La justice iranienne a confirmé mardi 2 juin 2026 l’exécution de trois hommes reconnus coupables de violences sexuelles sur des mineurs dans l’ouest et le nord du pays. Deux d’entre eux ont été pendus pour avoir violé un garçon de 14 ans à Ghorveh, en août 2024, après confirmation de leur peine de mort par la Cour suprême. Ces exécutions interviennent dans un contexte où l’Iran applique régulièrement la peine capitale pour les crimes les plus graves, incluant les infractions à caractère sexuel sur des enfants.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux hommes exécutés pour le viol d’un mineur de 14 ans à Ghorveh (ouest de l’Iran) en août 2024, peine confirmée par la Cour suprême
  • Une troisième exécution prononcée à Rasht (nord) pour le viol et le meurtre d’un enfant de 10 ans en août 2025
  • L’Iran a procédé à au moins 1 639 exécutions en 2025, un record depuis 1989 selon les ONG Iran Human Rights et ECPM
  • La peine de mort est encourue en Iran pour viol, meurtre, trafic de drogue, espionnage ou blasphème

Une justice iranienne sous pression internationale

Ces exécutions surviennent alors que les organisations de défense des droits humains multiplient les critiques à l’encontre du système judiciaire iranien. Selon Mizan, l’organe officiel du pouvoir judiciaire iranien, les deux hommes condamnés pour le viol du mineur de 14 ans ont vu leur peine validée après un procès dont la date n’a pas été précisée. L’affaire a été rendue publique mardi, sans plus de détails sur les circonstances du crime ou les recours éventuels exercés par les condamnés.

Dans une seconde affaire distincte, un troisième homme a été exécuté à Rasht pour le viol et le meurtre d’un enfant de 10 ans en août 2025. Ces faits, comme les autres crimes passibles de la peine capitale en Iran, illustrent la sévérité des peines encourues dans le pays, où les crimes sexuels sur mineurs sont considérés comme une infraction majeure. Autant dire que ces exécutions s’inscrivent dans une politique judiciaire particulièrement répressive.

Un bilan record d’exécutions en 2025

Selon les dernières estimations publiées par les ONG Iran Human Rights (basée en Norvège) et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), l’Iran a exécuté au moins 1 639 personnes en 2025, un chiffre qui dépasse de loin les années précédentes et constitue le plus haut niveau enregistré depuis 1989. Ce bilan place l’Iran au deuxième rang mondial des pays pratiquant le plus grand nombre d’exécutions, derrière la Chine, dont les données restent cependant difficiles à vérifier.

Ces chiffres interviennent alors que les autorités judiciaires iraniennes ont également annoncé lundi l’exécution de deux hommes accusés d’avoir saccagé et incendié une mosquée à Téhéran lors des manifestations antigouvernementales de décembre 2025 et janvier 2026. Ces événements, qui ont marqué une vague de contestation contre le pouvoir en place, ont donné lieu à des condamnations à mort pour des actes de vandalisme qualifiés de « sabotage » par la justice.

Le contexte des droits humains en Iran

Les exécutions de mardi s’ajoutent à une série de condamnations à mort récemment prononcées contre des manifestants. Plusieurs dizaines d’opposants, dont certains affirment avoir été torturés ou forcés à avouer des faits qu’ils n’ont pas commis, se trouvent actuellement dans le « couloir de la mort ». Parmi eux, Erfan Soltani, un protestataire dont le cas a été médiatisé après qu’il a échappé de justesse à la pendaison. Ces pratiques judiciaires alimentent les tensions avec les organisations internationales, qui dénoncent régulièrement les violations des droits fondamentaux en Iran.

La peine de mort en Iran ne se limite pas aux crimes de sang ou aux infractions sexuelles. Elle s’applique également à d’autres chefs d’accusation comme le trafic de drogue, l’espionnage, ou encore le blasphème. Cette diversité des motifs d’exécution reflète la rigidité du système judiciaire iranien, qui reste l’un des plus actifs au monde en matière de peine capitale, malgré les condamnations répétées de la communauté internationale.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir de nouvelles exécutions en Iran, dans un contexte où les autorités judiciaires semblent maintenir une politique répressive sans relâche. Les organisations de défense des droits humains appellent à une mobilisation internationale pour tenter d’obtenir un moratoire sur les exécutions, mais pour l’heure, rien n’indique un changement de cap de la part des autorités iraniennes. La situation devrait rester sous haute surveillance, notamment en raison du nombre record d’exécutions enregistré en 2025.

Rien n’indique non plus que les exécutions de mardi marquent une pause dans cette dynamique. Le système judiciaire iranien continue de fonctionner selon ses propres règles, et les peines de mort pour les crimes les plus graves, notamment ceux commis contre des mineurs, devraient se poursuivre dans les mois à venir. La pression internationale, bien que persistante, n’a pour l’instant pas eu d’impact visible sur la politique pénale du pays.

En Iran, la peine de mort est encourue pour des crimes variés, incluant le meurtre, le viol, le trafic de drogue à grande échelle, l’espionnage, le blasphème, ainsi que le vol à main armée dans certains cas. Les infractions à caractère sexuel, en particulier lorsqu’elles visent des mineurs, sont considérées comme des crimes particulièrement graves et sont souvent sanctionnées par la peine capitale.