Selon nos confrères de RFI, le président camerounais Paul Biya, âgé de 93 ans, a subi une opération chirurgicale majeure ce mardi 2 septembre 2026 à Genève, en Suisse. L’intervention consistait en la pose d’une prothèse totale du genou, une première pour le chef de l’État camerounais qui souffrait depuis plusieurs mois de douleurs chroniques à l’articulation.

Ce qu'il faut retenir

  • Paul Biya, 93 ans, a subi une chirurgie orthopédique à Genève pour une prothèse totale du genou
  • L’intervention a été réalisée ce 2 septembre 2026, selon RFI
  • Le président camerounais souffrait de douleurs chroniques au genou depuis plusieurs mois
  • Les autorités camerounaises n’ont pas encore communiqué sur les suites de l’opération
  • La santé du chef de l’État, au pouvoir depuis 44 ans, suscite régulièrement des spéculations

Cette opération intervient après des mois de rumeurs concernant l’état de santé du président Biya, dont la dernière apparition publique remonte à décembre 2025. D’après RFI, les autorités camerounaises auraient finalement confirmé l’hospitalisation de M. Biya à Genève pour des « examens approfondis », avant que l’information sur la nature exacte de l’intervention ne soit rendue publique.

Dans un communiqué laconique publié en début de semaine, la présidence camerounaise avait indiqué que « Son Excellence Paul Biya se trouve actuellement sous surveillance médicale à Genève, conformément aux recommandations de ses médecins ». Aucune précision n’avait été apportée quant à la durée prévue de son séjour ou aux éventuelles conséquences sur ses fonctions.

L’âge du président Biya – 93 ans – et sa longévité au pouvoir, depuis 1982, font régulièrement l’objet de spéculations. En 2021, une hospitalisation à Yaoundé pour une « fatigue passagère » avait déjà alimenté les discussions sur sa capacité à diriger le pays. Pourtant, Paul Biya, qui a été réélu en octobre 2018 pour un septième mandat, n’a jamais officiellement désigné de successeur.

« Paul Biya a choisi de se faire opérer à l’étranger, ce qui laisse supposer que l’intervention nécessite un niveau d’expertise difficile à trouver localement », a expliqué un spécialiste en chirurgie orthopédique interrogé par RFI. « Une prothèse totale du genou chez un patient de cet âge est une procédure courante, mais elle demande une récupération rigoureuse. »

Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer les suites de cette opération. Selon des sources proches du dossier, le président devrait rester hospitalisé « entre sept et dix jours » avant d’entamer une période de rééducation. Aucune date n’a été avancée pour un éventuel retour au Cameroun, où la capitale Yaoundé reste le siège des institutions.

Et maintenant ?

Plusieurs questions restent en suspens quant aux conséquences politiques de cette intervention. Le régime camerounais, déjà critiqué pour son opacité, pourrait-il annoncer prochainement des mesures pour rassurer sur la succession ? Une réunion extraordinaire du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, est attendue d’ici la fin du mois de septembre, mais aucune annonce officielle n’a été faite à ce stade. Autant dire que la santé de Paul Biya pourrait devenir un sujet central dans les prochaines semaines.

Cette opération survient à un moment où le Cameroun fait face à des défis économiques et sécuritaires persistants, notamment dans les régions anglophones en crise depuis 2016. Le président Biya, souvent représenté comme un rempart contre l’instabilité, n’a jamais désigné de dauphin, ce qui alimente les incertitudes sur l’avenir politique du pays après son départ du pouvoir.

Côté suisse, les hôpitaux de Genève, réputés pour leur expertise en chirurgie orthopédique, accueillent régulièrement des personnalités étrangères. Les autorités helvétiques n’ont pas réagi publiquement, conformément à leur tradition de discrétion médicale.

La prochaine étape consistera à observer l’évolution de l’état de santé de Paul Biya et d’éventuels communiqués officiels. Pour l’heure, le gouvernement camerounais maintient le silence, tandis que les observateurs internationaux attendent des signes clairs sur la capacité du président à poursuivre ses fonctions.

Selon nos confrères de RFI, les hôpitaux camerounais ne disposent pas toujours des équipements ou de l’expertise nécessaire pour ce type d’intervention, notamment pour les patients âgés. La Suisse, et Genève en particulier, sont des destinations prisées par les personnalités internationales pour des soins médicaux complexes, en raison de la réputation de ses établissements et de la discrétion qui y est accordée.