous surveillance du siège de Goldman Sachs à Paris en mars 2026, selon BFM - Faits Divers. Le gouvernement français, par la voix du ministre de l’Intérieur, justifie cette mesure par la nécessité de prévenir tout risque, sans pour autant apporter de preuves tangibles d’une menace spécifique contre l’événement.
Les organisateurs, de leur côté, ont d’ores et déjà indiqué leur intention de poursuivre le combat juridique, estimant que l’interdiction porte atteinte à leur liberté de réunion. Le ministère de l’Intérieur, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement à l’annonce du recours, alors que le débat sur l’équilibre entre sécurité et liberté de rassemblement prend une nouvelle dimension dans le paysage politique français.
