Selon RFI, les militaires maliens et leurs partenaires russes de l’Africa Corps restent retranchés depuis plusieurs jours dans le camp militaire d’Anéfis, situé dans la région de Kidal. Depuis la nouvelle série d’attaques coordonnées lancées samedi 4 juillet dans plusieurs localités du pays, les groupes jihadistes du Jnim – affilié à Al-Qaïda – ainsi que les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont pris le contrôle de la ville et assiègent désormais le camp. Les affrontements se poursuivent ce lundi 6 juillet, avec des tirs d’obus et des drones kamikazes lancés par les assaillants, auxquels répondent des frappes aériennes de l’armée malienne.
Ce qu'il faut retenir
- Les forces maliennes et l’Africa Corps sont assiégées dans le camp d’Anéfis depuis le 5 juillet 2026.
- Le Jnim et le FLA contrôlent désormais la ville de Kidal et ses alentours.
- Les combats opposent des tirs d’artillerie, des drones kamikazes et des frappes aériennes.
- Anéfis est un site militaire clé pour la sécurisation du nord du Mali.
Une position militaire au cœur des tensions
Le camp d’Anéfis, situé à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Kidal, constitue depuis plusieurs années un point de fixation des opérations militaires dans le nord du Mali. Pour Bamako, ce camp représente bien plus qu’une simple base : il sert de plaque tournante pour les opérations de lutte antijihadiste et de contrôle territorial dans une région marquée par l’instabilité chronique. Selon les analystes, sa position géographique en fait un verrou stratégique entre les zones sous influence des groupes armés et les axes logistiques vers le sud du pays.
Pour les groupes armés, en revanche, la prise d’Anéfis permettrait de renforcer leur emprise sur le nord malien. Le Jnim, dirigé par l’Ivoirien Iyad Ag Ghali, et le FLA, qui milite pour l’autonomie de l’Azawad, cherchent à affaiblir la présence de l’État malien dans la région. Leur alliance, bien que fragile, illustre une convergence ponctuelle d’intérêts contre l’armée régulière et ses soutiens étrangers.
Des moyens militaires asymétriques en jeu
Les dernières heures de combats ont révélé l’usage de moyens variés et de plus en plus sophistiqués. D’un côté, les assaillants ont recours à des tirs d’obus depuis les hauteurs environnantes et à des drones kamikazes, une tactique déjà observée dans d’autres zones de conflit en Afrique. De l’autre, l’armée malienne, appuyée par les mercenaires de l’Africa Corps, tente de contrer ces attaques avec des frappes aériennes, selon les déclarations des responsables locaux rapportées par RFI.
« Les jihadistes et les indépendantistes tentent de désorganiser nos positions par des attaques indirectes, mais nos forces tiennent bon », a indiqué un officier malien sous couvert d’anonymat. « La supériorité aérienne nous permet de limiter leur progression, mais la situation reste tendue. » Ces propos confirment la détermination des deux camps à faire de cette bataille un tournant dans la crise malienne.
Contexte : une crise qui s’aggrave depuis des années
La région de Kidal, foyer historique des rébellions touarègues, est en proie à une escalade de violences depuis le début de l’année. En mai 2026, des combats avaient déjà éclaté entre les indépendantistes du FLA et les forces maliennes, faisant plusieurs dizaines de morts. Depuis, la situation n’a cessé de se dégrader, avec une multiplication des attaques contre les civils et les infrastructures militaires. Le camp d’Anéfis, initialement conçu pour abriter des troupes onusiennes, a été progressivement investi par l’armée malienne après le départ des Casques bleus en 2023.
Cette nouvelle phase de violences intervient alors que Bamako renforce ses liens avec Moscou, via la présence des conseillers et mercenaires de l’Africa Corps. Une coopération qui suscite des tensions avec la communauté internationale, certains pays africains et européens critiquant cette alliance jugée opaque et peu respectueuse des droits de l’homme.
Si la chute du camp d’Anéfis devait se confirmer, cela marquerait un tournant dans le conflit malien, avec des répercussions sur les équilibres politiques et militaires dans tout le Sahel. Reste à voir si les forces en présence parviendront à éviter une escalade incontrôlable.
Les deux principaux groupes sont le Jnim (Jama’at Nusrat al-Islam wal Muslimin), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), qui milite pour l’autonomie de la région de l’Azawad. Ces deux mouvements ont uni leurs forces ponctuellement pour affaiblir l’armée malienne et ses alliés russes.