Alors que le jeûne intermittent séduit de plus en plus de Français en quête de méthodes d’amélioration de leur santé, un expert en nutrition livre un conseil qui pourrait bien renverser les habitudes établies. David Rodeff, spécialiste reconnu dans le domaine, recommande de renoncer au dîner plutôt qu’au petit-déjeuner pour une efficacité optimale. Une approche qui, selon lui, s’aligne mieux avec les rythmes naturels du corps.
Ce qu'il faut retenir
- David Rodeff, expert en nutrition, préconise de sauter le dîner plutôt que le petit-déjeuner pour un jeûne intermittent plus adapté à l’horloge hormonale.
- Cette méthode s’appuie sur une meilleure synchronisation avec les rythmes biologiques naturels du corps.
- Le jeûne intermittent consiste à alterner des périodes de jeûne et d’alimentation sur une journée.
Le jeûne intermittent, une tendance en pleine expansion
Le jeûne intermittent, qui consiste à alterner des périodes de jeûne et des fenêtres d’alimentation, séduit de plus en plus d’adeptes en France. Selon une étude récente, près de 20 % des Français auraient déjà testé cette méthode, séduits par ses promesses de perte de poids, d’amélioration du métabolisme ou encore de réduction des risques de maladies chroniques. Pourtant, les modalités de sa pratique restent souvent mal comprises, voire contre-productives.
C’est dans ce contexte que David Rodeff, expert en nutrition et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, alerte sur une erreur courante : renoncer au petit-déjeuner plutôt qu’au dîner. Une habitude largement répandue, mais qui, selon lui, ne serait pas optimale pour le corps.
Une horloge biologique à respecter
Pour David Rodeff, tout est une question de rythme. « Notre organisme fonctionne selon des cycles hormonaux bien précis, notamment ceux de la mélatonine et du cortisol », explique-t-il. Ces hormones, régulatrices de notre sommeil et de notre énergie, sont plus actives le soir, ce qui rend le jeûne nocturne plus naturel. « Sauter le dîner permet de prolonger cette période de jeûne nocturne, où le corps puise dans ses réserves sans subir les perturbations liées à la digestion », précise-t-il.
À l’inverse, renoncer au petit-déjeuner perturberait davantage le métabolisme. Le corps, après une nuit de jeûne naturel, se trouve dans un état de recherche d’énergie dès le réveil. Le priver de nourriture au moment où il en a le plus besoin pourrait, à terme, entraîner des carences ou des fringales excessives dans la journée.
Les bénéfices attendus d’une telle pratique
Selon l’expert, adopter cette stratégie permettrait de mieux réguler la glycémie, de réduire les inflammations et même d’améliorer la qualité du sommeil. « En évitant de manger le soir, on favorise l’autophagie, ce processus par lequel le corps élimine les cellules endommagées », souligne-t-il. Des effets qui, combinés, pourraient contribuer à une meilleure santé globale à long terme.
Pourtant, David Rodeff insiste sur l’importance d’adapter cette pratique à son propre rythme. « Chacun doit trouver l’équilibre qui lui convient, en fonction de son mode de vie et de ses besoins énergétiques », rappelle-t-il. Une approche personnalisée qui évite les dérives, comme le jeûne excessif ou une alimentation déséquilibrée.
Pourquoi les Français préfèrent-ils sauter le petit-déjeuner ?
Malgré ces arguments, une majorité de Français optent encore pour la suppression du petit-déjeuner. Selon une enquête réalisée en 2025, 60 % des personnes interrogées déclarent préférer jeûner le matin, souvent par manque de temps ou par habitude culturelle. Une tendance qui s’explique aussi par l’influence des réseaux sociaux, où les influenceurs prônent parfois des méthodes radicales sans toujours en mesurer les conséquences.
Pourtant, David Rodeff met en garde contre les risques d’une telle pratique. « Un jeûne mal adapté peut entraîner des carences, une fatigue chronique ou même des troubles du comportement alimentaire », avertit-il. Il recommande ainsi de privilégier une fenêtre de jeûne nocturne, entre 18 heures et 10 heures le lendemain, pour un équilibre optimal.
Une chose est sûre : le débat sur le jeûne intermittent n’est pas près de s’éteindre. Les prochaines études, ainsi que les retours des praticiens, permettront peut-être de trancher entre les différentes méthodes. En attendant, une chose reste certaine : la clé réside dans l’adaptation à son propre rythme.
Non, cette méthode n’est pas recommandée pour les femmes enceintes, les personnes souffrant de troubles alimentaires ou de certaines pathologies. Il est essentiel de consulter un professionnel de santé avant de se lancer, comme le souligne David Rodeff.