La justice hongroise a définitivement mis un terme aux poursuites engagées contre le maire écologiste de Budapest, Gergely Karácsony, qui avait maintenu la Marche des fiertés (Pride) en 2025 malgré son interdiction par le gouvernement de Viktor Orbán. Cette décision intervient après un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), rendu en avril 2026, condamnant la loi anti-LGBT hongroise entrée en vigueur en 2021, selon Libération.
Ce qu'il faut retenir
- Le maire écologiste de Budapest, Gergely Karácsony, risquait une amende pour avoir maintenu la Pride 2025 malgré l’interdiction gouvernementale.
- La justice hongroise a classé l’affaire après la condamnation de la loi anti-LGBT hongroise par la CJUE en avril 2026.
- Cette loi, adoptée en 2021 sous le mandat de Viktor Orbán, restreint la diffusion d’informations considérées comme « promouvant l’homosexualité » auprès des mineurs.
- La décision de la CJUE a été rendue publique le 15 avril 2026 et a invalidé plusieurs dispositions de la loi hongroise.
Une Pride maintenue malgré l’interdiction gouvernementale
En juin 2025, alors que le gouvernement hongrois, dirigé par le Premier ministre Viktor Orbán, avait officiellement interdit la Marche des fiertés de Budapest, le maire écologiste Gergely Karácsony avait choisi de maintenir l’événement. Cette décision avait suscité une vive polémique en Hongrie, où les tensions autour des droits des personnes LGBT+ s’étaient intensifiées depuis l’adoption de la loi anti-LGBT en 2021. Selon Libération, cette loi interdit toute représentation ou diffusion d’informations jugées favorables à l’homosexualité auprès des mineurs, sous peine de sanctions pour les organisateurs et les médias.
Gergely Karácsony, élu en 2019 à la tête de Budapest sous l’étiquette du parti écologiste Momentum, avait justifié sa position en invoquant la liberté d’expression et les droits fondamentaux. « Maintenir la Pride était une question de principe », avait-il déclaré à l’époque. « On ne peut pas céder à l’intolérance, surtout quand elle est institutionnalisée. » Le gouvernement hongrois avait réagi en annonçant des poursuites à l’encontre de la municipalité pour « violation des règles nationales ».
La CJUE condamne la loi anti-LGBT hongroise
C’est dans ce contexte qu’est intervenue la décision de la Cour de justice de l’Union européenne, rendue publique le 15 avril 2026. La CJUE a estimé que plusieurs dispositions de la loi hongroise étaient contraires au droit européen, notamment au regard des principes de non-discrimination et de liberté d’expression garantis par les traités de l’UE. Dans son arrêt, la Cour a souligné que la loi hongroise « visait indirectement à stigmatiser les personnes LGBT+ » et créait un climat hostile à leur égard.
Cette décision a eu un retentissement immédiat en Hongrie, où elle a été perçue comme un revers majeur pour le gouvernement d’Orbán. « La CJUE a clairement indiqué que la Hongrie ne peut pas utiliser la protection des mineurs comme prétexte pour discriminer une partie de sa population », a réagi Dóra Dúró, députée du parti d’opposition Jobbik. La pression internationale s’est également accrue, l’UE ayant déjà gelé des fonds européens en réponse aux mesures anti-démocratiques de Budapest.
La justice hongroise s’aligne sur l’arrêt de la CJUE
Dans la foulée de l’arrêt de la CJUE, la justice hongroise a finalement décidé de classer les poursuites engagées contre Gergely Karácsony. Le tribunal administratif de Budapest a estimé que les charges retenues contre le maire n’avaient plus de base légale, la loi hongroise ayant été partiellement invalidée par la décision européenne. « Le classement de l’affaire est une victoire pour l’État de droit », a commenté Tímea Szabó, députée du parti Momentum. « Cela montre que même dans un contexte politique tendu, les institutions peuvent encore se plier au droit international. »
Cette issue judiciaire marque un tournant dans la lutte pour les droits LGBT+ en Hongrie, même si les associations locales restent prudentes. « Ce n’est qu’une première étape », a tempéré Szabolcs Schmidt, porte-parole de l’association Helsinki Committee. « La loi anti-LGBT reste en vigueur pour une grande partie de ses dispositions, et le climat général n’a pas changé du jour au lendemain. »
Cette affaire rappelle que, malgré les avancées judiciaires, la bataille pour les droits fondamentaux en Hongrie reste loin d’être gagnée. La question est désormais de savoir si le gouvernement hongrois acceptera de pleinement appliquer les décisions européennes ou s’il continuera à défier les institutions de l’UE.
La loi hongroise de 2021 interdisait la diffusion de contenus « promouvant l’homosexualité » auprès des mineurs, sous peine de sanctions pour les médias, les écoles et les organisateurs d’événements. Elle assimilait également l’homosexualité à une « idéologie » pouvant nuire au développement des enfants, une mesure dénoncée comme discriminatoire par les organisations de défense des droits humains et la CJUE.