Le 28 juillet 2026, lors de l’investiture de Keiko Fujimori à la présidence du Pérou, le président argentin Javier Milei était présent pour saluer la première femme à diriger le pays. Selon Courrier International, cette cérémonie a offert à Milei une tribune pour renforcer son ambition régionale : devenir la figure emblématique de la droite en Amérique latine.
Keiko Fujimori, fille de l’ancien dictateur Alberto Fujimori, incarne une droite péruvienne radicale. Sa victoire marque un tournant dans une région où, après une « vague rose » au début des années 2000 portée par des dirigeants de gauche comme Lula da Silva au Brésil ou Hugo Chávez au Venezuela, la droite progresse désormais de manière marquée. « Le voyage à Lima ne répond pas seulement au protocole diplomatique », analyse le quotidien argentin Pagina 12. Le président argentin cherche à profiter du changement de scénario en Amérique latine afin de s’imposer comme la principale figure de droite de la région », poursuit le journal.
Ce qu'il faut retenir
- Le 28 juillet 2026, Javier Milei a assisté à l’investiture de Keiko Fujimori, nouvelle présidente du Pérou et figure de la droite radicale.
- Cette présence s’inscrit dans une stratégie visant à faire de Milei le leader de la droite en Amérique latine.
- L’Amérique latine a connu dans les années 2000 une « vague rose » avec des dirigeants de gauche, mais ce mouvement s’est inversé ces dernières années.
- Keiko Fujimori, élue en 2026, incarne une droite péruvienne marquée par l’héritage autoritaire de son père, Alberto Fujimori.
- Selon Pagina 12, l’entourage de Milei « ne cache pas son enthousiasme » face à l’évolution politique de la région.
Une Amérique latine en pleine mutation politique
L’élection de Keiko Fujimori en juillet 2026 s’inscrit dans une tendance régionale où la droite, parfois extrême, gagne du terrain. Selon Courrier International, cette évolution contraste avec la période des années 2000, marquée par l’arrivée au pouvoir de dirigeants progressistes. Parmi eux, on citera Nestor Kirchner en Argentine, Evo Morales en Bolivie ou encore Fernando Lugo au Paraguay.
Désormais, les urnes favorisent des personnalités comme Javier Milei en Argentine ou Keiko Fujimori au Pérou, symboles d’un virage à droite. Ce basculement politique s’accompagne d’un discours économique libéral et d’une critique des politiques sociales menées par leurs prédécesseurs. Dans ce contexte, Milei voit une opportunité de fédérer autour de sa vision ultralibérale, tout en s’appuyant sur un réseau de dirigeants partageant des idées similaires.
Milei, un président en quête d’influence régionale
La présence de Javier Milei à Lima, aux côtés de Keiko Fujimori, n’est pas anodine. Selon Pagina 12, le président argentin y voit une occasion de consolider son rôle sur la scène latino-américaine. « Au sein du gouvernement, on ne cache pas son enthousiasme pour les changements politiques qui ont commencé à survenir dans la région », explique le quotidien d’opposition.
Milei, connu pour ses positions radicales et son style provocateur, mise sur une alliance avec d’autres dirigeants de droite pour peser dans les instances régionales. Son objectif : transformer l’Argentine en un modèle économique libéral, inspirant ses voisins. Pour y parvenir, il cherche à s’entourer de figures partageant sa vision, comme Keiko Fujimori, dont l’élection en 2026 renforce le camp conservateur au Pérou.
Les défis d’un projet régional
Si Milei affiche sa volonté de diriger la droite latino-américaine, son projet se heurte à plusieurs obstacles. D’abord, la diversité des contextes nationaux rend difficile une coordination étroite. Le Brésil, dirigé par un gouvernement de gauche sous Luiz Inácio Lula da Silva, reste un frein majeur à une alliance hégémonique de la droite.
Ensuite, les divisions internes au sein même des partis de droite compliquent la tâche. Certains, comme celui de Fujimori, ont un héritage politique controversé, ce qui limite leur capacité à fédérer au-delà de leur base militante. Enfin, la population latino-américaine reste partagée entre les promesses de croissance économique portées par les libéraux et les craintes liées aux politiques d’austérité, souvent impopulaires.
Dans ce paysage en mouvement, une question se pose : Milei parviendra-t-il à transcender les clivages nationaux pour construire une véritable alliance régionale, ou restera-t-il un acteur isolé dans une Amérique latine fragmentée ?