Depuis trois jours, un ou plusieurs ours errant dans les rues de la ville japonaise d’Utsunomiya, située au nord de Tokyo, ont contraint les autorités locales à ordonner la fermeture de 94 établissements scolaires publics. Selon Le Figaro, cette mesure exceptionnelle a été prise après plus de dix signalements d’ours dans différents quartiers, dont une galerie commerçante. Les responsables municipaux ont déployé des véhicules dans les zones concernées pour sensibiliser la population et inviter les habitants à rester chez eux ou dans leur véhicule.
Ce qu'il faut retenir
- 94 écoles fermées à Utsunomiya depuis lundi, soit la quasi-totalité des établissements publics primaires et collèges de la ville.
- Plus de 10 signalements d’ours enregistrés depuis samedi, notamment dans une galerie commerçante et un quartier résidentiel.
- Des dizaines de chasseurs, policiers et responsables locaux mobilisés pour traquer l’animal, dont on ignore s’il s’agit d’un seul individu ou de plusieurs.
- Cette situation s’inscrit dans une hausse des observations d’ours au Japon, avec plus de 50 000 signalements en 2025, un record historique.
- En 2025, 13 personnes ont été tuées par des ours dans l’archipel, un chiffre en augmentation par rapport aux années précédentes.
Une mobilisation exceptionnelle dans une ville de 510 000 habitants
Utsunomiya, capitale départementale de la préfecture de Tochigi, n’avait enregistré que deux observations non confirmées d’ours l’an dernier. Pourtant, depuis samedi matin, plusieurs signalements ont été enregistrés, dont un ours aperçu près d’un marché de gros tôt lundi. Un responsable municipal a indiqué à l’AFP que des véhicules équipés de haut-parleurs circulent dans les zones à risque pour avertir les riverains : « Nous avons des véhicules déployés dans les zones où un ours a été aperçu afin de sensibiliser la population et d’inciter les gens à rester à l’intérieur ou dans leurs véhicules. »
Les autorités ignorent toujours si l’ours aperçu à plusieurs reprises est un seul animal particulièrement mobile ou s’il s’agit de plusieurs individus. Les premières observations décrivent un ours mesurant environ un mètre, mais aucune confirmation officielle n’a été apportée pour l’instant.
Le Japon face à une recrudescence des rencontres hommes-ours
Cette situation illustre une tendance inquiétante au Japon, où les apparitions d’ours en zone urbaine se multiplient. Selon les chiffres officiels, le nombre d’observations a dépassé les 50 000 lors du dernier exercice fiscal clos en mars 2025, soit plus du double du précédent record établi deux ans plus tôt. En 2025, 13 personnes ont trouvé la mort dans des attaques d’ours, un bilan en hausse par rapport aux années précédentes.
Les experts attribuent cette augmentation à plusieurs facteurs. D’une part, la sortie de l’hibernation expose les ours, affamés après plusieurs mois sans nourriture, à chercher des ressources dans des zones habitées. D’autre part, l’expansion des zones urbaines empiète sur les habitats naturels des ours, réduisant leurs territoires de chasse et les poussant à s’aventurer près des villes. Enfin, la présence accrue de déchets alimentaires dans les zones résidentielles attire ces animaux, qui associent de plus en plus les zones peuplées à des sources de nourriture.
Une traque complexe et des risques persistants
La traque de l’ours ou des ours d’Utsunomiya s’annonce difficile. Plusieurs observations ont été signalées dans des lieux variés : une école primaire, un lycée, un parc, une galerie commerciale et un quartier résidentiel. Les autorités ont mobilisé des chasseurs, des policiers et des responsables locaux, mais l’animal semble capable d’éviter les pièges et de se déplacer rapidement. Aucune capture n’a encore été réalisée à ce stade.
Cette situation rappelle celle d’un ours surnommé « Balrog » par les médias japonais, un animal réputé pour son intelligence et sa capacité à contourner les dispositifs de capture. En 2025, ce spécimen avait blessé quatre personnes avant d’être finalement maîtrisé. Les experts soulignent que les ours japonais, contrairement à leurs cousins d’autres régions du monde, n’ont pas développé une peur innée des humains, ce qui rend les rencontres potentiellement dangereuses.
Contexte : une menace en hausse, des solutions encore limitées
Le Japon n’est pas le seul pays à faire face à ce type de problème. En Europe, les conflits entre humains et ours se multiplient également, notamment en Espagne, en Italie et en Roumanie. Cependant, la situation japonaise est particulièrement préoccupante en raison de la densité de population et de la proximité entre les zones urbaines et les habitats naturels des ours. Selon les écologistes, la solution passe par une meilleure gestion des déchets et une réduction des espaces de stockage accessibles aux animaux, mais ces mesures nécessitent une coordination entre les municipalités et les autorités régionales.
En attendant, les habitants d’Utsunomiya devront faire preuve de prudence. Les écoles resteront fermées jusqu’à nouvel ordre, et les forces de l’ordre appellent à la vigilance. Comme le rappelle un responsable municipal : « Notre priorité est d’assurer la sécurité de tous. »
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D’abord, la sortie de l’hibernation rend les ours affamés et les pousse à chercher de la nourriture dans les zones habitées. Ensuite, l’urbanisation empiète sur leurs habitats naturels, réduisant leurs territoires de chasse. Enfin, les déchets alimentaires abandonnés près des habitations attirent ces animaux, qui associent les zones urbaines à des sources de nourriture.
Les autorités n’ont pas encore fixé de date de réouverture. La décision dépendra de l’évolution de la situation et des résultats de la traque en cours. Une réunion de crise est prévue en fin de semaine pour évaluer les prochaines étapes.