Sur la base d’une intervention télévisée ce samedi 29 août 2026, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a réaffirmé son intention de procéder à une refonte en profondeur du système fiscal français dès sa première mesure à la tête du gouvernement. Selon nos confrères de BFM - Politique, il a annoncé vouloir supprimer « une myriade de 120 taxes et impôts », une promesse qui s’inscrit dans la droite ligne de son programme économique.

Lors de son passage sur BFMTV en début de soirée, Bardella a également rappelé son engagement à « respecter [sa] parole », évoquant indirectement la candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027. Pour le leader du RN, cette suppression massive de prélèvements viserait à « redonner du pouvoir d’achat aux Français » et à simplifier un système fiscal qu’il juge « trop complexe et confiscatoire ». Une déclaration qui s’inscrit dans un contexte politique tendu, marqué par l’opposition frontale entre le RN et les autres forces politiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Jordan Bardella, président du RN, a annoncé ce 29 août 2026 vouloir supprimer 120 taxes et impôts s’il devient chef du gouvernement.
  • Il s’exprimait sur BFMTV, où il a aussi réaffirmé son soutien à Marine Le Pen pour 2027.
  • Cette proposition s’inscrit dans un programme de simplification fiscale porté par le RN.
  • D’autres responsables politiques, comme Olivier Faure (PS), ont réagi lors des universités d’été du parti socialiste.

Un programme économique ambitieux, entre simplification et baisse des prélèvements

Dans ses propos, Jordan Bardella a présenté cette mesure comme une priorité absolue pour son éventuel mandat. Selon lui, la suppression de ces 120 taxes et impôts permettrait de « libérer l’économie française » et de « redonner de la marge de manœuvre aux ménages ». Une annonce qui s’adresse directement aux électeurs en quête de pouvoir d’achat, un thème central de la campagne du RN. Pourtant, le détail de ces suppressions reste à préciser : Bardella n’a pas détaillé quels impôts seraient concernés, ni les compensations envisagées pour les collectivités locales dépendantes de ces recettes.

Cette proposition s’ajoute à d’autres éléments du programme économique du RN, comme la baisse de la TVA sur certains produits de première nécessité ou la réforme de la fiscalité des entreprises. Autant dire que cette annonce vise à séduire un électorat varié, des classes populaires aux classes moyennes, en passant par les indépendants et les entrepreneurs. Reste à savoir si cette mesure sera perçue comme crédible par les économistes, certains soulignant déjà les risques de déséquilibre budgétaire.

Le RN et LFI, « deux revers de la même médaille » selon Renaissance

Face à cette annonce, plusieurs responsables politiques ont réagi. Jad Zahab, secrétaire national du parti Renaissance, a estimé que « le RN et La France Insoumise (LFI) sont les deux revers de la même médaille », une critique qui vise à associer les deux formations dans une même catégorie idéologique. Une comparaison que le RN rejette catégoriquement, insistant sur la modération de son projet économique par rapport à celui de LFI.

De son côté, Matthieu Valet, député européen RN, a rappelé que « l’on a un binôme : l’une [Marine Le Pen] postule à l’Élysée et l’autre [Jordan Bardella] postule à Matignon ». Une stratégie qui vise à rassurer sur la cohérence de l’équipe dirigeante du parti, tout en préparant activement la campagne de 2027.

Olivier Faure et le PS : un discours axé sur l’écologie et la justice sociale

Pendant ce temps, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a profité des universités d’été de son parti pour marteler ses propres propositions. Selon nos confrères de BFM - Politique, il a déclaré que « l’heure du socialisme écologique a sonné », insistant sur la nécessité d’un État « stratège protecteur et organisateur du temps long ». Faure a aussi défendu l’idée que « l’impôt n’est pas une punition, l’impôt n’est pas un gros mot », une réponse directe aux critiques libérales sur la fiscalité.

Le leader socialiste a également marqué les esprits en affirmant que « aucune couleur de peau, aucune religion, aucune généalogie ne définit l’appartenance à la nation », une prise de position qui s’inscrit dans le rejet des discours identitaires. Enfin, il a estimé que « nous devons des excuses à la jeunesse », une phrase qui renvoie aux critiques sur la gestion des crises économiques et sociales par les gouvernements successifs.

Un débat politique qui s’intensifie avant 2027

Ces échanges illustrent l’intensité du débat politique à moins d’un an de l’élection présidentielle. Jordan Bardella, qui mise sur une stratégie de normalisation de l’image du RN, tente de convaincre que son parti est désormais un acteur incontournable de la vie politique française. Ses annonces sur la fiscalité s’adressent autant aux électeurs traditionnels du RN qu’aux déçus des politiques menées par la majorité actuelle.

Face à lui, les autres forces politiques tentent de dessiner des alternatives. Le PS, avec Olivier Faure, mise sur un retour aux fondamentaux du socialisme, tout en intégrant une dimension écologique. Renaissance, représenté par Jad Zahab, cherche à diaboliser le RN en le rapprochant de LFI, une stratégie qui vise à mobiliser l’électorat modéré. Quant à LFI, le parti de Jean-Luc Mélenchon, il est systématiquement présenté comme une menace par ses adversaires, qui brandissent le risque d’une « dérive radicale ».

Et maintenant ?

Si Jordan Bardella venait à occuper Matignon, la suppression de 120 taxes et impôts nécessiterait une réforme législative d’ampleur, probablement au cours des premiers mois de 2027. Une telle mesure devrait être négociée avec le Parlement, où le RN ne dispose pas d’une majorité absolue. Par ailleurs, les économistes s’interrogent déjà sur les conséquences budgétaires d’une telle baisse de recettes, alors que la dette publique française reste élevée. Bref, cette promesse pourrait rapidement devenir un sujet de clivage majeur dans les mois à venir.

Les élections européennes de 2029 et les régionales de 2030 pourraient aussi servir de test pour évaluer la popularité des propositions du RN. Pour l’instant, le parti mise sur une dynamique de terrain et une présence médiatique accrue pour préparer 2027, tout en tentant de rassurer sur sa capacité à gouverner.

Jordan Bardella n’a pas détaillé la liste exacte des 120 taxes et impôts concernés lors de son intervention. Il a simplement évoqué une « myriade » de prélèvements à supprimer pour simplifier le système fiscal, sans préciser quels types de taxes (locales, nationales, spécifiques) seraient concernés.