Le Parlement israélien a approuvé lundi 30 juin 2025, en première lecture, une proposition de loi visant à établir une commission d'enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. Cette initiative, portée par le premier ministre Benyamin Netanyahou, s'inscrit dans un contexte de profondes tensions internes et de critiques croissantes envers la gestion des services de renseignement israéliens avant l'assaut.

Selon Le Figaro, la note explicative accompagnant le texte précise que cette commission aura pour mission d'analyser « les événements du massacre du 7 octobre » ainsi que les conflits qui ont suivi, tout en garantissant une investigation menée « en toute indépendance ». Le texte législatif, défendu par le gouvernement, doit encore être soumis à deux autres lectures avant son adoption définitive.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement israélien a adopté en première lecture, le 30 juin 2025, un projet de loi créant une commission d'enquête sur les défaillances sécuritaires du 7 octobre 2023.
  • Cette commission sera chargée d'enquêter sur l'attaque du Hamas et sur les guerres qui ont suivi, selon une note officielle du gouvernement.
  • Le premier ministre Benyamin Netanyahou est à l'origine de cette initiative, qui vise à répondre aux critiques sur la gestion des services de sécurité israéliens.
  • Le texte doit encore être approuvé lors de deux lectures supplémentaires avant d'entrer en vigueur.

Une commission indépendante pour faire la lumière sur les dysfonctionnements

La création de cette commission d'enquête répond à des interrogations persistantes sur les raisons ayant permis l'attaque du 7 octobre 2023, au cours de laquelle des membres du Hamas ont pénétré en Israël depuis la bande de Gaza, causant la mort de plus de 1 200 personnes selon les autorités israéliennes. Parmi les victimes figuraient des civils et des militaires, tandis que plus de 250 otages avaient été capturés, selon les bilans officiels israéliens. Les défaillances des services de renseignement israéliens, en particulier du Shin Bet (service de sécurité intérieure) et de l'AMAN (service de renseignement militaire), ont été pointées du doigt par plusieurs rapports internes et enquêtes journalistiques.

Le texte adopté par la Knesset souligne que la commission devra opérer « de manière transparente et sans interférence politique », afin de rétablir la confiance dans les institutions israéliennes. Les conclusions de cette enquête pourraient avoir des répercussions majeures sur la hiérarchie militaire et politique du pays, alors que des manifestations et des critiques envers le gouvernement Netanyahou se multiplient depuis l'attaque.

Un contexte politique et social marqué par les tensions

Cette initiative législative intervient alors qu'Israël commémore, ce 6 juillet 2025, le millième jour de l'attaque du 7 octobre, dans un climat de divisions internes accrues. Les familles des victimes et des otages, ainsi que des associations de la société civile, réclament depuis deux ans des réponses claires sur les manquements ayant permis cet assaut. Le gouvernement Netanyahou, déjà fragilisé par des tensions avec l'opposition et des accusations de mauvaise gestion de la guerre à Gaza, mise sur cette commission pour tenter de restaurer son image.

Par ailleurs, un rapport israélien publié récemment accuse le Hamas d'avoir commis des violences sexuelles systématiques lors de l'attaque du 7 octobre, qualifiant ces actes de « tactique de terreur ». Ces allégations, déjà documentées par des enquêtes internationales, ont relancé les débats sur la nécessité d'une enquête internationale indépendante, une perspective que le gouvernement israélien rejette catégoriquement.

Et maintenant ?

Le projet de loi doit désormais être examiné lors de deux lectures supplémentaires à la Knesset, une procédure qui pourrait s'étendre sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Si le texte est adopté, la commission d'enquête devrait être installée dans les mois qui suivent, avec pour mission de rendre ses conclusions d'ici la fin de l'année 2026. Dans l'immédiat, le gouvernement Netanyahou pourrait utiliser les premiers éléments de cette enquête pour justifier des réformes au sein des services de sécurité, tout en évitant une remise en cause trop frontale de la chaîne de commandement militaire.

Les prochaines étapes et les enjeux à venir

Plusieurs scénarios sont envisageables dans les mois à venir. Si la commission rend des conclusions accablantes pour les responsables militaires ou politiques, cela pourrait entraîner des remaniements au sein de l'armée ou du gouvernement. À l'inverse, si le rapport est perçu comme une opération de communication visant à apaiser les critiques, les manifestations contre Netanyahou pourraient s'intensifier, notamment à l'approche des prochaines élections, dont la date n'a pas encore été fixée officiellement.

Sur le plan international, cette commission pourrait influencer les relations d'Israël avec ses alliés, en particulier les États-Unis et l'Union européenne, qui ont déjà exprimé leur soutien à une enquête crédible sur les événements du 7 octobre. Enfin, la question des otages toujours détenus par le Hamas, ainsi que celle des prisonniers palestiniens en Israël, reste un sujet brûlant qui pourrait resurgir lors des débats parlementaires.

En attendant, la société israélienne reste profondément marquée par les séquelles de l'attaque de 2023. Les commémorations organisées aujourd'hui, comme celle du millième jour, rappellent l'urgence pour les autorités de faire toute la lumière sur ces événements, tout en répondant aux attentes des familles des victimes et des citoyens.

Selon la proposition de loi, la commission disposera d'un pouvoir d'investigation élargi, incluant la possibilité d'auditionner des responsables militaires et politiques, d'accéder à des documents classifiés et de convoquer des témoins sous serment. Ses conclusions pourront être rendues publiques et serviront de base à d'éventuelles réformes institutionnelles.

Le mandat de la commission se limite à l'établissement des faits et à l'analyse des dysfonctionnements. Cependant, ses conclusions pourraient être transmises au procureur général israélien, qui déciderait éventuellement de lancer des poursuites contre des responsables en cas de manquements graves avérés.