Selon Le Figaro, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’est publiquement réjoui dimanche 31 août 2026 de la dégradation des conditions de détention des prisonniers palestiniens. Cette déclaration intervient alors que des législatives sont prévues dans deux mois, le 27 octobre 2026, et que la coalition au pouvoir, dirigée par Benyamin Netanyahou, traverse une période de tensions internes.
Ce qu'il faut retenir
- Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, se félicite de la dégradation des conditions de détention des prisonniers palestiniens lors d’une visite à des détenues.
- Une prisonnière identifiée comme Yasmine Shaaban témoigne de conditions « extrêmement mauvaises », affirmant ne pas s’être lavée depuis trois jours ni avoir changé de sous-vêtements.
- Ben Gvir compare ces conditions à celles subies par les otages israéliens retenus par le Hamas après l’attaque du 7 octobre 2023, et déclare : « Les colonies de vacances dans les prisons, c’est terminé ».
- La Commission des affaires des détenus de l’Autorité palestinienne et le ministère des Prisonniers de Gaza, contrôlé par le Hamas, accusent Ben Gvir de « brutalité, haine et racisme » dans ses déclarations.
- Ben Gvir, figure de l’extrême droite, multiplie les provocations depuis le début de son mandat, notamment en diffusant des images de militants étrangers humiliés.
Des conditions de détention présentées comme une « réussite » par Ben Gvir
Lors d’une visite à des détenues palestiniennes, Itamar Ben Gvir a publié une vidéo dimanche dans laquelle une femme voilée, au visage flouté, témoigne de conditions de détention qualifiées d’« extrêmement mauvaises ». Cette prisonnière, identifiée par son mari comme étant Yasmine Shaaban, affirme ne pas s’être lavée depuis trois jours et n’avoir pas changé de sous-vêtements. Arrêtée à nouveau en mai 2025 par les forces israéliennes, elle avait été libérée quelques mois plus tôt dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu à Gaza.
Ben Gvir a salué ces conditions comme une « réussite » de sa politique. « Nos otages n’avaient pas de shampoing et n’avaient pas de telles conditions. Je suis fier que nous ayons réussi à ramener les conditions de détention des terroristes au strict minimum. Les colonies de vacances dans les prisons, c’est terminé », a-t-il déclaré. Ces propos s’inscrivent dans une rhétorique où il présente la dureté des conditions carcérales comme une mesure nécessaire face à la menace perçue des prisonniers palestiniens.
Des déclarations qui alimentent les tensions et les condamnations
Les propos de Ben Gvir ne sont pas passés inaperçus. La Commission des affaires des détenus de l’Autorité palestinienne a accusé le ministre de propager un discours de « brutalité, haine et racisme ». De son côté, le ministère des Prisonniers de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, a estimé que la vidéo diffusée par Ben Gvir « reflétait les profondeurs de la déchéance dans laquelle le régime d’occupation est tombé ».
Ces réactions s’ajoutent à une série de prises de position controversées de la part de Ben Gvir depuis le début de son mandat. Plus tôt cette année, il avait diffusé des images montrant des militants étrangers contraints de s’agenouiller, les mains menottées, après l’interception d’une flottille affirmant vouloir briser le blocus de Gaza. Plusieurs de ces militants ont rapporté avoir subi des violences physiques, une Australienne évoquant même une agression sexuelle. Israël a démenti ces allégations.
Un climat politique sous tension à l’approche des législatives
À deux mois du scrutin législatif du 27 octobre 2026, la coalition gouvernementale de Benyamin Netanyahou traverse une période de fragilité. Ben Gvir, allié clé du Premier ministre mais figure controversée, a refusé les appels à renforcer les chances de la droite sortante en fusionnant les listes électorales avec un autre parti d’extrême droite. Cette posture met en lumière les divisions au sein de la majorité, où les provocations de Ben Gvir risquent de compliquer la campagne électorale.
En juillet 2026, le ministre avait déjà suscité l’indignation en déclarant qu’Israël devrait « tuer chaque nuit 30 à 40 Palestiniens à Gaza ». Une rhétorique qui s’inscrit dans une stratégie de fermeté affichée, mais qui alimente les critiques internationales et les tensions internes. Alors que les sondages placent la coalition en difficulté, ses déclarations pourraient affaiblir davantage sa position.
« Je suis fier que nous ayons réussi à ramener les conditions de détention des terroristes au strict minimum. Les colonies de vacances dans les prisons, c’est terminé. » — Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale
La question centrale reste celle de l’équilibre entre fermeté affichée et respect des droits fondamentaux, dans un contexte où les tensions entre Israël et les Palestiniens restent vives. Les prochaines semaines pourraient révéler si la stratégie de Ben Gvir s’avère payante sur le plan politique ou si elle contribue, au contraire, à fragiliser davantage une coalition déjà en difficulté.
Yasmine Shaaban est une prisonnière palestinienne dont le témoignage a été diffusé par Itamar Ben Gvir. Elle affirme avoir été arrêtée à nouveau en mai 2025 par les forces israéliennes, plusieurs mois après sa libération dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu à Gaza. Selon son mari, elle décrit des conditions de détention extrêmement difficiles, sans accès à des produits d’hygiène ni changement de vêtements.