James Gunn, désormais à la tête de la réorganisation de l’univers DC au cinéma, a confirmé le lancement d’une série dédiée à Jimmy Olsen et à Gorilla Grodd, selon Numerama. Une annonce qui suscite des interrogations sur la stratégie du réalisateur, alors que l’industrie des super-héros traverse une période de profondes turbulences.

Ce qu'il faut retenir

  • Projet confirmé par James Gunn : une série centrée sur Jimmy Olsen et Gorilla Grodd est officiellement en développement, avec un tournage imminent selon ses déclarations sur les réseaux sociaux.
  • Contexte industriel tendu : l’univers Marvel, après une série de échecs retentissants comme The Marvels ou Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, opère un virage stratégique en recentrant ses productions sur des valeurs sûres.
  • Doutes sur la pertinence du choix : Jimmy Olsen et Gorilla Grodd, bien que issus des comics, sont des personnages secondaires dont la popularité auprès du grand public reste limitée, même aux États-Unis.
  • Critique récurrente envers Gunn : le cinéaste est accusé d’un certain narcissisme créatif, refusant de remettre en question ses choix malgré les signaux d’alerte envoyés par le marché.
  • Comparaison avec DC : la sortie récente de Superman (2025) de James Gunn n’a pas rencontré le succès escompté, avec des recettes en demi-teinte au box-office international.

Une série sur Jimmy Olsen et Gorilla Grodd : le dernier caprice de James Gunn

« C’est l’un de mes projets préférés. On commence le tournage bientôt. » C’est par ces mots que James Gunn a annoncé, via ses réseaux sociaux, le développement d’une série centrée sur Jimmy Olsen, photographe de presse de Superman, et Gorilla Grodd, singe télépathe en armure. Une décision qui, pour ses détracteurs, illustre une fois de plus l’obstination du réalisateur à explorer des personnages marginaux, malgré le contexte difficile du genre super-héroïque.

Selon Numerama, cette annonce s’inscrit dans la continuité d’une stratégie où Gunn semble privilégier ses préférences personnelles plutôt que les attentes du public. « On » — le pronom utilisé par Gunn — suggère une vision à la fois intime et autoritaire de la création, où le réalisateur se place comme seul juge de la pertinence de ses choix. Pourtant, l’industrie a déjà montré les limites de cette approche, notamment à travers les déboires répétés de l’univers Marvel.

L’échec cuisant de Marvel : un signal d’alerte ignoré ?

L’univers cinématographique Marvel (MCU) a connu, ces dernières années, une série de revers sans précédent. The Marvels, sorti en 2024, détient aujourd’hui le triste record du plus gros flop de l’histoire du studio, avec des pertes estimées à plus de 200 millions de dollars. D’autres productions comme Ant-Man et la Guêpe : Quantumania ou Captain America : Brave New World ont également peiné à rentabiliser leurs budgets colossaux, frôlant parfois l’indifférence critique.

Face à cette crise, Kevin Feige et Disney ont finalement pris acte du mécontentement du public, qui rejette massivement l’inflation des productions secondaires. Résultat : les projets à venir sont désormais gelés, au profit de valeurs sûres comme Spider-Man : Brand New Day ou Avengers : Doomsday, prévus respectivement pour 2026 et 2027. Pourtant, James Gunn semble déterminé à reproduire les mêmes erreurs chez DC, comme si l’histoire n’avait rien à lui apprendre.

Superman en demi-teinte : Gunn rejette la faute sur le personnage

Le dernier film Superman (2025), réalisé par James Gunn, n’a pas rencontré le succès escompté. Avec des recettes mondiales estimées à 320 millions de dollars pour un budget de 200 millions, les résultats sont jugés décevants, surtout à l’international. Plutôt que de remettre en question sa propre approche, Gunn a pointé du doigt le personnage lui-même, déclarant que Superman n’était « pas si populaire en dehors des frontières américaines ». Une analyse qui, pour ses détracteurs, relève davantage de la pirouette intellectuelle que d’une réflexion approfondie.

Pourtant, si le plus grand héros de la pop-culture mondiale peine à attirer les foules à l’international, comment pourrait-on espérer un succès pour un personnage secondaire comme Jimmy Olsen ou un antagoniste comme Gorilla Grodd, malgré son traitement en CGI ? La question reste entière, d’autant que Gunn lui-même avait balayé d’un revers de main les critiques sur la « lassitude des super-héros », affirmant en 2023 qu’il s’agissait simplement d’une « lassitude des mauvais films ». Une déclaration qui, rétrospectivement, sonne comme une provocation.

Un narcissisme créatif au cœur de la stratégie de Gunn ?

Le réalisateur, connu pour avoir transformé Les Gardiens de la Galaxie en franchise à succès au début des années 2010, semble aujourd’hui prisonnier d’une logique auto-référentielle. « Certes, il a brillamment transformé Les Gardiens de la Galaxie, des parias de chez Marvel, en stars mondiales. Mais c’était une autre époque, l’âge d’or du genre », rappelle Numerama. Depuis, le paysage a radicalement changé, et l’exemple de Marvel devrait servir de leçon — une leçon que Gunn semble ignorer.

Son obstination à ne jamais remettre en question ses choix a déjà été soulignée à plusieurs reprises. En 2023, il déclarait : « La lassitude des super-héros n’existe pas, c’est une lassitude des mauvais films. » Pourtant, les résultats de ses propres productions, comme Superman ou The Suicide Squad (2021), peinent à convaincre. Autant dire que sa crédibilité en tant que « sauveur » de l’univers DC est aujourd’hui largement contestée.

Et maintenant ?

Le tournage de la série Jimmy Olsen vs Gorilla Grodd devrait débuter dans les prochains mois, selon les déclarations de James Gunn. Reste à savoir si ce projet, qui s’annonce risqué, parviendra à inverser la tendance pour DC, ou si, au contraire, il confirmera les craintes d’un cinéma super-héroïque en pleine perte de vitesse. Une chose est sûre : l’industrie, elle, ne semble plus prête à tolérer les caprices créatifs au détriment de la rentabilité.

Le prochain film clé de l’univers DC, Batman : The Dark Knight Returns, est prévu pour décembre 2026. Si ce long-métrage parvient à renouer avec le succès, il pourrait donner un second souffle à la franchise. Dans le cas contraire, les questions sur la stratégie de Gunn risquent de devenir encore plus pressantes.

Jimmy Olsen est un personnage de comics créé en 1938, connu comme le photographe attitré de Superman et proche de Clark Kent. Bien qu’icônique dans l’univers DC, il reste un personnage secondaire dont la popularité auprès du grand public est limitée, même aux États-Unis. Son association avec Gorilla Grodd, un antagoniste télépathe issu des comics, semble relever davantage d’un choix personnel de James Gunn que d’une stratégie commerciale réfléchie.

Outre la série Jimmy Olsen vs Gorilla Grodd, DC mise sur Batman : The Dark Knight Returns, prévu pour décembre 2026, pour relancer son univers cinématographique. D’autres projets comme Green Lantern et The Authority sont également en développement, mais leur calendrier reste incertain.