À quelques jours du départ du Tour de France 2026, Julian Alaphilippe (34 ans) assume pleinement son rapport atypique à la nutrition et au poids, loin des standards modernes du peloton professionnel. Selon RMC Sport, le coureur français a reconnu mercredi, lors d’une conférence de presse, ne pas avoir adopté les méthodes strictes en matière d’alimentation, comme le calcul rigoureux des apports en glucides par heure, une pratique devenue courante chez les athlètes de haut niveau.
Ce qu'il faut retenir
- Julian Alaphilippe, 34 ans, aborde son 8ᵉ Tour de France avec une forme en reconstruction après un début de saison en deçà de ses attentes.
- Il assume son approche « vieille école » en nutrition, refusant de calculer scrupuleusement ses apports en glucides, contrairement aux tendances actuelles du peloton.
- Le coureur français, reconnu pour son style offensif et son panache, admet que cette méthode pourrait le désavantager, mais refuse de s’y conformer.
- Alaphilippe a dû interrompre sa saison des Classiques ardennaises pour une pause et retrouver sa forme physique, tout en se disant désormais « proche de 100 % » de ses capacités.
- Il pèse rarement son poids et ne suit pas les évolutions modernes en matière de gestion du poids, privilégiant une approche intuitive.
Une préparation en demi-teinte avant le Grand Départ
Avec sept victoires d’étape et trois maillots jaunes à son palmarès sur les éditions 2019, 2020 et 2021, Julian Alaphilippe reste l’un des coureurs les plus populaires du peloton français. Pourtant, son début de saison 2026 n’a pas répondu à ses ambitions. D’après RMC Sport, il a dû écourter sa participation aux Classiques ardennaises pour prendre du recul et reconstruire sa condition physique en vue du Tour. « Je n’ai pas performé du tout, et j’ai dû arrêter les Classiques ardennaises avant la fin pour avoir une vraie pause et pour repartir et construire ma forme pour le Tour de France », a-t-il expliqué.
Un soulagement, semble-t-il, pour le public français qui attend avec impatience le retour de son coureur fétiche. Alaphilippe, dont le style spectaculaire séduit depuis des années, a ajouté : « Depuis, je me sens beaucoup mieux. Je ne sais pas si je peux dire que je suis à 100 %, mais je pense que je suis en train de m’approcher, et je me sens bien, pour être honnête. »
Une vision de la nutrition en décalage avec le peloton moderne
Alors que la question du poids et de la minceur des cyclistes — notamment féminines — fait débat, Julian Alaphilippe assume une approche radicalement différente. Il a confié à la presse qu’il n’avait pas suivi l’évolution des pratiques nutritionnelles au sein du peloton, préférant une méthode plus instinctive. « J’ai vu l’évolution, pas forcément bonne pour moi à mes yeux », a-t-il souligné. « Sur le point de vue du poids, j’ai toujours fonctionné de la même manière. J’ai su évoluer avec les années, mais je n’ai jamais changé quoi que ce soit dans mon rapport avec le poids ou ma préparation. »
Contrairement à de nombreux coureurs qui ajustent leur alimentation au gramme près pour optimiser leurs performances, Alaphilippe laisse sa balance prendre la poussière. « Je suis quelqu’un qui se pèse très rarement, je ne me prends pas trop la tête avec ça. J’ai aussi la chance de ne pas avoir vraiment de problème de variation de poids », a-t-il précisé. Une philosophie qui tranche avec les exigences actuelles du cyclisme professionnel.
Le refus de l’optimisation nutritionnelle au nom de la liberté
Si le coureur reconnaît avoir constaté un virage important dans la manière dont le peloton gère les dépenses énergétiques, il assume son refus de s’y conformer. « D’un point de vue nutrition, oui, j’ai vu l’évolution, et ça pour moi, c’est quelque chose qui est difficile à intégrer », a-t-il indiqué. « Je suis encore vraiment un peu de la vieille école. Je vois l’évolution, je vois ce qu’il faut faire pour performer, être au niveau des autres et ce qui se fait au plus haut niveau de l’optimisation de la nutrition. Mais moi, pour performer, pour me sentir bien, je suis entre les deux. »
Une position qu’il assume sans ambiguïté : « Quand on parle de tant de grammes de glucides à l’heure, je ne sais pas faire ça et je ne veux pas faire ça. C’est peut-être à mon désavantage, mais voilà… » Une déclaration qui illustre son attachement à une forme de liberté, quitte à sacrifier une partie de l’optimisation technique. Autant dire que pour Julian Alaphilippe, le cyclisme reste avant tout une affaire de passion et d’instinct.
« Quand on parle de tant de grammes de glucides à l’heure, je ne sais pas faire ça et je ne veux pas faire ça. C’est peut-être à mon désavantage, mais voilà… » — Julian Alaphilippe
Reste à voir si cette « vieille école » saura encore séduire les fans de cyclisme à l’ère des données et des protocoles ultra-optimisés. Une chose est sûre : Julian Alaphilippe ne changera pas son fusil d’épaule, préférant miser sur l’émotion et le style plutôt que sur les calculs.