Le Kennedy Center, institution culturelle emblématique de Washington, a retiré le nom du président Donald Trump de son site internet dès lundi 8 juin 2026, conformément à une décision judiciaire rendue le 29 mai dernier. Cependant, la façade du bâtiment conserve toujours cette référence, pour l'instant. Selon le Figaro, un juge fédéral américain a en effet ordonné au conseil d'administration de supprimer, sous deux semaines, toute mention de « tout individu autre que le président Kennedy » sur l'édifice, son site web ou ses marques déposées.
Ce qu'il faut retenir
- Le conseil d'administration du Kennedy Center a reçu l'ordre de retirer toute référence à Donald Trump de la façade, du site internet et des marques déposées dans un délai de deux semaines.
- Un juge fédéral a suspendu la fermeture du centre pour deux ans, estimant que le conseil avait manqué à son « devoir de prudence ».
- Donald Trump a annoncé renoncer à contrôler le Kennedy Center et propose de transférer sa gestion au Congrès.
- Le centre avait été rebaptisé « Trump Kennedy Center » en décembre 2025, une décision contestée par la famille Kennedy et l'opposition démocrate.
- Les travaux de réparation, jugés « criants » par le juge, peuvent se poursuivre.
Une décision judiciaire qui s'impose progressivement
Le 29 mai 2026, un juge fédéral a rendu une ordonnance exigeant le retrait de toute référence à Donald Trump du Kennedy Center, sous peine de sanctions. La mesure vise à respecter la volonté du Congrès américain, qui avait initialement interdit en 2023 de nommer un bâtiment fédéral d'après une personne vivante. Le juge a justifié sa décision en soulignant que le conseil d'administration avait failli à son « devoir de prudence » en n'évaluant pas suffisamment les conséquences négatives de cette association.
Pourtant, malgré l'ordre judiciaire, la façade du Kennedy Center porte toujours l'inscription « Trump Kennedy Center », apposée en décembre 2025 après que l'administration Trump eut placé ses proches à la tête du conseil d'administration. Le site internet du centre a, lui, été mis à jour dans la journée du 8 juin, supprimant toute mention du président sortant.
Trump riposte en proposant de transférer le contrôle au Congrès
Face à ce revers judiciaire, Donald Trump a réagi en annonçant qu'il comptait « travailler avec le Congrès pour lui transférer » la gestion du Kennedy Center. Cette proposition, formulée dans un communiqué, marque un changement de stratégie après des mois d'efforts pour intégrer son nom à cette institution historique. « Je ne veux pas d'un conflit inutile », a-t-il déclaré, ajoutant que cette solution permettrait d'éviter une bataille prolongée sur le contrôle de l'établissement.
Le président républicain, qui avait rebaptisé l'édifice en son honneur et celui de John F. Kennedy, un prédécesseur démocrate assassiné en 1963, voit donc son projet de léguer son nom à la postérité compromis. Cette initiative avait suscité une vive opposition, notamment de la part de la famille Kennedy, qui avait dénoncé une manœuvre politique inappropriée pour une institution culturelle financée par l'État fédéral.
La famille Kennedy et les démocrates dénoncent l'illégalité du renommage
Dès décembre 2025, la famille de John F. Kennedy avait exprimé son opposition au renommage du centre, estimant que cette décision violait la loi américaine interdisant l'attribution d'un nom de bâtiment fédéral à une personnalité vivante. Les démocrates au Congrès avaient également critiqué cette mesure, la qualifiant de « détournement d'une institution culturelle à des fins partisanes ».
Le Kennedy Center, inauguré en 1971, est l'un des lieux culturels les plus prestigieux des États-Unis, abritant des spectacles, des concerts et des résidences d'artistes. Sa gestion est assurée par un conseil d'administration nommé en partie par le président en exercice. Depuis l'arrivée de Trump à la Maison-Blanche, plusieurs nominations controversées avaient été opérées, suscitant des interrogations sur l'indépendance de l'institution.
Les travaux de rénovation peuvent se poursuivre
Alors que la fermeture du Kennedy Center pour deux ans avait été décidée par le conseil d'administration, le juge a suspendu cette mesure, jugeant que la décision avait été prise sans une évaluation suffisante des inconvénients. Le magistrat a néanmoins autorisé la poursuite des travaux de réparation, qualifiés de « criants » par ses soins, et a laissé la porte ouverte à une nouvelle fermeture si une évaluation plus approfondie était menée.
Ces travaux, estimés à plusieurs centaines de millions de dollars, visent à moderniser l'infrastructure vieillissante du centre. Leur interruption aurait eu des conséquences majeures sur la programmation culturelle de Washington, une ville déjà marquée par la pandémie et les restrictions budgétaires fédérales.
Ce bras de fer illustre les tensions persistantes autour de l'héritage politique de Donald Trump, même après son départ de la Maison-Blanche. Le Kennedy Center, symbole de la culture américaine, se retrouve ainsi au cœur d'une bataille symbolique et juridique aux enjeux bien plus larges que la simple gestion d'un bâtiment.
Un juge fédéral a estimé que le conseil d'administration du Kennedy Center avait manqué à son « devoir de prudence » en associant le nom de Donald Trump à l'institution, en violation d'une loi de 2023 interdisant de nommer un bâtiment fédéral d'après une personnalité vivante. La décision vise à rétablir la conformité légale et à respecter la volonté du Congrès.
Le conseil d'administration dispose de deux semaines pour se conformer à l'ordonnance du juge. Une décision devra être prise concernant la façade du bâtiment, tandis que les travaux de réparation pourront se poursuivre. Une évaluation plus approfondie pourrait mener à une nouvelle décision sur la fermeture du centre.