L’entraîneur portugais José Mourinho a saisi la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) afin de contester ce qu’il considère comme une atteinte à son droit à la liberté d’expression. Cette action en justice fait suite à son passage à la tête de l’équipe turque de Fenerbahçe, comme le rapporte Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • José Mourinho a engagé des poursuites contre la Turquie devant la CEDH pour violation présumée de la liberté d’expression.
  • L’ancien entraîneur de Fenerbahçe dénonce des restrictions lors de son passage en Turquie, entre 2021 et 2022.
  • Cette affaire porte sur des déclarations faites par Mourinho lors de son mandat au club stambouliote.
  • La CEDH a été saisie dans un délai de six mois après les faits reprochés, conformément à la procédure.
  • Le montant des dommages et intérêts réclamés n’a pas été précisé.

Selon les informations d’Ouest France, José Mourinho reproche aux autorités turques d’avoir limité sa capacité à s’exprimer librement lors de son passage à Fenerbahçe. L’entraîneur, connu pour son franc-parler, aurait été confronté à des restrictions dans ses prises de parole, notamment en conférence de presse. Ces contraintes, estime-t-il, ont porté atteinte à un droit fondamental garanti par la Convention européenne des droits de l’Homme.

L’affaire trouve son origine dans la période où Mourinho occupait le poste d’entraîneur de Fenerbahçe, entre janvier 2021 et juin 2022. À cette époque, le club évoluait en Süper Lig, le championnat turc de football, et l’entraîneur portugais avait marqué les esprits par ses déclarations souvent tranchées. Pourtant, selon lui, certaines de ses interventions auraient été censurées ou limitées par les instances du club ou les autorités locales.

Dans sa plainte déposée devant la CEDH, Mourinho s’appuie sur l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme, qui protège la liberté d’expression. Il affirme que les restrictions imposées lors de son passage à Fenerbahçe ont dépassé le cadre légitime des règles disciplinaires ou sportives. Pour l’entraîneur, ces mesures équivalaient à une ingérence injustifiée dans son droit de s’exprimer.

« Ce que je conteste, c’est le fait que ces restrictions aient été systématiques et qu’elles aient visé à m’empêcher de m’exprimer librement, alors même que j’étais dans un cadre professionnel », a déclaré Mourinho à la presse portugaise en marge du dépôt de sa plainte. « La liberté d’expression ne doit pas être un luxe réservé à certains contextes. »

La procédure engagée par Mourinho devant la CEDH intervient après que les voies de recours internes en Turquie ont été épuisées. Conformément aux règles de la Cour, le recours doit être introduit dans un délai de six mois après les dernières décisions nationales. Dans ce cas précis, la saisine de la CEDH intervient donc dans le respect des délais prévus par la procédure.

Le montant des dommages et intérêts réclamés par Mourinho n’a pas été rendu public. La plainte vise principalement à obtenir une reconnaissance de la violation de ses droits, ainsi qu’une indemnisation pour le préjudice subi. Si la CEDH donne raison à l’entraîneur, la Turquie pourrait être condamnée à lui verser une compensation financière et à modifier ses pratiques en matière de liberté d’expression dans le sport.

Et maintenant ?

La CEDH a désormais six mois pour décider si elle accepte ou non de traiter la requête de Mourinho. Si le recours est recevable, la Cour examinera le fond de l’affaire et pourrait rendre un arrêt dans un délai de deux à quatre ans. En cas de condamnation de la Turquie, Ankara disposera d’un délai pour se conformer à la décision ou pour faire appel devant le Comité des ministres du Conseil de l’Europe. Bref, autant dire que le chemin judiciaire reste long avant une issue concrète.

Cette affaire soulève également des questions sur la liberté d’expression des entraîneurs étrangers dans les championnats nationaux, notamment dans des pays où la presse et les institutions sportives sont soumises à des pressions particulières. Elle pourrait, à terme, inciter d’autres sportifs ou personnalités à engager des recours similaires devant la CEDH.

Reste à voir si la procédure aboutira à une remise en cause des pratiques turques en matière de liberté d’expression dans le sport. En attendant, José Mourinho continue de marquer l’actualité judiciaire, quelques années après avoir quitté le banc de Fenerbahçe.

José Mourinho a quitté Fenerbahçe en juin 2022, soit environ un an et demi après son arrivée. Les raisons exactes de son départ n’ont pas été officiellement détaillées, mais des tensions présumées avec la direction du club et des résultats sportifs en deçà des attentes ont été évoqués par plusieurs médias turcs et internationaux.