L’actrice, réalisatrice et autrice Josiane Balasko, figure incontournable du paysage culturel français depuis plus de cinq décennies, publie le 3 juin 2026 Le Dernier Sanctuaire, un roman d’anticipation aux éditions Calmann-Lévy. Selon Franceinfo - Culture, cette œuvre interroge autant notre présent que notre avenir, à travers une intrigue où la transmission du savoir et l’humanité sont menacés. Dans un entretien accordé à Élodie Suigo pour l’émission « Le monde d’Élodie », l’artiste, connue pour son franc-parler et son engagement, a souligné avec force son inquiétude face à la dégradation des valeurs collectives, notamment l’empathie, qu’elle juge en déclin croissant.
Ce qu'il faut retenir
- Publication le 3 juin 2026 de Le Dernier Sanctuaire aux éditions Calmann-Lévy, un roman d’anticipation signé Josiane Balasko.
- L’autrice y aborde la menace pesant sur le savoir et l’humanité, avec une intrigue centrée sur la protection des derniers animaux sauvages et des valeurs humanistes.
- Josiane Balasko dénonce le recul de l’empathie dans la société, illustré par des exemples de faits divers où des témoins filment des agressions au lieu d’intervenir.
- Elle s’inspire de faits réels, comme les décrets de Donald Trump autorisant la chasse aux ours en hibernation, symbole selon elle d’une « incarnation du mal ».
- Son parcours, marqué par une enfance modeste à Saint-Ouen et une carrière atypique, a forgé son regard sur les marginaux et les exclus.
- Balasko évoque l’importance de l’éducation à l’empathie, citant les pays nordiques où cette approche réduit significativement la délinquance.
Un roman d’anticipation ancré dans les réalités contemporaines
Avec Le Dernier Sanctuaire, Josiane Balasko propose une fiction où les autorités tentent d’anéantir le savoir, un thème qu’elle ne qualifie pas d’anticipation mais de « simple déplacement dans l’espace ». Selon Franceinfo - Culture, l’autrice s’inspire de dynamiques observées aux États-Unis, où des livres sont bannis des bibliothèques et l’éducation reléguée au second plan. « C’est plus facile de diriger des ignorants », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’oubli de l’histoire condamne aussi le futur. Ce projet littéraire a germé dans son esprit dès 2017, lors des premiers décrets de Donald Trump autorisant la chasse aux ours en hibernation, une mesure réservée aux plus riches. « Ce type-là, c’est une incarnation du mal », a-t-elle résumé avec une fermeté qui caractérise son engagement.
Les personnages du roman, des protecteurs luttant pour sauver les derniers animaux sauvages, incarnent selon elle la résistance d’une certaine idée de l’humanité. « Ce qui est le plus menacé aujourd’hui, c’est l’empathie », a-t-elle martelé, soulignant que la société actuelle donne des « coups de poing » à l’humanité. Son constat est sans appel : une société sans empathie est une société condamnée. Pour illustrer ce déclin, elle cite des faits divers où des témoins filment des agressions au lieu d’agir, ou se contentent d’observer. « On se demande ce qu’il faudrait pour inverser la tendance : une piqûre d’humanité, un rappel éducatif ? » interroge-t-elle, tout en rappelant que des modèles comme les pays nordiques, où l’empathie est enseignée dès l’enfance, montrent des résultats probants en matière de réduction de la délinquance.
Transmission et héritage, deux piliers de son écriture
Le parcours de Josiane Balasko, marquée par une enfance passée à Saint-Ouen dans un milieu modeste, explique en partie sa sensibilité aux thèmes de la transmission et de l’héritage. « J’habitais à Saint-Ouen, où on ne partait pas en vacances. Sans écrans, les livres étaient notre seule échappatoire », a-t-elle expliqué à Franceinfo - Culture. Son père, disparu alors qu’elle avait 14 ans, et l’environnement des cafés tenus par ses parents ont façonné son regard sur les autres. « Le bistrot, c’est une scène ouverte où les gens arrivent, souvent bourrés à 6 heures du matin. Je recycle leurs histoires dans mes personnages », a-t-elle confié avec autodérision, évoquant un « recyclage » permanent inspiré de la vie réelle.
Son écriture, souvent centrée sur des marginaux et des exclus, reflète cette expérience. « Je suis en marge, c’est sûr », admet-elle, rappelant que son parcours n’a jamais correspondu aux cases des jeunes premiers du cinéma. « Il fallait que je m’écrive mes rôles, ils n’existaient pas. Il n’y avait pas de référence de fille drôle. » Cette singularité, elle l’assume pleinement, y voyant même une source de liberté artistique. Son humour et sa verve, forgés dès l’époque du Splendid, restent indissociables de son identité d’autrice et de réalisatrice.
Écrire comme une nécessité, entre insomnies et plaisir créatif
Derrière les pages de Le Dernier Sanctuaire se cache un travail d’écriture intense, fait de doutes et de satisfactions. Josiane Balasko avoue alterner entre insomnies anxieuses – « 2 heures du matin : ils sont bloqués sur une corniche, comment vais-je les sortir de là ? » – et moments de pur plaisir, notamment lors de l’invention de personnages comiques ou de scènes absurdes. « Se régaler en s’inventant un tueur à gages particulier, c’est un vrai bonheur », confie-t-elle. Ce mélange de tension et de jubilation illustre la complexité de son rapport à l’écriture, où la rigueur le dispute à la fantaisie.
Son nouveau roman, comme ses précédentes œuvres, confirme son attachement à des sujets engagés. Qu’il s’agisse de l’écologie, de la justice sociale ou de la préservation des valeurs humanistes, Balasko utilise la fiction comme un miroir tendu vers la société. « Ce que j’écris n’est pas de l’anticipation, c’est une réalité déplacée », résume-t-elle. Une manière de rappeler que les menaces actuelles – qu’elles soient politiques, environnementales ou morales – ne relèvent pas de la science-fiction, mais bien d’un présent qu’il faut questionner.
Avec ce roman, Josiane Balasko confirme son rôle de vigie d’une société en mutation, où les questions de savoir, d’humanité et d’écologie s’entremêlent. Une œuvre qui, loin d’être une simple distraction, se veut un appel à la lucidité et à l’action. Comme elle le résume elle-même : « Le savoir est un vaccin contre l’oubli, et l’empathie, un rempart contre la barbarie. »
Dans Le Dernier Sanctuaire, Josiane Balasko explore plusieurs thèmes centraux : la menace pesant sur le savoir et l’éducation, la perte d’empathie dans la société contemporaine, la protection de l’environnement et des animaux sauvages, ainsi que la résistance des valeurs humanistes face à des autorités autoritaires. Le roman s’inspire de réalités politiques et sociales actuelles, comme les décrets autorisant la chasse aux animaux en hibernation sous l’administration Trump aux États-Unis.