Selon Courrier International, qui republie une enquête du Wall Street Journal initialement publiée en août 2019 et mise à jour le 31 juillet 2026, les Français seraient divisés en deux camps irréconciliables pendant l’été : les « juillettistes », qui partent dès juillet, et les « aoûtistes », fidèles à la tradition de congés du mois d’août. « En France, où les longues vacances d’été sont une religion, il y a deux sectes », écrivait le quotidien américain, soulignant l’ampleur de ce phénomène culturel.
Ce qu'il faut retenir
- Les juillettistes quittent la France dès juillet, évitant ainsi les embouteillages estivaux, tandis que les aoûtistes restent fidèles à la tradition du mois d’août.
- En 2018, le « chassé-croisé » entre ces deux groupes a généré plus de 700 kilomètres de bouchons sur les routes françaises.
- La France compte 5 semaines de congés payés et 11 jours fériés, ce qui la place parmi les pays européens les plus généreux en matière de temps libre.
- Le droit aux congés payés a été instauré en 1936 après des grèves massives, marquant le début d’une tradition estivale encore bien vivante.
- En 2010, 50 % des salariés français avaient pris leurs vacances les trois premières semaines d’août, contre seulement un quart les trois dernières semaines de juillet.
Un phénomène culturel et historique
La distinction entre juillettistes et aoûtistes ne relève pas seulement de préférences personnelles, mais bien d’un marqueur social et historique. Selon le Wall Street Journal, cité par Courrier International, ce clivage « est désormais aussi ancré dans le vocabulaire français que celui entre le chardonnay et le merlot ». Les juillettistes, souvent perçus comme des « esprits libres », privilégient des destinations exotiques comme Bangkok. Ils reviennent travailler début août, une période où les bureaux sont souvent vides, ce qui leur permet, selon les aoûtistes, de « glander » tranquillement pendant un mois supplémentaire.
À l’inverse, les aoûtistes estiment incarner « le rythme de la vie française ». Pour eux, travailler en août serait « trop sinistre ». Cette division reflète en réalité une tradition bien plus ancienne : celle des congés payés, instaurés en 1936 après des grèves massives et des occupations d’usines. À l’époque, les usines fermaient en août, entraînant une migration massive des ouvriers vers la mer. Les professions libérales et les plus aisés, eux, partaient plus tôt, vers la montagne ou l’étranger.
Des embouteillages records et une tradition coûteuse
Ce chassé-croisé estival ne se limite pas à une simple question de préférence. Il a des conséquences concrètes sur le trafic routier. En 2018, le phénomène a généré plus de 700 kilomètres de bouchons, un record qui illustre l’ampleur de la migration estivale. En 2019Bison Futé, l’organisme chargé de prévoir les points de blocage pendant les vacances. Créé en 1976 après le scandale causé par 600 kilomètres de bouchons en 1975, cet outil est devenu indispensable pour anticiper les déplacements des Français.
Cette tradition des vacances en août a également un coût économique. Avec 5 semaines de congés payés et 11 jours fériés par an, la France se classe parmi les pays européens les plus généreux en matière de temps libre. Selon les données de l’Insee citées par le Wall Street Journal, en 2010, la moitié des salariés français avaient pris leurs congés les trois premières semaines d’août, contre seulement un quart les trois dernières semaines de juillet. Une tendance qui montre à quel point l’août reste un mois sacré dans le calendrier des vacances.
Une division sociale qui s’atténue, mais persiste
Si, comme le souligne un sociologue interrogé par le Wall Street Journal, « les différences entre les classes se sont atténuées », la distinction entre juillettistes et aoûtistes reste tenace. Les premiers se présentent comme des « esprits libres », capables de s’affranchir des contraintes traditionnelles pour partir dès juillet vers des destinations lointaines. Les seconds, eux, revendiquent un attachement au « rythme de la vie française », où août est synonyme de fermeture des entreprises et de détente collective.
Pourtant, cette division n’est pas aussi tranchée qu’il y paraît. D’après les chiffres de l’Insee, en 2010, un quart des salariés français partaient tout de même en juillet. Une proportion qui montre que le choix entre juillettisme et aoûtisme dépend aussi des contraintes professionnelles et personnelles de chacun. « La distinction entre juillettistes et aoûtistes est désormais aussi gravée dans le vocabulaire français que celle entre le chardonnay et le merlot », résumait le Wall Street Journal.
Le Wall Street Journal, une source d’analyse économique et sociale
Le Wall Street Journal, dont les analyses sont reprises par Courrier International, est l’un des quotidiens économiques les plus influents au monde. Fondé en 1889 à New York, il s’est imposé comme une référence en matière d’analyse des marchés financiers et de tendances économiques. Récompensé par une quarantaine de prix Pulitzer, le journal a été racheté en 2007 par le groupe News Corp. de Rupert Murdoch, ce qui a entraîné une évolution vers un format plus généraliste pour rivaliser avec le New York Times.
Avec 468 000 abonnés papier et 4,3 millions d’abonnés au total (papier et web) en 2024, le Wall Street Journal reste le quotidien le plus lu aux États-Unis. Son supplément WSJ Magazine, lancé en 2008, consacre une large place à l’art de vivre, mêlant analyses économiques et reportages lifestyle. Une diversité de contenus qui explique en partie son succès auprès d’un public international, dont fait partie Courrier International.
Pour les observateurs des dynamiques sociales en France, les analyses du Wall Street Journal offrent un éclairage original sur les traditions françaises, comme celle des vacances d’été. Un phénomène qui, bien que souvent moqué, reste un pilier de l’identité collective hexagonale.
Selon Courrier International, cette tradition remonte à 1936, lorsque les congés payés ont été instaurés après des grèves massives. Les usines fermaient alors en août, entraînant une migration massive des ouvriers vers la mer. Cette habitude s’est perpétuée, faisant d’août un mois sacré dans le calendrier des vacances en France.