Selon RFI, près de 50 % des Italiens devraient passer leurs vacances d’été 2026 en Italie, une première depuis des années. Cette tendance, révélée par une enquête de l’institut Piepoli, s’explique principalement par la dégradation du pouvoir d’achat des ménages, directement liée aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 80 % des Italiens ont réfléchi à l’impact de la crise énergétique sur leurs projets de vacances.
- La guerre au Moyen-Orient a provoqué une hausse des coûts de l’énergie en Italie, poussant les ménages à privilégier les destinations nationales.
- Depuis le référendum de 1987, l’Italie a renoncé au nucléaire civil et dépend à plus de 90 % des importations de gaz et de pétrole.
- Le gouvernement italien actuel maintient une politique plutôt hostile aux énergies renouvelables, aggravant la dépendance énergétique du pays.
Une enquête qui reflète les craintes des ménages
L’enquête menée par l’institut Piepoli, rendue publique ce mois-ci, montre que les Italiens sont 80 % à avoir pesé le pour et le contre avant de finaliser leurs projets de vacances. Le critère principal ? Le budget disponible. La hausse des prix de l’énergie, elle-même liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, a rendu les voyages à l’étranger trop onéreux pour une majorité de foyers.
Autant dire que pour beaucoup, l’alternative se résume à rester dans leur pays. Certains n’excluent pas de renoncer totalement aux vacances, tandis que d’autres acceptent de faire des compromis, comme réduire la durée du séjour ou opter pour des destinations moins éloignées.
Une dépendance énergétique historique
Depuis le référendum de 1987, qui a conduit à l’abandon du nucléaire civil, l’Italie a toujours été fortement dépendante des importations d’énergies fossiles. Avec un mix énergétique encore largement dominé par le gaz et le pétrole, le pays est particulièrement vulnérable aux fluctuations des prix sur les marchés internationaux.
Cette dépendance a été soulignée à plusieurs reprises par des experts et des responsables politiques, mais les avancées en matière d’énergies renouvelables restent limitées. Le gouvernement en place, qui affiche une posture plutôt réticente face à la transition énergétique, n’a pas modifié cette trajectoire. Résultat : les ménages italiens paient le prix fort, littéralement, avec des factures d’énergie qui grimpent en flèche.
Un tourisme national en première ligne
Si les Italiens se tournent massivement vers leur propre pays pour les vacances, les conséquences économiques pourraient être contrastées. D’un côté, les régions touristiques locales pourraient bénéficier d’un afflux de visiteurs. De l’autre, les recettes liées au tourisme international, déjà en baisse ces dernières années, risquent de chuter encore davantage.
Les stations balnéaires de la côte Adriatique, les lacs du Nord et les villes d’art comme Florence ou Venise devraient être les principales gagnantes de cette tendance. Mais les professionnels du secteur s’interrogent : cette affluence sera-t-elle suffisante pour compenser la baisse des touristes étrangers ?
Reste à voir si cette tendance à rester en Italie se confirmera, ou si les Italiens, malgré les difficultés économiques, reprendront le chemin de l’étranger dès que les prix de l’énergie se stabiliseront.
Depuis le référendum de 1987, l’Italie a abandonné le nucléaire civil. Malgré quelques investissements dans les énergies renouvelables, le pays dépend encore à plus de 90 % des importations de gaz et de pétrole, notamment en provenance de Russie et du Moyen-Orient. La transition énergétique, bien que souhaitée par certains, reste lente et limitée par des choix politiques et économiques.