Alors que la présidentielle de 2027 se profile, l’ancien candidat écologiste Yannick Jadot a appelé ce dimanche 14 juin 2026 à une « clarification » du positionnement des Écologistes vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise (LFI). Selon BFM - Politique, il a estimé que « le mouvement écologiste ne va pas pouvoir échapper à une clarification qu’il tente d’éviter depuis trop longtemps ».

Jadot, présent samedi au meeting de Raphaël Glucksmann, prône une stratégie de « vote utile » à gauche en excluant toute alliance avec LFI. Dans un entretien accordé au Forum Radio J, il a pointé du doigt « l’ambiguïté vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon » entretenue par la direction des Écologistes, dirigée par la secrétaire nationale Marine Tondelier.

Ce qu'il faut retenir

  • Yannick Jadot a exigé une clarification du positionnement des Écologistes sur LFI et Jean-Luc Mélenchon.
  • Il critique une direction qui accepterait une primaire incluant Mélenchon, ce qui, selon lui, légitimerait ses positions « contre l’Europe », son « soutien aux dictatures » et son « antisémitisme ».
  • Les militants écologistes ont été appelés à voter sur une motion visant à exclure les adhérents soutenant un candidat autre que celui investi par le parti.
  • Jadot mise sur une candidature unique de la gauche non mélenchoniste, citant notamment Raphaël Glucksmann et évoquant François Hollande comme une option possible.
  • Il insiste sur la nécessité d’une union pour contrer l’extrême droite au second tour de 2027.

Une motion controversée divise les Écologistes

Les tensions au sein du parti écologiste ont pris de l’ampleur ce week-end avec le vote d’une motion visant à exclure tout adhérent se présentant contre un candidat investi par le parti ou soutenant un autre candidat. Cette initiative, portée par les opposants à Marine Tondelier, est perçue par ses détracteurs comme une tentative d’« épuration », notamment ciblant le sénateur de Paris Yannick Jadot lui-même. Ce dernier, bien qu’ayant quitté la direction du parti, reste une figure influente au sein des rangs écologistes.

« La direction des Écologistes dit *il faut qu’il y ait une primaire qui intègre Jean-Luc Mélenchon* », a-t-il dénoncé. « C’est-à-dire qu’on accepte que, s’il la gagne, il devient notre candidat, et donc on accepte son discours contre l’Europe, son soutien des dictatures et des dictatures, son antisémitisme. » Ces propos, tenus ce dimanche, illustrent la ligne de fracture au sein du parti, où une partie des militants refuse toute compromission avec LFI.

La stratégie du « vote utile » mise en avant par Jadot

Jadot, qui milite pour une candidature commune de la gauche hors LFI, a réaffirmé son soutien à une union large autour d’un candidat unique. « Je veux qu’il y ait une belle candidature commune », a-t-il déclaré, évoquant la possibilité que ce soit Raphaël Glucksmann ou, pourquoi pas, François Hollande. « Il n’y a pas de doute sur sa détermination », a-t-il souligné en référence à Glucksmann, avant d’ajouter : « Mais ce qu’il dit, c’est que, comme l’enjeu, c’est une candidature commune pour gagner, laissons-nous jusqu’en septembre pour décider qui sera la meilleure ou le meilleur. »

Il a par ailleurs rappelé que la présidentielle de 2027 s’annonce comme un scrutin où « celle ou celui qui sera qualifié sera l’outsider de l’extrême droite ». « Donc il nous faut une candidature à gauche qui, au premier tour, rassemblera par le vote utile largement le camp de la gauche, et au second tour pourra bénéficier du vote républicain des centristes », a-t-il analysé. Une analyse qui rejoint celle de nombreux observateurs, selon lesquels l’union de la gauche sera déterminante pour éviter une nouvelle victoire du Rassemblement National.

L’hypothèse Hollande et les limites de l’union

Interrogé sur l’hypothèse d’une candidature de l’ancien président François Hollande, Jadot n’a pas écarté cette possibilité. « Pour l’instant, je n’ai pas entendu François Hollande porter radicalement cette transition écologique », a-t-il nuancé. Cette réserve illustre les réticences persistantes au sein de l’écosystème écologiste et de la gauche modérée envers une alliance trop large, perçue comme un risque de dilution des priorités environnementales.

Les divisions au sein de la gauche, déjà visibles lors des précédentes élections présidentielles, risquent de se cristalliser autour de la question de l’alliance avec LFI. Alors que Marine Tondelier défend l’idée d’une primaire incluant tous les candidats de gauche, Jadot et ses partisans prônent une stratégie plus exclusive, excluant toute collaboration avec Mélenchon. « Il y a beaucoup de militantes et de militants qui ne se satisfont pas de l’impasse politique dans laquelle on est », a-t-il insisté, appelant à une refonte des méthodes de travail du parti.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient être marquées par des débats internes au sein des Écologistes, avec une attention particulière portée à l’issue du vote sur la motion d’exclusion. D’ici septembre, les discussions sur une éventuelle candidature commune pourraient s’intensifier, notamment autour de Glucksmann. Reste à voir si les différentes sensibilités de la gauche parviendront à s’entendre sur un candidat unique avant la présidentielle. Une chose est sûre : l’enjeu est de taille, alors que l’extrême droite se positionne comme une force majeure dans les sondages.

Dans ce contexte, la capacité des Écologistes à clarifier leur position vis-à-vis de LFI pourrait bien déterminer leur influence future sur la scène politique française. Une clarification qui, selon Jadot, ne peut plus attendre.

Jadot critique les positions de Jean-Luc Mélenchon, notamment son « discours contre l’Europe », son « soutien aux dictatures » et ses « prises de position antisémites ». Il estime qu’une alliance avec LFI légitimerait ces orientations, incompatibles selon lui avec les valeurs écologistes et républicaines.

Les militants ont été appelés à voter sur une motion visant à exclure tout adhérent se présentant contre un candidat investi par le parti ou soutenant un autre candidat. Ses opposants y voient une manœuvre visant notamment Yannick Jadot et ses partisans.