L’ancien ministre du Budget sous François Hollande, Jérôme Cahuzac, a accordé une interview remarquée ce 18 juin 2026 dans l’émission « Complément d’enquête » sur France 2, au cours de laquelle il a dressé un portrait acerbe de l’ex-chef de l’État. Selon Franceinfo – Politique, il a estimé que François Hollande incarnait à la perfection la maxime du cardinal de Mazarin : « Simule et dissimule ».

Invité à réagir à un portrait diffusé dans l’émission, Cahuzac a livré une analyse sans concession de la personnalité politique de Hollande, évoquant une « capacité de simulation et de dissimulation » rare, illustrée selon lui par des comportements contradictoires. Parmi les exemples cités, il a pointé du doigt les relations publiques entre Hollande et Anne Hidalgo, alors que, selon ses dires, l’ex-président aurait « taillé [la maire de Paris] en pièces auprès des journalistes politiques » en privé.

Ce qu'il faut retenir

  • Jérôme Cahuzac, ancien ministre de François Hollande, a estimé dans « Complément d’enquête » que l’ex-président incarnait la maxime de Mazarin « Simule et dissimule »
  • Il a critiqué les relations publiques entre Hollande et Anne Hidalgo, qu’il juge contradictoires avec ses propos privés
  • Condamné en appel à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour fraude fiscale, Cahuzac a purgé sa peine sous bracelet électronique avant une tentative avortée de retour en politique en 2024
  • Il a réaffirmé que Hollande était au courant de son compte en Suisse dès décembre 2012, une affirmation déjà portée devant la justice

Une critique acerbe de la méthode Hollande

Dans cette interview, Jérôme Cahuzac a développé une vision particulièrement critique de François Hollande, qu’il a présenté comme un maître en dissimulation. Il a rappelé que Hollande, lors de son élection en 2012, n’avait selon lui pas mis en œuvre le programme économique qu’il avait coécrit avec Emmanuel Macron. Une déception qu’il a explicitement formulée : « Je n’ai pas eu le sentiment qu’il avait vraiment l’intention de mettre en œuvre ce programme. »

Le ton est monté lorsque Cahuzac a comparé Hollande à Mazarin, figure historique connue pour ses intrigues politiques. « Je n’ai pu que trouver la confirmation de ce que je pense depuis longtemps : François Hollande est un fidèle disciple du cardinal de Mazarin », a-t-il déclaré. « J’ai rarement vu quelqu’un avec une telle capacité de simulation et de dissimulation. » Il a illustré son propos en citant un exemple précis : les apparences publiques de soutien envers Anne Hidalgo, alors que, selon lui, Hollande aurait simultanément dénigré la maire de Paris auprès des journalistes.

Fraude fiscale et retour raté en politique

Jérôme Cahuzac, qui a été le ministre du Budget de François Hollande jusqu’à sa démission en 2013, a également évoqué le scandale qui a marqué le quinquennat de l’ex-président. Condamné en appel à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour fraude fiscale, il a purgé sa peine sous bracelet électronique avant de tenter un retour en politique lors des législatives de 2024. Cette tentative s’est soldée par un échec, et Cahuzac a depuis choisi de s’éloigner des médias et de la vie politique.

Lors de l’interview, il a réaffirmé avoir eu plusieurs rencontres avec Hollande dès décembre 2012, et que ce dernier était alors au courant de l’existence de son compte en Suisse. Une affirmation déjà portée devant la justice, mais que Cahuzac a maintenue sans ajout. « Je n’ai rien à ajouter à ce que j’ai dit à ce moment-là », a-t-il précisé, refusant d’en dire davantage sur ce sujet.

La question du mensonge et du pardon

L’ancien ministre a également réagi aux déclarations de François Hollande, qui l’a présenté comme un menteur lors de sa tentative de retour en politique. « Moralement, il restera celui qui a menti et qui a menti à tout le pays, en définitive », avait déclaré Hollande en 2024. À cette critique, Cahuzac a répondu avec ironie : « Il m’accuse d’avoir menti. Il considère donc que lui n’a jamais menti à ce propos ou à un autre. C’est un problème entre lui et sa conscience. »

Il a ajouté : « Je trouve simplement un peu audacieux quand il s’érige, à propos du mensonge, en ‘père la morale’… mais il a les moyens de l’être, et moi pas. » Une réplique qui met en lumière la tension persistante entre les deux hommes, plus de dix ans après le scandale de 2013. Cahuzac a également évoqué la candidature potentielle de Hollande à l’élection présidentielle de 2027, sans pour autant se prononcer sur son souhait de le voir revenir en politique.

« François Hollande est un fidèle disciple du cardinal de Mazarin. J’ai rarement vu quelqu’un avec une telle capacité de simulation et de dissimulation. »
Jérôme Cahuzac, dans « Complément d’enquête », 18 juin 2026

L’évocation douloureuse du 5 décembre 2012

Pour Cahuzac, l’interview de ce soir était aussi l’occasion de revenir sur un moment douloureux de sa carrière. Il a accepté de participer à l’émission à condition que ne soit pas rediffusée la vidéo de son intervention à l’Assemblée nationale le 5 décembre 2012, lors de laquelle il avait nié l’existence de son compte en Suisse. Une séquence devenue emblématique du scandale.

« Ces 45 secondes, j’ai fait ce que je n’aurais jamais voulu faire et j’ai été celui que je n’aurais jamais voulu être. C’est donc très douloureux pour moi. Je ne pousse pas le masochisme jusqu’à avoir plaisir à revoir ce que je n’ai jamais voulu être », a-t-il expliqué. Il a ensuite coupé court à toute question supplémentaire sur ce sujet, refusant d’en dire plus : « On va arrêter d’en parler. »

Et maintenant ?

François Hollande, réélu député en 2024, pourrait se représenter à l’élection présidentielle de 2027. De son côté, Jérôme Cahuzac, après son échec aux législatives, semble avoir définitivement tourné la page de la politique. La diffusion de cette interview pourrait relancer les débats sur le passé de Hollande et les leçons à tirer du scandale Cahuzac, alors que le pays se prépare à un nouveau cycle électoral.

Les prochains mois pourraient aussi être marqués par des précisions sur d’éventuelles suites judiciaires liées aux déclarations de Cahuzac, bien que celui-ci ait clairement indiqué qu’il ne souhaitait plus aborder ce sujet. Reste à voir si cette intervention médiatique relancera les tensions au sein de la gauche, déjà divisée sur de nombreux sujets.

En attendant, l’interview de Jérôme Cahuzac dans « Complément d’enquête » offre une nouvelle occasion de revenir sur un scandale qui a profondément marqué la vie politique française, tout en posant la question des limites de la dissimulation en politique.

Jérôme Cahuzac a été condamné en appel à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, pour fraude fiscale. Il a purgé sa peine sous bracelet électronique avant de tenter un retour en politique en 2024.

Non. Comme le rapporte Franceinfo – Politique, François Hollande n’a pas donné suite à l’invitation de « Complément d’enquête » pour participer à l’émission ce 18 juin 2026.