Le député socialiste de l’Essonne, Jérôme Guedj, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027, a appelé jeudi 27 août 2026 à la constitution d’une « dream team » de la gauche « républicaine, universaliste, laïque », lors de son passage dans l’émission « 8h30 franceinfo ». Selon nos confrères de Franceinfo - Politique, il a insisté sur la nécessité de proposer une alternative crédible face à l’affrontement annoncé entre le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI).

Ce qu'il faut retenir

  • Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne et candidat à la présidentielle 2027, a appelé à la formation d’une « dream team » de la gauche républicaine.
  • Il a présenté cette initiative comme une réponse aux divisions internes et à la menace d’un duel entre le RN et LFI.
  • Le député a critiqué les « névroses » partagées par le RN et LFI, qu’il qualifie d’« agents actifs du désarroi national ».
  • Il a confirmé sa participation à la primaire socialiste pour incarner cette gauche universaliste.
  • Son nouveau livre, La République, c’est nous. Pour en finir avec l’indignité, critique frontalement LFI et ses positions.

Une « dream team » pour contrer le duel RN-LFI

Jérôme Guedj a plaidé pour une union des forces de la gauche républicaine, laïque et universaliste, afin d’incarner une troisième voie face à l’extrême droite et à la gauche radicale. « Il y a une alternative à ce duel annoncé, presque implacable, entre le Rassemblement national et la France insoumise, il y a une gauche républicaine. C’est celle que je veux incarner », a-t-il déclaré sur franceinfo. Pour lui, cette alliance doit rassembler « tous ceux qui sont attachés à une vision républicaine de la société » et permettre de « peser dans ce choix » lors de la primaire socialiste.

Le député a rappelé son engagement en faveur d’une démarche collective, soulignant : « J’avais toujours dit depuis le début qu’il fallait jouer collectif. » Il a confirmé sa participation au processus de départage organisé par le Parti socialiste, estimant que « dans ce moment-là, il faut qu’on joue collectif ». Guedj a dénoncé les « divisions, les aventures individuelles », sans nommer explicitement ses adversaires internes au PS.

Critique frontale de LFI et du RN

Dans son ouvrage publié concomitamment à son passage médiatique, La République, c’est nous. Pour en finir avec l’indignité, Jérôme Guedj s’attaque directement à La France insoumise. Il va jusqu’à qualifier LFI et le RN d’« agents actifs du désarroi national », leur reprochant leurs « névroses » et leurs « mots d’ordre ». Selon lui, ces deux formations partagent une même logique de fragmentation identitaire : « On est pris dans une sorte de Janus identitaire où, d’un côté, on a le RN qui nous dit : c’est le grand remplacement, et de l’autre, quelqu’un qui théorise une nouvelle France dans laquelle on renvoie à ses identités. »

« Les deux agents actifs du désarroi national, lepénisme et mélenchonisme, ont pour eux leurs névroses, leurs mots d’ordre et leurs mantras. »
— Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne

Le candidat a également mis en garde contre une logique de « segmenter les Français », qu’il juge commune aux deux partis. Pour Guedj, cette approche contribue à affaiblir la cohésion nationale et à alimenter les tensions politiques.

Primaires socialistes : une mobilisation massive attendue

Jérôme Guedj a appelé à une mobilisation « massive » de la part des sympathisants de gauche attachés à une vision républicaine. « Tous ceux qui sont attachés à une vision républicaine de la société pourront peser dans ce choix […] je les invite à se mobiliser massivement. Il faut qu’il y ait une submersion », a-t-il lancé, évoquant explicitement sa volonté de participer à la primaire organisée par le Parti socialiste. Pour lui, cette élection interne doit permettre de trancher entre les différentes tendances de la gauche et d’unir ses forces pour 2027.

Le député a par ailleurs rappelé sa participation au processus de départage organisé par le PS, précisant : « dimanche dernier, j’ai dit qu’évidemment, je souhaitais participer à ce processus de départage. » Il a ajouté que cette démarche s’inscrivait dans une volonté de « jouer collectif », malgré les divisions internes persistantes au sein de la famille socialiste.

Un diagnostic sévère de la gauche française

Jérôme Guedj dresse dans son livre un constat sans appel de la situation politique actuelle, évoquant un « macronisme qui se termine » et une « hégémonie de la gauche radicale incarnée par LFI ». Pour lui, la gauche républicaine doit incarner une alternative « universaliste, laïque » pour éviter une domination de l’extrême droite ou de l’extrême gauche. « J’appelle de mes vœux à ce qu’il y ait une “dream team” de cette gauche républicaine, universaliste, laïque, qui incarne justement l’alternative », a-t-il résumé.

Son analyse rejoint celle de plusieurs observateurs, qui soulignent la fragmentation du paysage politique français et l’absence d’un projet fédérateur pour la gauche modérée. Guedj mise sur une stratégie d’union pour contrer cette tendance, tout en critiquant ouvertement les dérives qu’il impute à LFI et au RN.

Et maintenant ?

La primaire socialiste, dont les dates restent à préciser, pourrait s’avérer décisive pour l’avenir de Jérôme Guedj. Son appel à une « submersion » des militants et son positionnement clair contre LFI et le RN pourraient renforcer sa candidature. Reste à voir si les autres figures de la gauche modérée, comme Olivier Faure ou Anne Hidalgo, rejoindront cette dynamique ou privilégieront leurs propres stratégies pour 2027. La capacité à fédérer au-delà des clivages internes sera déterminante dans les mois à venir.

Quant à la présidentielle, un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon semble effectivement se dessiner dans les sondages. Une alliance réussie au sein de la gauche républicaine pourrait, en théorie, modifier cette donne. Mais pour l’heure, les divisions persistent, et la route vers l’unité reste semée d’embûches.

Selon lui, ces deux formations partagent une logique de fragmentation identitaire et d’opposition systématique, qu’il juge nuisible à la cohésion nationale. Dans son livre et ses interventions, il les qualifie d’« agents actifs du désarroi national » et dénonce leurs « névroses » et leurs « mantras ».