L’ancien maire de Nice, Christian Estrosi, a exprimé ce samedi 6 juin 2026 son amertume face à la décision de ne pas organiser les épreuves de glace des Jeux Olympiques d’hiver 2030 à Nice, préférant Lyon comme ville hôte. Selon RMC Sport, cette situation résulte de désaccords profonds avec l’actuel maire, Eric Ciotti, notamment sur la faisabilité technique et financière du projet de patinoire provisoire à l’Allianz Riviera, stade de l’OGC Nice.
Ce qu'il faut retenir
- Nice devait initialement accueillir les épreuves de glace des JO 2030, mais Lyon a finalement été désignée en raison de divergences politiques et logistiques.
- Le projet prévoyait une patinoire temporaire à l’Allianz Riviera, ce qu’Eric Ciotti a jugé trop contraignant et coûteux.
- Christian Estrosi estime que Nice aurait pu générer près de 500 millions d’euros de retombées économiques grâce à l’événement.
- La carte définitive des sites olympiques sera actée le 19 juin 2026, selon Edgar Grospiron, président du Comité d’organisation des Jeux (Cojop).
- Estrosi regrette que Nice ait été « privée d’un événement historique » en raison de « politisation du dossier ».
Ce revirement s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes entre l’ancien et le nouveau maire de Nice. En 2024, le projet semblait acquis pour la ville azuréenne, qui devait accueillir les sports de glace. Cependant, les désaccords avec Eric Ciotti ont conduit à une réévaluation complète de la candidature. « On ne reviendra pas en arrière », a confirmé Edgar Grospiron, précisant que la configuration finale des sites sera finalisée dans deux semaines. « Cela aurait fait entre 3 et 5 matchs à domicile de l’OGC Nice délocalisés, mais seulement pour les petites affiches », a-t-il ajouté.
Dans un entretien accordé à Nice-Matin — repris par RMC Sport —, Christian Estrosi a défendu son projet initial. Il a notamment évoqué la possibilité de réaliser les travaux nécessaires pendant la trêve hivernale du football, entre décembre et janvier. « Le démontage, ça va vite. Fin février tout aurait été fini. Soit trois mois et demi d’occupation, quatre avec une marge », a-t-il précisé. Pour les rencontres majeures (contre Marseille, Paris ou Monaco), il suggérait de négocier avec la Ligue de football professionnel (LFP) afin de décaler leur programmation.
Sur le plan économique, Estrosi met en avant les retombées potentielles. « Pour les JO, on était sur une trajectoire de près de 500 millions d’euros de retombées économiques à l’échelle de la Métropole », a-t-il souligné. « Sans compter le prestige, l’image. Nice aurait pu, à jamais, être ville olympique. » Le coût élevé du projet, critiqué par son successeur, est selon lui compensé par ces bénéfices à long terme. « Les Jeux, c’est un investissement, pas une dépense », a-t-il insisté.
Face à l’échec de son projet, Christian Estrosi ne cache pas sa déception. « Je suis triste », a-t-il confié. « En 2024, c’était acquis, nous étions ville olympique à tout jamais. Et voilà où nous en sommes en 2026. Parce qu’on a voulu politiser le sujet — ce que je me suis toujours refusé de faire — on a fait perdre à notre ville la possibilité d’être marquée à tout jamais par les anneaux olympiques. » Pour lui, l’enjeu dépassait largement le cadre sportif : il s’agissait d’inscrire Nice dans l’histoire du sport mondial.
« Nice aurait pu, à jamais, être ville olympique. » — Christian Estrosi, ancien maire de Nice
Ce revers pour Nice soulève également des questions plus larges sur l’organisation des grands événements sportifs en France. Entre coûts maîtrisés et ambition territoriale, les collectivités doivent désormais arbitrer entre prestige et rentabilité. Si les JO 2030 promettent d’être une vitrine pour les Alpes, leur impact réel sur l’économie locale dépendra des choix opérés dans les prochains mois. Une chose est sûre : l’histoire olympique de Nice, pour cette édition, s’écrira ailleurs.